Reviews : Albums manqués et Trésors cachés de 2026 – Partie 11

Comme tout auditeur assidu de musique, nous sommes constamment à la recherche de la perle rare. L’équipe de Sound Of Brit se fait régulièrement surprendre par des découvertes d’albums en décalé de l’actualité musicale. Nous avons donc décidé de résoudre ce problème en vous proposant de courtes chroniques sur des albums UK sortis en 2026 (et non couverts par notre rédaction à leur sortie). En espérant que nos albums manqués d’hier deviennent vos pépites de demain.

C’est parti pour 3 nouveaux albums : Un virage très rock pour Corella, l’indéboulonnable Johnny Marr avec son 5e album solo et le retour de Michael Kiwanuka.

Corella – A Beautiful World to Lose – Sorti le 18 septembre (Augustin)

Corella, jeune groupe britannique, nous surprend avec son deuxième album. Après Once Upon A Weekend (2024), on l’avait un peu rangé dans un pop-rock à la Courteeners ou Oasis : solaire et fédérateur, mais bien trop consensuel pour se démarquer dans le paysage britannique.

Avec A Beautiful World to Lose (2026), exit la légèreté et le côté solaire. Place au rock, et plus précisément à celui des années 2000. Le disque sonne comme un hommage à un rock plus lourd, plus sombre et plus direct. Il ne laisse que peu de répit pendant 30 minutes, et les influences sont nombreuses.

Rewire ressemble à un mélange de Kasabian et de Foals. What’s The Use et All I Want évoquent très clairement les Kings of Leon de la fin des années 2000. Wolf fait écho aux tout premiers EP d’Arctic Monkeys, avec des notes de guitare à la Foals. Dernier exemple, Thunder Strike croise Kasabian sur les couplets et Circa Waves sur les refrains. Cette ressemblance s’explique en grande partie par la participation de Kieran Shudall, chanteur de Circa Waves, qui a coécrit le morceau. On aurait également pu citer des influences d’autres groupes majeurs : Two Door Cinema Club, Bloc Party ou encore The Killers.

Reste à reprocher à l’album des tempos et des paroles qui se répètent, parfois au sein d’une même chanson, ainsi qu’un ensemble trop uniforme qui manque de personnalité. Des défauts qu’on pardonne vite : A Beautiful World to Lose (2026) est avant tout un disque de rock direct et efficace, et il est sacrément plaisant à écouter.

La note du rédacteur : 6,5/10

Ses morceaux favoris :
All I Want & Jumpscare

Corella - "Thunder Strike" - Official Music Video

Johnny Marr – The Age Of Everything – Sorti le 02 octobre (Fabien)

Cinquième album en solo pour un des plus grands guitaristes anglais. 4 ans après Fever Dreams (9/10 dans nos colonnes !), le mancunien propose The Age Of Everything, un 10 titres de trois quart d’heures chez BMG. La recette reste similaire à la carrière de Marr : une pointe de The Smiths par ci, une pointe de Electronic par là… et ça fonctionne, forcément.

Pour ce nouveau disque, le désormais âgé de 62 ans conserve une formule plutôt classique : guitares, basse, batterie, pour très peu de claviers pour ne pas dire aucun. Sont donc écartées les expérimentations qui flirtaient avec les musiques électroniques, qui ont perdu quelques fans en cours de route… Le guitar hero renoue avec ses racines rock.

Au menu de cette galette, on retrouve le sujet du « tout, tout le temps » de notre époque, d’un numérique pas toujours vital mais qui gouverne nos vies. Chez nos confrères de Rolling Stone, notre cher Johnny énonce que « ce disque marquait une fin d’époque. Un point final… du moins pour le moment. » Le système, les politiques sont critiqués, la société interrogée.

Finalement, se trouve entre nos mains un album de musique de très bonne qualité, très bien produit, et qui plaira forcément aux fans de notre anglais. Toutefois, on regrette que peu de titres sortent du lot, mis à part l’ouverture de l’album et qui fut aussi le premier single (Spin) ou les titres rappelant les grandes heures des Smiths (Ophelia).

La note du rédacteur : 6,5/10

Ses morceaux favoris :
Spin, Ophelia

Johnny Marr - Spin (Official Video)

Michael Kiwanuka – FUDGE – Sorti le 19 Octobre (Fabien)

Seulement deux ans après Small Changes (2024), Michael Kiwanuka propose FUDGE, et une pochette qui pourrait laisser penser à un album pop coloré. Mais mis à part Just Another Moment et sa touche Gorillaz, notre anglais a poursuivi dans son univers musical qui le caractérise si bien : des titres calmes, envoûtants, touchants.

Du haut de ses 39 ans, Kiwanuka propose son cinquième album en cet automne. Et autant dire que celui-ci a une symbolique forte : il s’agit en effet de sa première sortie depuis l’AVC dont il a été victime plutôt dans l’année. De plus, notons que celui-ci a été réalisé sans son équipe de production habituelle, enregistré dans un petit studio à Southampton.

Côté influences, l’artiste évoque The Beatles, Neil Young, Franck Ocean ou encore Shuggie Otis. Et ça se sent ! C’est finalement toute une atmosphère « soul psychédélique » qui accompagne l’auditeur tout au long de l’écoute, ce qui semble être finalement le but de notre natif londonien. Plusieurs titres avoisinant les 6/7 minutes permettent d’ailleurs de créer cela.

Finalement, Michael Kiwanuka fait du Kiwanuka mais de manière plus poussée, allant au bout de sa recherche artistique. Difficile d’extraire des singles, et là ne semble pas être le but de cette oeuvre : les titres forment un tout, qui assurément prendra un tout autre visage sur scène.

La note du rédacteur : 6,5/10

Ses morceaux favoris :
Summer Clothes, Just Another Moment

Michael Kiwanuka - Summer Clothes (Official Video)

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