Interview – ADMT : « La connexion entre les gens, c’est ce qui compte le plus »

Une rencontre avec un artiste au très grand potentiel.

Version anglaise à retrouver par ici !

Sound of Brit : Nous sommes aujourd’hui à la LDLC Arena dans le cadre du concert de Louis Tomlinson. C’était ton tout premier concert en France, non ? Comment as-tu vécu le fait de te produire devant un public français ? On a vu que tu avais rencontré des fans juste avant et après le show !

ADMT : On n’a pas quitté la scène depuis très longtemps. On est littéralement descendus de scène et on est allés chercher à manger rapidement, donc je n’ai pas vraiment eu le temps de digérer tout ça. Mais c’était l’un des meilleurs concerts de toute ma vie. Vraiment. C’était incroyable. Je n’ai même pas les mots, comme tu peux le voir. Je n’ai pas encore totalement réalisé, mais c’était incroyable, mec.

Sound of Brit : Tu as aussi été choisi comme première partie d’artistes comme Anne-Marie ou James Arthur dans le passé. Ce n’est pas un acte toujours facile, mais tu sembles très à l’aise sur scène. Comment tu vois cela ?

ADMT : La façon dont je vois les choses, c’est que, maintenant, je fais mes propres concerts et j’ai aussi des contrats comme première partie, et j’ai eu ce rôle pendant de nombreuses années, à différentes échelles. Si tu as 30 minutes, ces 30 minutes t’appartiennent. Tu dois en faire quelque chose — c’est ton opportunité de montrer qui tu es. Mais aussi, si tu aimes ce que tu fais, ce n’est pas du travail. Tu fais juste ton truc et tu profites. Ce soir, c’était comme être à la maison pour moi — c’était magique. Donc pour moi, c’est comprendre que tu as un travail à faire, mais aussi que le plus important, c’est de créer du lien avec les gens. Et j’espère que je l’ai fait. J’espère.

ADMT - Turn The Page (Official Video)

Sound of Brit : Tu as joué de très belles chansons ce soir, honnêtement. C’est un très bon aperçu de ce qui arrive le 15 mai. Pourquoi cette date devrait-elle être notée dans tous les calendriers ?

ADMT : Parce que je sors mon tout premier album ! Mon tout premier album… je ne le dis pas souvent à voix haute. C’est la première fois que je propose un projet aussi complet. Ce n’est pas une seule histoire : ce sont plusieurs chapitres. C’est la première fois que je montre vraiment aux gens une partie de moi, de ma vie, et du pourquoi de tout ça.

Sound of Brit : Parle-nous de la création de cet album. Qu’est-ce qui t’a inspiré, quels thèmes le traversent et où l’as-tu enregistré ?

ADMT : Je viens de Doncaster au Royaume-Uni, une petite ville. Il n’y a pas beaucoup de studios là-bas — peut-être deux dans toute la région — donc je suis allé dans un endroit près du sud de l’Angleterre, proche de la France, appelé Bournemouth. C’est là que j’ai enregistré une grande partie de l’album. Une partie a aussi été faite à Londres. Mon inspiration, c’est toujours la vie ; la vraie vie. Je ne parle pas de Ferrari ou de filles en bikini parce que ce n’est pas ma réalité. Je parle de vraies personnes et de vraies expériences. Et je pense que c’est important, parce que j’espère qu’on peut construire une communauté où les gens se sentent compris : ceux qui galèrent, qui ne vont pas bien, qui traversent des choses réelles. Il y a des chansons sur la santé mentale, l’amour, la perte… toutes les choses que nous vivons en tant qu’êtres humains. J’espère que les gens s’y reconnaîtront de manière positive, pas d’une façon qui les rend tristes.

ADMT - Forget About Us (Official Video)

Sound of Brit : Tu as parlé de Doncaster ; tu y as été élevé par ta mère, c’est bien ça ?

ADMT : C’est ça, oui. Je parle beaucoup de ma mère. Et j’aime aussi mon père : je ne veux pas que les gens pensent le contraire. Il était là, mais peut-être pas toujours de la manière dont j’en avais besoin en grandissant. Quand mes parents se sont séparés, ça a été une période d’apprentissage, une grosse période. J’ai dû grandir assez vite.

Sound of Brit : Est-ce que tes origines à Doncaster ont inspiré tes chansons ? Tu parles souvent de pauvreté, de difficultés liées au logement, d’éducation…

ADMT : À cent pour cent. J’ai eu de la chance que mes parents fassent en sorte que je ne manque de rien, mais je n’étais pas l’enfant qui avait tout. Je me souviens vouloir de belles chaussures sans pouvoir me les offrir. Ce genre de choses m’a construit. J’ai travaillé très jeune, j’ai des amis qui sont professeurs ou qui ont des métiers “normaux”, et je pense que ces métiers sont extrêmement importants. La plupart des gens ne sont pas des célébrités ou des footballeurs : ce sont des gens réels qui travaillent dur pour leur famille. Et ça, c’est essentiel de le reconnaître.

Sound of Brit : Nous accordons beaucoup d’importance aux pochettes d’albums chez Sound of Brit. Peux-tu nous parler de celle de ton prochain album ?

ADMT : Je suis content que vous le fassiez, parce que j’y ai mis énormément de travail. L’artwork montre une image de moi en train de pendre dans le vide. L’album s’appelle From Good to Bad and Then Back Again : c’est l’histoire de ma vie. Parfois tout est incroyable, parfois ça ne l’est pas. Il y a beaucoup de petits détails ; si tu zoomes, tu verras des références au Far West, au jeu vidéo… tout est subtil. C’est comme ça que je m’évadais enfant, grâce à mon imagination. Je n’avais pas beaucoup d’amis, alors je partais dans ma tête, je jouais, j’imaginais des mondes. Je suis fasciné par l’imagination, par ce qu’est la vie, ce que signifie être humain. Tout ça est dans la pochette. L’image où je suis suspendu représente la panique, la confusion, ce sentiment de “qu’est-ce qui est en train de se passer ?”. Ça en fait partie aussi.

Sound of Brit : Comment vois-tu la promotion d’un album aujourd’hui, comparé à avant où les clips avaient un rôle majeur ? Maintenant il y a les réseaux sociaux, tout a changé.

ADMT : Les réseaux sociaux sont à la fois la meilleure et la pire chose de la société. C’est génial si on les utilise correctement, mais chacun les utilise différemment. Pour moi, c’est un outil de promotion et de connexion, mais ce n’est pas toujours facile de rester authentique. C’est aussi un peu un jeu, surtout dans la musique. L’algorithme peut être dangereux : si tu regardes de la négativité, il t’en propose encore plus. Ce n’est pas sain. Moi j’essaie de remplir mon feed de choses positives : des familles, des animaux, du contenu drôle, de l’amour, du vrai. Nous sommes plus que les réseaux sociaux. C’est une extension de nous, pas ce que nous sommes.

Sound of Brit : Comment ça se passe de partager la scène avec Louis et Pale Waves sur cette tournée ? Vous nous offrez trois concerts incroyables en une soirée, on est très chanceux.

ADMT : Je suis aussi chanceux que vous, honnêtement. Pouvoir jouer devant des gens, c’est un privilège. On n’en est qu’à quelques dates et je n’ai pas encore eu le temps de tout digérer. Tout va très vite : trajet, concert, trajet. Le public de Louis est incroyable. Ses fans sont vraiment spéciaux. Même si c’est nouveau pour moi, la réaction est incroyable. Ce soir, c’était fou. J’essaie encore de réaliser.

Sound of Brit : Pour cette prochaine question, je te laisse choisir : tu veux nous parler de tes rituels avant scène ou d’une journée type en tournée ?

ADMT : La vie en tournée n’est pas glamour. C’est moi et deux de mes meilleurs amis ; c’est génial, mais c’est du travail. On est fatigués, c’est intense. Mais je ne veux pas de compassion : j’aime ce que je fais. Monter sur scène, c’est saisir les opportunités. Si tu as une chance, tu la prends. Si tu peux être toi-même et faire ce que tu aimes, tu le fais, et tu espères que les gens accrochent.

Sound of Brit : Dernière question. Tu parles beaucoup de santé mentale dans ta musique. Est-ce qu’il y a un message que tu aimerais transmettre à nos lecteurs, qu’ils aillent bien ou non actuellement ?

ADMT : Je ne suis pas un gourou ou quoi que ce soit, je parle juste de mon expérience. Le plus important, c’est de se rappeler qu’on est humains. Le lien entre les gens, c’est tout. Moi qui te parle, toi qui parles aux autres : ce lien humain est essentiel. On est tous en train de vivre, d’apprendre, de traverser la vie ensemble. Ça peut sembler simple, cliché même, mais c’est vrai.

Sound of Brit : J’aime beaucoup ton côté philosophique, c’est très intéressant.

ADMT : Oui, j’y pense beaucoup. Dans le bon sens. Je suis juste curieux de ce qu’est la vie et de l’histoire de chacun.

Photo par Charlie & Charlie

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