Interview : INHEAVEN

INHEAVEN étaient de retour à Paris pour commencer leur première tournée européenne en tant que tête d’affiche. Nous avons à cette occasion pu rencontrer ce groupe très sympathique, composé de James Taylor au chant et à la guitare, Chloe Little au chant et à la basse, Jake Lucas à la guitare et Joe Lazarus à la batterie. 

 

C’est sympa de vous revoir à Paris ! Je voulais savoir, ça fait quoi d’avoir votre propre tournée européenne ?

James : C’est super, on adore l’Europe, et on adore Paris. D’habitude on doit payer pour venir, donc de venir gratuitement, et pour jouer un concert, c’est génial.

 

Aviez-vous appris des choses de Jamie T ou Circa Waves quand vous avez tourné avec eux ?

Joe : Oui, complètement ! On est amis avec Circa Waves donc c’était fun, parce que tout le monde se connaît, et Jamie T c’était incroyable, son groupe est génial.

Chloe : J’adorais le regarder jouer tous les soirs, il est tellement bon !

Joe : Complètement, il est très professionnel.

James : Avec Circa Waves on a partagé un tour bus, et c’était la première fois qu’on était dans un tour bus ensemble donc c’était vraiment cool, on rigolait tout le temps.

Chloe : J’en ai même pleuré.

 

Et en parlant de concerts, que voulez-vous que votre public ressente quand il vous voit jouer ?

James : On veut que les gens se sentent libres. Libres de tout souci, et qu’ils se perdent eux-mêmes.

Chloe : Qu’ils se perdent eux-mêmes, j’aime bien.

La plupart des chansons de votre album sont sorties avant en single, certaines ont d’ailleurs été ré-enregistrées pour l’occasion. Pourquoi ?

James : Parce qu’on est un tout petit groupe, et donc on voulait que nos fans puissent entendre toutes nos chansons préférées. On voulait en quelque sorte faire un Greatest Hits avec nos 12 chansons préférées. En Angleterre on avait besoin aussi que les gens sachent qui nous sommes, donc on a du sortir pas mal de singles, mais pour le prochain on en sortira moins, il y aura plus de nouvelles chansons.

 

Ce que je trouve intéressant dans votre musique, c’est que certaines de vos chansons sont toutes mignonnes, comme Drift ou Stupid Things, alors que d’autres sont beaucoup plus agressives (Treats, Vultures). Comment faites-vous pour trouver un équilibre entre ces deux extrêmes ?

James : Je crois qu’on est tous un peu bipolaires, heureux-triste-heureux-triste (mime une courbe en parlant). Non, c’est juste que tous nos groupes préférés faisaient ça, on est vraiment fan des Smashing Pumpkins et ils ont toujours eu cet aspect lumière/ombre dans leurs albums. On voulait avoir des chansons que tu écoutes en t’endormant, et d’autres où tu, disons, éclates des trucs.

Chloe : Je pense que les gens peuvent se reconnaître là-dedans. Il y a des jours où tu es « Je vais bien, je suis de super bonne humeur ! » et d’autres où tu es « Oh je veux juste me cacher ».

James : Oui complètement. On voulait une chanson pour chaque humeur.

 

Vous en avez une préférée de l’album ?

Chloe : Do You Dream.

Joe : Velvet.

James : Velvet.

Jake : Pareil.

Avant que votre album ne sorte, vous avez partagé vos cinq films préférés et je voulais savoir, dans quel sens ont-ils inspiré votre musique ?

James : Eh bien, Chloe a fait une école de cinéma donc elle s’y connaît beaucoup en films.

Chloe : Je n’appellerais pas ça une école de cinéma…

James : Et du coup elle a commencé à faire des vidéos et je faisais la musique. Donc on a traité les chansons comme une BO de film, dans notre monde fantasmé.

Vous voudriez faire vraiment la BO d’un film un jour, est-ce que ce serait l’un de vos rêves ?

James : Oui, notre plus grand rêve c’est que Chloe fasse un film, et ensuite on ferait la BO.

Ce serait super cool ! Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que tous les films que vous avez cités ont au moins 15 ans… Est-ce que c’est parce que vous avez grandi avec ?

James : On aime bien regarder en arrière. On est un peu des vieilles âmes, on n’aime pas trop les nouvelles choses…

Chloe : Oh je ne sais pas, je ne suis pas d’accord, il y a des films super qui sortent encore. Mais je pense qu’on aime les classiques. Je ne sais plus ce qu’on avait choisi, Carrie, Le Lauréat, Summer of Sam… qu’est-ce qu’on avait choisi d’autre ?

Vous aviez dit Blue Velvet, et Rose Bonbon.

Chloe : Ah oui bien sûr Blue Velvet ! Et Rose Bonbon, oui. Et musicalement, il y a beaucoup de John Hughes, de David Lynch dans nos chansons.

Ça se mélange, se fond l’un dans l’autre ?

James : Oui.

 

Une autre chose dont je voulais vous parler, c’est vos visuels. Le fait que toutes vos pochettes aient le même schéma, avec une bouche en gros plan… qui a eu l’idée ?

James : En fait la première chose qu’on ait fait, c’est que j’ai fait l’artwork du single, et je crois que Chloe a fait la vidéo. Et j’ai un peu volé l’idée d’Andy Warhol, le fait de répéter les images. C’est juste une fleur sur une langue, la fleur était censée représenter l’éclosion de la parole, ce genre de choses. C’est un peu 1960s, assez kitsch en fait. Ils sont tous découpés à la main, et collés ensemble, puis scannés. C’est une façon de faire un peu dépassée, mais ça leur donne une sorte de texture quand tu les regardes qu’on aime bien. Et on voulait tout faire nous-mêmes, on ne voulait pas que quelqu’un le fasse à notre place. Donc on a toujours tout fait nous-mêmes, et on espère que ça va rester comme ça.

Et sur la pochette de Treats, ce n’est pas une fleur sur celle-là…

James : Ah oui, le coeur « love ». C’est juste à cause du mot « Treats », (plaisir / friandise, ndlr), et c’est une friandise sur la langue. L’idée est toute simple, il n’y a pas vraiment de message profond pour celle-là !

 

Et pour finir, qu’écoutez-vous maintenant que vous êtes en tournée ?

James : Chloe, tu commences ?

Chloe : J’écoute pas mal de musique, mais l’album que j’écoute en ce moment c’est le nouvel album d’Alvvays.

Joe : J’écoute Aretha Franklin. J’aime bien que ce soit un peu funk, donc c’est ce que j’écoute en ce moment.

James : J’écoute le nouvel album de Wolf Alice, il est très bon.

Jake : J’écoute The Modern Lovers.

 

Pour lire notre review du concert qui a suivi, c’est ici.

Concerts liés à cet article
 
Wolf Alice à Lyon - 8 janvier 2018
 
Alvvays à Paris - 26 février 2018
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