10 Mai Reviews : Albums manqués et Trésors cachés de 2026 – Partie 4
Comme tout auditeur assidu de musique, nous sommes constamment à la recherche de la perle rare. L’équipe de Sound Of Brit se fait régulièrement surprendre par des découvertes d’albums en décalé de l’actualité musicale. Nous avons donc décidé de résoudre ce problème en vous proposant de courtes chroniques sur des albums UK sortis en 2026 (et non couverts par notre rédaction à leur sortie). En espérant que nos albums manqués d’hier deviennent vos pépites de demain.
C’est parti pour 3 nouveaux albums : le retour de Pale White moins d’un an après leur dernier album, un album electro pour Arlo Parks et un nouvel album live pour BMTH.
The Pale White – Inanimate Objects of the 21st Century – Sorti le 27 mars (Augustin)
À peine onze mois après la sortie de The Big Sad, The Pale White est déjà de retour. Mais que les fans se préparent : contrairement à ce que ce court délai pourrait laisser supposer, ce nouvel opus marque une rupture avec leur œuvre précédente.
Oubliées les explorations de textures sonores, les nappes orchestrales et les variations rythmiques subtiles qui faisaient la richesse de leur dernier projet. Ici, le groupe se concentre sur une énergie pure, presque débordante. L’enchaînement des morceaux est effréné, ne laissant aucun répit à l’auditeur. Les trois premiers titres annoncent la couleur, portés notamment par l’instrumental Göbekli Tepe qui pose un décor brut et dépouillé de tout artifice. L’absence de réel « tube » immédiat et la rudesse des sonorités rendent l’accès au disque plus complexe. On comprend toutefois rapidement l’intention qui anime le trio : livrer du rock viscéral, porté par des guitares massives taillées pour la scène. L’album ne se s’écoute pas, il se subit de façon organique, comme une répétition de studio capturée sur le vif.
Heureusement, pour ceux qui craindraient de se perdre dans cette tempête abrasive, la « Face B » réserve d’excellentes surprises avec plus d’équilibre et de nuances. Des silences, de la variation rythmique et des riffs accrocheurs apparaissent comme sur This Fascination ou Disappoint Me. Ces morceaux finissent par nous convaincre de revenir écouter et apprivoiser ce projet au premier contact déroutant par sa brutalité.
La note du rédacteur : 6/10
Ses morceaux favoris : Disappoint Me, Float In & Medusa
Arlo Parks – Ambigous Desire – Sorti le 3 avril (Augustin)
Avec ce troisième opus, Arlo Parks se confronte encore et toujours au même défi : comment s’extraire de l’ombre de son premier album ? Après avoir exploré des sonorités plus rock et des mélodies entêtantes sur My Soft Machine, l’artiste britannique tente aujourd’hui une immersion dans un nouvel univers : l’électro.
L’album démarre avec Blue Disco et Jetta, une transe délicate s’installe, et l’on entrevoit même des versions live plus intenses. Les titres défilent, jamais désagréables, mais on comprend rapidement la structure des morceaux : de courtes boucles répétitives, peu de variations rythmiques et des textures sonores redondantes. Ajoutés à cela, la volonté de ne jamais étouffer la douce voix d’Arlo Parks… Forcément, il y a un manque de relief dans les compositions appuyé par une production trop lisse. À tel point qu’on passe totalement à côté de certains titres (Luck Of Life ou What If I Say It?) et qu’on se demande si certains n’auraient pas mérités des versions plus courtes Get Go ou Heaven ?
Même si l’on salue la volonté de se renouveler, l’album manque cruellement d’épaisseur et de variété. À l’annonce d’un virage électro, on aurait pu espérer une montée en intensité, voire une incursion vers une ambiance « club » plus assumée. Pourtant, l’ensemble reste trop sage, et l’on se retrouve face à un disque qui s’écoute davantage comme un fond sonore vaporeux en fin de soirée. On aurait aimé être un peu plus dans ladite soirée !
La note du rédacteur : 4,5/10
Ses morceaux favoris : Jetta, 2SIDED & Floette
Bring Me The Horizon – L.I.V.E. In São Paulo (Live Immersive Virtual Experiment)– Sorti le 10 avril (Augustin)
Six ans après l’inoubliable Live at the Royal Albert Hall (2020), Bring Me The Horizon réédite l’exercice de l’album live. Mais que les fans de nappes symphoniques se ravisent : si le précédent disque explorait la nuance et l’amplitude d’un orchestre, ce nouvel opus capture une réalité bien plus brute. Nous voici projetés à São Paulo, pour ce qui restera comme le plus grand concert de l’histoire du groupe à ce jour.
Initialement conçu pour être vécu au cinéma via une expérience immersive, le show se décline aujourd’hui en audio, et le résultat est saisissant. On y retrouve un groupe au sommet de son art, porté par une setlist résolument rock/métal mettant en avant toute l’agressivité dont ils sont capables. Les versions de amEN!, Kool-Aid ou encore Kingslayer sont ici d’une intensité rare, portées par des screams biens plus fréquents que sur les versions studios et une énergie presque sauvage.
Si l’audio réserve peu de réelles surprises dans ses arrangements, il brille par la qualité exceptionnelle de son mixage. Le travail sur les sons de la foule, rendent justice à la ferveur du public brésilien. L’exemple le plus frappant reste n/A : ce titre, qui en studio semblait déjà être un appel au chant collaboratif, prend ici toute son ampleur grâce à des chœurs massifs et habités.
Il faut toutefois noter que l’absence d’image se fait parfois sentir. Les interludes, pensés pour la narration visuelle du film, perdent inévitablement de leur superbe et s’avèrent moins percutants à l’oreille seule.
Au final, ce disque est le reflet fidèle de la tournée actuelle du groupe : une machine de guerre lancée à pleine vitesse dont la brutalité ne semble pas avoir d’égal. Mais… ça manque peut-être parfois de ces moments de respiration et de nuance que le Royal Albert Hall ou la tournée de amo avait su offrir. À voir ce que nous réserve le groupe à l’avenir…
La note du rédacteur : 6/10
Ses morceaux favoris : Interlude(You People Are All Doomed), n/A & Parasite Eve
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