Wolf Alice Blue Weekend

Wolf Alice – Blue Weekend

Wolf Alice nous offre ce vendredi leur troisième album, Blue Weekend. Zoom sur le digne successeur de l’acclamé Visions of Life, qui fait passer un nouveau palier au trio britannique.

On le sentait venir depuis ce premier single, The Last Man on Earth, si différent des habitudes de Wolf Alice mais déjà marqué par l’élégance et la grâce : ce troisième album allait nous surprendre. Pas si facile après l’acclamé My Love is Cool et le gagnant du Mercury Prize 2018, Visions of Life.

La première version de Blue Weekend était presque finie lorsque le pays entrait en confinement. Bloqué en studio et face au futur bien incertain, le groupe s’est attaché à re-développer chaque chanson, reprendre chaque texture, pour finalement nous offrir un enregistrement véritablement terminé, pensé dans les moindre détails. Tout y est délibéré, équilibré, exécuté avec une confiance absolue, parfois absente de leurs précédents albums. Une impression résumée par cette punchline tirée du percutantavec un riff que Royal Blood n’aurait pas renié- Smile : ” “I am what I am, and I’m good at it, And you don’t like me well that isn’t fucking relevant”.


Wolf Alice n’a jamais été du genre à rester dans les cases imposées par la presse et leurs précédents albums avaient déjà cette diversité ancrée dans leur ADN. Blue Weekend porte cette caractéristique à son paroxysme, passant et repassant du rock indé, à la synth-pop, via le punk transpirant de Play The Greatest Hits sans heurt. Malgré tous ces allers-retours entre la fuzz des guitares aux synthés planants, la cohérence et la fluidité de l’album sont indéniables.

Une ambition assumée

Avec Markus Darvs (Coldplay, Florence and the Machine…) à la production, Wolf Alice vise plus haut et plus large, offrant un son plus poli et plus accessible que sur les deux premiers albums. Trop souvent, les groupes perdent de leur substance dans la transition, l’intensité et la profondeur de l’univers musical sacrifiées au profit d’une standardisation peu payante. Ici, ce n’est pas le cas. Conséquences de cette nouvelle confiance et détermination du groupe, les thèmes abordés dans les chansons sont plus personnels, les émotions incarnées et portées à leur maximum, créant un écrin solide pour les envolées pop de Feeling Myself ou l’éther entourant The Beach. Cerise sur le gâteau, les fans de la première heure ne seront pas perdus pour autant. Ce troisième album comporte toujours des pépites versant dans le grunge ou shoegaze, comme Lipstick On The Glass.


Dans une industrie musicale toujours au pas de course, les 4 ans de pauses entre Visions of Life et Blue Weekend semblent une éternité. Le choix a été payant et décisif, puisque Wolf Alice revient avec des intentions fortes, clairement exprimées au travers d’un album proche de la perfection (et c’est une sceptique de leur prestation scénique française jusque-là qui le reconnait). Preuve en est que le rock indé peut être élégant et beau, sans être vain.

Tracklist

The Beach
Delicious Thing
Lipstick on the Glass
Smile
Safe From Heartbreak (if you never fall in love)
How Can I Make it OK
Play the Greatest Hits
Feeling Myself
The Last Man On Earth
No Hard Feelings
The Beach II

La note de la rédactrice : 9/10
Ses morceaux favoris : The Last Man on Earth, Smile, Delicious Thing, The Beach II

Les autres notes :
Fabien : 8,5/10. Le potentiel vocal de Rowsell ne peut que s’accroître lorsqu’il est si bien habillé.
Augustin : 6/10. Meilleur album du groupe sans aucun doute. Malheureusement la voix est lassante…

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