26 Mai Festival des Nuits Sonores 2026 : l’exception lyonnaise qui ne confirme pas la règle
Retour sur cette 23ème édition.
En 2026, la situation des festivals n’est pas évidente en France. D’un côté, les gros festivals généralistes ont de plus en plus de mal à accueillir les très gros artistes, les gros tout court même, et se résignent à augmenter le taux d’artistes francophones sur ses affiches. De l’autre, on retrouve les plus petits festivals, qui font des pieds et des mains pour survivre, non sans peine.
Et puis il y a ceux qui ont fait le pari de se concentrer sur un style, un genre, un monde. On pense par exemple au Festival Interceltique de Lorient, qui est une véritable institution depuis 1971, mais aussi aux festivals de jazz : Jazz à Vienne, Marseille Jazz des 5 Continents, Jazz in Marciac… Côté metal, on peut aussi noter le Motocultor, en excluant bien évidemment le très contesté Hellfest.
Quid des musiques électroniques ? En France, parmi les festivals d’été, Les Nuits Sonores montent assurément sur la première marche, ne serait-ce qu’en terme de fréquentation : les 100 000 festivaliers au cumulé sont au rendez-vous. Mais les raisons de cette domination ne reposent pas seulement sur ce chiffre, mais plutôt dans tout ce qu’est le festival et ce qui gravite tout autour.
Il faut dire que c’est un véritable événement sur les terres lyonnaises, un passage obligatoire pour les amoureux de musiques électroniques. Tout est réuni : les lieux, les personnes, les associations, les événements parallèles, la sensibilisation, la sécurité, les engagements, les transports, l’organisation… Une véritable leçon, et il est bien rare de lire ces mots dans nos articles, croyez-nous.
Mais revenons à nos britanniques. Cette année encore, nos représentants étaient forcément de la partie : Skream & Benga, Craig Richards (b2b Ivan Smagghe), The Sabres of Paradise, Ben UFO, Four Tet, HAAi b2b Leftfield, 808 State, Ben Sims, Emma-Jean Thackray, Tash LC… Et malheureusement Fat Dog qui n’a pas pu honoré son engagement au dernier moment, en ouverture le mercredi.
Difficile alors de suivre tous nos chouchous : le festival est étalé sur 5 jours, se composant de mythiques Days et Nights : il faut savoir faire des choix. Chez Sound of Brit, notre dévolu s’est porté sur deux artistes et pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de Four Tet et de 808 State. Deux choix d’expérience, l’un londonien, l’autre mancunien, pour deux temps forts du week-end.
Commençons avec Four Tet, habitué du festival puisqu’il y a notamment joué en 2012, 2014 et 2018. La foule se presse sur la scène extérieure, entre nostalgiques et nouveaux fans. En format DJ set ce soir, Kieran Hebden va donner une véritable leçon de folktronica, style qui lui colle à la peau depuis si longtemps. Le moment est suspendu, la communion intense. Magique.
Quant à 808 State, c’est une toute autre paire de manches. 1988. Madchester. Underground. The Hacienda. Pacific. Une page de l’histoire est devant nous, privilégiés que nous sommes. On remonte dans le temps en cette fin d’après-midi, depuis les Grandes Locos. Format live oblige, fait de batterie, claviers et cie. L’affluence semble bien faible. Le caviar, les cochons…
Finalement, comment résumer les Nuits Sonores ? Un festival exemplaire pour ne pas dire irréprochable, proposant chaque année une programmation à l’image de ce qu’il est : une exception, une bulle d’air dans nos vies. Comme un monde parallèle où tout est parfait et qu’on aimerait ne pas quitter à tout jamais. Il y a des lundis plus difficile que d’autre, celui d’après cette édition 2026 était de ceux-là ; on a déjà si hâte de la prochaine.
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