alt-j - The Dream

alt-j – The Dream

Ça y est, le grand jour est enfin arrivé, alt-j dévoile aujourd’hui son quatrième album The Dream. Cinq ans après Relaxer et dix ans après leur premier opus An Awesome Wave, le trio revient avec un album toujours différent de ceux qui précèdent.

Capturer la réalité du quotidien

The Dream est un challenge pour le groupe puisque c’est le premier album depuis Relaxer, une œuvre à laquelle on a attribué un 8,5/10 mais qui a beaucoup divisé le public. Lors de notre interview avec le trio, Thom Green, le batteur a dit « Si on a un genre, c’est l’authenticité ». On retrouve bien ça dans ce nouveau projet. En écoutant The Dream, on a l’impression qu’alt-j a essayé cette fois-ci de capturer le quotidien dans son essence la plus pure et de révéler la beauté qui s’y cache. On a l’impression de rentrer dans l’intimité du groupe, notamment via différents enregistrements où l’on entend les voix des membres et de leurs compagnes dans Get Better et Powders. Mais aussi par la réalité des sujets qu’on peut facilement partager avec le groupe. Ainsi l’album commence par Bane une chanson sur le Coca-Cola avec des extraits de publicité. Plus tard vient Hard Drive Gold sur la crypto-monnaie, Get Better sur le fait de perdre quelqu’un etc.

Une recherche de nouveauté sans se perdre

Pourtant, ce n’est pas parce que les sujets semblent simples que le groupe se repose sur ses lauriers. C’est l’une des choses agréables avec alt-j, qu’on accroche ou pas à ce qu’il propose, le groupe va toujours chercher à sortir de sa zone de confort. Dans cet album, on sent encore plus le travail fait sur la production par Charlie Andrew, « le quatrième membre du groupe ». Dès la première chanson, on sent la technicité du producteur. Entre le chœur qui donne une impression de puissance, la voix de Joe Newman qui semble tout droit sortir d’un rêve, toutes les incrustations de sons, et bien sûr les instruments, on se rend compte qu’il faut une sacrée oreille et de grandes compétences. Ainsi, le groupe réussit tout au long de l’album à nous immerger dans un nouveau monde en quelques mesures. On est sous un soleil agréable d’été avec U&Me par exemple, et le morceau d’après, on a envie de danser comme dans un dancehall, ce qui est assez surprenant venant d’alt-j mais qu’on apprécie fortement. Tout reste maîtrisé et pas surproduit. Par exemple, Happier When You’re Gone et Get Better, qui relatent, pour l’une, d’une passe difficile d’une relation et de la disparition d’un être cher pour l’autre, sont très simples avec principalement la voie de Newman, une guitare et un clavier (et des percussions pour la première) ; pourtant ce sont deux des chansons les plus puissantes de l’album. On retrouve aussi des morceaux confortables dans des registres qu’on a l’habitude d’entendre de la part d’alt-j. C’est le cas notamment d’In My Shoes, une balade qui aurait pu se retrouver dans les deux derniers opus. C’est aussi agréable de retrouver des thèmes communs à tous les albums, l’amour en est un, le cinéma un autre. Dans The Actor, le dernier single sorti en amont du LP, le groupe raconte les problèmes liés à l’addiction via l’histoire de l’acteur John Belushi. Dans Powders, Thom Green et sa compagne jouent le rôle d’une vendeuse et d’un client qui tombent amoureux avec un scénario touchant.

Joe Newman change de registre au sein de l’albums, passant d’une voix très camouflée au début, à un leader d’un chœur a capela sur Delta, à des aigus inédits dans Chicago, une chanson très pesante après la fragilité de Get Better. D’une autre manière, beaucoup plus baroque, Philadelphia, celle qui suit, l’est aussi avant de s’éclaircir sur la fin. Même s’il y a beaucoup de changements de rythme, c’est l’une des chansons où l’on entend le plus la batterie de Thom Green qui était assez discret jusqu’alors.

Un rêve éveillé

Le contenu de The Dream fait honneur à son titre. En écoutant l’album on est baladé de monde en monde, comme dans un rêve. Il nous prend et nous immerge dans dans un univers vaporeux, très beau, très triste, très effrayant, en fonction. Il se termine sur Powders, une chanson pour nous sortir de cet état léthargique où nos sens ont été titillés et où l’imagination se mêlait à la réalité. Elle nous prépare à quitter ce monde dans lequel on se sentait de mieux en mieux avec la beauté de Losing My Mind et la douceur de Powders. On entend à la fin une porte qui se ferme. Notre voyage au sein de cette nouvelle œuvre se termine et on est heureux que le groupe nous l’ait partagée.

Voilà une nouvelle œuvre plus fragile et honnête qui s’ajoute à la discographie du groupe et qui risque de recevoir un accueil plus unanime que le précédent opus.

A l’occasion de cette sortie, nous avons eu l’occasion de discuter avec alt-j. L’interview est à retrouver ici.

Tracklist :

Bane
U&Me
Hard Drive Gold
Happier When You’re Gone
The Actor
Get Better
Chicago
Philadelphia
Walk A Mile
Delta
Losing My Mind
Powders

La note de la rédactrice : 9/10

Ses morceaux favoris : Happier When You’re Gone, Get Better, Philadelphia, Delta, Losing My Mind, Powders

Les autres notes :
Fabien : 8/10. Une évolution très travaillée aux variations excitantes.
Brian : 8/10. Un vrai moment de plaisir, qui s’écoule malheureusement trop vite.
Augustin : 7,5/10. Album intéressant mais dur à appréhender, notamment à cause d’un manque cruel de dynamisme et de percussions.
Claire : 8/10. Quelques passages un peu longs, largement compensés par les pépites et belles variations présentes sur cet album.

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