Miles Kane – Change The Show

Après un album studio et un album live avec le collectif The Jaded Hearts Club, Miles Kane est de retour avec un nouvel album solo : Change The Show.

Depuis ses débuts, Miles Kane se démarque avant tout grâce à ses talents de guitariste et plus précisément par son jeu et ses sonorités reconnaissables. Son style indie rock a donc fait son succès sur ses deux premiers albums, mais aussi lors de ses diverses collaborations (Jamie T, Alex Turner, Lana Del Rey…). Ces différentes relations et influences l’on conduit à essayer de nouveaux genres pour son troisième album ; Cry On My Guitar faisait écho à T-Rex ; Coup de Grace introduisait de l’électro ou encore Shavambacu avec ses paroles en français. Malheureusement, la fusion de toutes ces influences a donné un album peu cohérent et une sensation « fourre-tout ». Suite à ce 3ème album très différent, il était dur d’imaginer quelle direction Miles Kane allait prendre… Sa collaboration en 2020 au sein des Jaded Hearts Club lui a sans doute donné des idées. La raison est simple, la bande de copains enregistre exclusivement des reprises de tubes des années 60. Cette tendance est très clairement sa plus grande influence pour ce 4e opus.

Miles Kane décrit lui-même cet album comme celui de la maturité. Agé de 35 ans et après avoir vécu des deux côtés de l’Atlantique, il se livre avec humour et dérision. Sa réflexion sur la vie et le vieillissement est d’ailleurs la principale thématique abordée. Ce choix n’était pas prémédité et c’est en le faisant écouter à son entourage qu’il s’en est rendu compte.

L’atmosphère générale autour de Change The Show est une des premières choses que l’on remarque. Tous les détails du projet brossent le portrait de la culture musicale des années 60. L’ambiance globale de l’album se veut classe, distinguée et « feel good ». L’esthétique y est également liée : la pochette, la communication visuelle, les clips et même le style vestimentaire de Miles Kane y font référence. Il suffit d’ailleurs d’écouter le single See Ya When I See Ya pour comprendre que ce choix concerne également les compositions. Tout a été pensé pour nous faire plonger dans cette ambiance des bars de danse des années 60 avec la présence soutenue de cuivres, des choeurs, des pianos rock et des tempos moyens (115 à 125 bpm).

Bien évidemment, Miles ne renie pas non plus ses influences modernes avec notamment le premier titre Tears Are Falling qui est un lointain cousin de Four Out Of Five (Arctic Monkeys). En effet, on y retrouve un phrasé sur le refrain mais aussi une guitare similaire en arrière plan. Le titre est donc très efficace et en fait une excellente intro à l’univers de Change The Show. Au rang des satisfactions, on peut également citer Don’t Let It Get You Down, indéniablement le titre le plus rythmé.

Tout semble donc réuni pour faire un excellent album ? Et bien non… Plusieurs points faibles viennent entraver notre plaisir. Les sections de batterie sont toutes identiques et la guitare envoutante de Miles Kane est bien trop en retrait. Le traitement de la voix est parfois anachronique et apporte de la confusion sur certains morceaux, notamment Coming of Age. Pour finir, les arrangements et le tempo choisis sont certes représentatifs des années 60 mais trop redondants, au point de nous faire oublier l’originalité initiale du projet. Change The Show reste pour autant agréable à écouter, mais loin d’être mémorable. Il peut même sembler long et s’éterniser, alors qu’en réalité il n’est composé que de 11 pistes. A vouloir un ensemble trop homogène, Miles Kane délivre un album qui manque cruellement de relief et de saveurs. Nous laissant un goût d’inachevé tellement le projet était alléchant.

Tracklist

Tears Are Falling

Don’t Let It Get You Down

Nothing’s Ever Gonna Be Good Enough (feat. Corinne Bailey Rae)

See Ya When I See Ya

Never Get Tired of Dancing

Tell Me What You’re Feeling

Coming of Age

Change the Show

Constantly

Caroline

Adios Ta-Ra Ta-Ra

LA NOTE DU REDACTEUR : 6.5/10

Ses morceaux favoris : Tears Are Falling, Don’t Let It Get You Down, Never Get Tired of Dancing

Les autres notes :

Lucyle : 6/10. Un album agréable mais pas mémorable pour autant.
Fabien : 6,5/10. Une prise de risque assez intéressante.

Adélaïde : 8/10. Un Miles Kane en grande forme qui offre un hommage inconscient des plus classieux à Ronnie Spector.

No Comments

Post A Comment