We Are Manchester : On y était !

Samedi soir, la mythique arène de Manchester rouvrait ses portes pour la première fois depuis l’attaque terroriste survenue le 22 mai dernier au concert d’Ariana Grande. Lorsque le line-up a été dévoilé, il n’a fallu que quelques minutes aux fans de Britpop pour entrer dans un état d’effervescence peu commun.

La soirée s’annonçait riche en émotions : en tête d’affiche, Noel Gallagher, ex-guitariste d’Oasis et compositeur de nombre de titres incontournables tels que Wonderwall ou Champagne Supernova, mais également The Courteeners, menés par un Liam Fray déchaîné, et Blossoms.

De fait, les 14 000 places disponibles, dont les recettes seront ensuite reversées au Manchester Memorial Fund, se sont vendues en moins de dix minutes. Rien d’étonnant quand on sait ce que vaut un concert de l’un de ces artistes habituellement.

Ce qui m’aura le plus marqué sera le déploiement de sécurité autour de l’arène et une tension presque palpable, un mélange d’excitation à l’approche de la réouverture des portes, mais aussi une crainte toujours présente. Les spectateurs ne seront même pas autorisés à rentrer avec un sac à dos (spectateurs qui passeront d’ailleurs autant de temps à acheter des bières qu’à regarder les artistes.)

Le concert commence vers 19h, et il faudra attendre quelques titres pas franchement folichons de Pixie Lott (ancien membre du groupe Girls Aloud) et de l’irlandaise Nadine Coyle, suivis de quelques blagues vaseuses de Russel Kane (qui a récemment quitté son Essex natal pour s’installer à Manchester), pour que la soirée commence enfin à capter notre attention.

On notera également la presence de Tony Walsh et d’Andy Burnham, qui aura pris quelques minutes pour citer les noms des disparus. Ce soir, malgré les circonstances, l’ambiance est à la fête, à la vie et au bruit.

Pas de minute de silence pour les victimes, mais au contraire un brouhaha permanent, abrutissant, pour montrer que nous sommes toujours là, et qu’ils ne gagneront pas. Rick Astley prend ensuite possession de la scène pour interpreter une reprise du titre Everlong des Foo Fighters. Dans un tout autre registre, le rappeur Bugzy Malone enchaîne les rimes, encadré d’effets pyrotechniques qui réveillent un peu la fosse.

Enfin, Blossoms débarque sur scène, sous les acclamations, avant d’entamer At Most a Kiss. La surprise de la soirée sera l’arrivée de Ian Skelly, du groupe The Coral, pour une reprise entraînante de Dreaming of You. Les mancuniens n’auront joué que quelques titres (dont Charlemagne), avant de laisser place à Liam Fray et sa bande de joyeux rockeurs. Au programme, que des tubes évidemment, dont les paroles sont reprises en choeur par des fans de plus en plus éméchés.

(Dans l’ordre : Are you in love with a notion, Cavorting, The Opener, The 17th, Lose Control, Modern Love, Not Nineteen Forever et What Took You So Long.) On attendra en vain que le Chief rejoigne le groupe sur scène. Pas d’inquietude cependant, le public n’a pas le temps de s’ennuyer, car les titres des groupes phares de Manchester se succèdent, on danse tour à tour sur The Smith, The Stone Roses et Joy Division, dans la bonne humeur générale.

Addition de dernière minute au programme, Peter Kay vient ensuite nous raconter ses débuts en tant que stewart dans cette même arène, avant d’introduire Noel Gallagher sur scène, soit, selon ses dires, “Mr Manchester himself, all the way from London.”

La setlist de leur concert mêlera les titres des High Flying Birds à d’autres morceaux d’Oasis incontournables et indémodables, tels que Champagne Supernova et Wonderwall.

Dernière surprise de la soirée, Noel nous offre Little By Little sur un plateau, une chanson que l’on entend trop peu souvent à mon goût en concert. Cette soirée magique se termine sur ces quelques mots de Gallagher : “If anyone here ever doubted that Manchester is the greatest city in England… there was a minute’s silence and one girl broke the silence and started to sing and it’s amazing how everyone rallied around that song that I’m about to sing. It’s become some kind of anthem of defiance. And every time you sing, we win, so keep on singing.”

La nuit se termine avec Don’t Look Back In Anger, sur laquelle le chanteur versera une petite larme discrète. Le morceau est devenu un anthem repris par tous les habitants de Manchester depuis l’attaque et a d’ailleurs été repris par Coldplay et Ariana Grande elle-même lors du concert “One Love Manchester” organisé en juin dernier en hommage aux victimes.

Vu le prix des billets, on ne se plaindra pas d’avoir eu “seulement” 8 titres du Chief. Plus qu’à espérer maintenant qu’il nous revienne vite dans la capitale car ce live m’aura laissé sur ma faim.

gallagher

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