Muse The Wow! Signal

Muse – The Wow! Signal

Depuis une quinzaine d’années maintenant, Muse divise autant sur les réseaux sociaux qu’il rassemble dans les stades. Alors ce dixième album va-t-il enfin réconcilier les deux publics ?

Lorsque l’on parle du groupe, on parle souvent de ce qui a changé depuis Showbiz en 1999. Mais il y a des choses qui sont restées intactes depuis le début de leur carrière. La cohésion des albums en fait partie. Car, oui, si The Wow! Signal multiplie les expérimentations de différents genres musicaux, il n’en reste pas moins un album cohérent du début à la fin. Cela est dû à une production uniforme, une thématique de l’espace omniprésente sur la plupart des morceaux de l’album et des synthés digne d’un film de science-fiction pour agrémenter tout ça. Le projet est clairement pensé comme un tout. On le voit avec les premiers et derniers titres qui sont tous les deux aussi épiques que prenant mais aussi avec certaines transitions réussies entre les morceaux comme entre Hexagons et The Sickness In You & I.

Ce qui frappe avec The Wow! Signal, c’est le retour de Muse à un album qui expérimente beaucoup. Là où Will of The People manquait clairement de relief, ici, on teste beaucoup de choses. Tellement qu’il faut parfois plusieurs écoutes pour ne plus s’y perdre. Parmi ces expériences réussies, il y a Hush, le titre avec Ellie Goulding. Pourtant, le morceau est un pari risqué : Muse qui fait une chanson pop métal avec une star de la pop anglaise. Mais le tout fonctionne parfaitement. La mélodie reste en tête et la collaboration apporte vraiment une âme à la chanson. C’est peut-être cela qui manquait sur des titres comme Nightshift Superstar ou Be With You. La première est une chanson électro pop qui a été choisie comme jingle des publicités pour la coupe du monde 2026. À l’écoute du refrain de cette chanson, on pense à des artistes comme Lady Gaga. Mais là où la chanteuse réussit à nous faire danser et chanter, ce morceau me laisse indifférente. Quant à Be With You, la chanson se divise en trois parties : une partie symphonique avec de l’orgue, une partie métal et une partie très électronique. Les trois ont un fort potentiel et provoquent des émotions différentes. Le souci c’est qu’elles ne vont pas du tout ensemble, ce qui fait que l’on aurait plus envie d’écouter les extraits séparément plutôt que la chanson entière.

Le gros point fort de l’album c’est l’instrumental. À mes yeux de fan du groupe, les trois membres pourraient figurer parmi les meilleurs musiciens actuels. Et c’est sur The Wow! Signal que l’on retrouve beaucoup de leurs meilleures performances. Le travail de basse de Chris Wolstenholme est tout simplement impressionnant. Même sur les titres que j’apprécie moins, il arrive toujours à apporter quelque chose de frais (Nightshift Superstar, The Sickness In You & I). Son jeu est particulièrement bluffant sur The Dark Forest où l’instrument nous ferait presque entendre des chevaux qui galopent dans cette étrange forêt sombre. Sur Space Debris, c’est Dominic Howard et Matt Bellamy qui sont particulièrement en valeur. Là encore, on pourrait parler de meilleures lignes de chant et de meilleur solo de batterie de Muse depuis très longtemps.

Alors The Wow! Signal est-il le meilleur album de Muse ? Pas vraiment. Mais il est sans aucun doute leur meilleur de ces dix dernières années. La plupart des titres semblent pensés pour le live et on a hâte de les entendre à la Defense Arena de Paris ainsi qu’à la Sud de France Arena de Montpellier.

Tracklist

The Dark Forest
Nightshift Superstar
Shimmering Scars
Cryogen
Be With You
Hexagons
The Sickness In You & I
Unravelling
Hush
Space Debris

Note de la rédactrice : 6,5/10

Ses titres préférés : The Dark Forest, Cryogen, Unravelling

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