Sam Fender – Seventeen Going Under

Sam Fender livre un second album aux sonorités moins punk mais offre des paroles et des sons plus réfléchis et travaillés.

La vie, l’amour, la mort

Avec Hypersonic Missiles, son premier album, Sam Fender offrait un son brut, plein de colère adolescente et de guitares énervées. Mais malgré son titre, Seventeen Going Under est ce qu’on pourrait communément appeler “l’album de la maturité”. Ayant pris le temps de se poser entre deux tournées, Sam Fender a pris le temps de travailler, notamment sur lui-même, de faire le point sur sa vie. Et il nous dit ce qu’il en est.

Certaines chansons décrivent toujours les défauts du monde, du gouvernement et du capitalisme, l’acharnement des plus riches sur les classes prolétaires, comme dans Aye. Il mentionne aussi l’ennui des éternelles cités et villes de béton dans Long Way Off ou encore la toxicité du monde qui nous entoure dans Paradigms, toxicité qui mène au suicide ou aux maladies mentales pendant que les plus riches s’enrichissent …

Dans Mantra, il parle également de cette toxicité à laquelle lui-même n’échappe pas, celle des réseaux sociaux, qui lui a parfois donné l’envie d’en finir : “Please stop trying to impress people who don’t care about you / I repeat as a mantra” (“Je me répète comme mantra : arrête de vouloir impressionner des gens qui s’en foutent de toi”) . Et c’est en effet un mantra que l’on devrait tous appliquer, pour le bien de notre santé mentale.

Bien sûr, on retrouve toujours cette colère adolescente, qui nous avait fascinée dès le premier album. On revit son adolescence dans Seventeen Going Under, et les marques que celle-ci a laissées. Dans Getting Started, il mentionne son besoin d’aider sa mère, qui a du mal à s’en sortir.

Colère et regrets

Mais l’une des meilleures chansons de l’album reste Spit Of You, dans laquelle il s’adresse à son père, et évoque leurs problèmes de communication. Il parle du fait qu’ils sont les mêmes personnes mais sont incapables de se parler, et il évoque notamment la mort de sa grand-mère, et le bouleversement que cela a provoqué chez lui de voir son père aussi vulnérable. “You kissed her forehead / And it ran like a tap” (…) “Every bit of me / Hurting for you / ‘Cos one day that’ll be your forehead I’m kissing / And I’ll still look exactly like you”

Même si l’album est moins rythmé qu’Hypersonic Missiles, il n’en est pas moins qualitatif. Sam Fender est toujours accompagné de son incroyable saxophone, presque sa signature maintenant. Mais il a fait appel à de nouveaux instruments, notamment le violon, comme dans The Leveller, dans laquelle il mentionne à nouveau la mort de sa grand-mère. “Buried my grandma along with her world”

Il a également appris à jouer du piano pour les besoins de l’album et pour le clôturer sur la magnifique The Dying Light, qui commence lentement avant de s’envoler au deuxième couplet, dans un véritable hymne à l’espoir et à la vie.

Dans cet album, il parle de la vie et de la mort, de l’amour et des ruptures, des relations familiales, de la colère et des regrets, du passage de jeune homme à l’âge adulte avec une maturité et une voix qui n’ont de cesse de nous impressionner.

TRACKLIST 

Seventeen Going Under
Getting Started
Aye
Get You Down
Long Way Off
Spit Of You
Last To Make It Home
The Leveller
Mantra
Paradigms
The Dying Light

La note de la rédactrice : 9/10 

Ses morceaux préférés : Get You Down, Spit Of You, The Leveller, The Dying Light

Les autres notes :
Fabien : 8,5/10. A la recherche d’un mot plus fort que “confirmation”.

Augustin : 6,5/10. Un album correct qui confirme le potentiel mais moins accrocheur que le premier.

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