On y était : Rock Werchter 2014

Après une édition 2013 exceptionnelle, nous sommes retournés un an plus tard en terre belge avec une programmation encore une fois très alléchante. Tour d’horizon proposé par Sound of Britain.

 

Ambiance (©RockWerchter)

 

Rock Werchter nous avait laissé d’excellents souvenirs l’année passée avec une programmation (Depeche Mode, Blur, Editors…) aussi bonne que l’ambiance. Avec Arctic Monkeys, Franz Ferdinand, Metronomy, Miles Kane ou encore White Lies pour 2014, le festival propose une nouvelle fois du très lourd (même si Kings Of Leon, auteurs d’une bien terne prestation en 2013, sont reconduits têtes d’affiche dans l’incompréhension générale). Sound of Britain vous propose de (re-)vivre avec nous ces 4 jours.

Avant de nous focaliser sur la musique, on ne peut pas vous parler de Werchter sans mentionner son camping. Si les artistes sont l’élément indispensable d’un festival, le camping l’est presque autant pour Rock Werchter si vous faites les 4 jours : après avoir passé la journée sur le site du festival, la fête continue au camping ! C’est en effet l’endroit idéal pour faire un petit débrief des groupes que l’on vient de voir, entendre des gens chanter jusqu’aux aurores et passer 5 jours le plus simplement possible (dormir sur un tapis de sol ou un matelas dégonflé 4h par nuit, être réveillé par d’infatigables fêtards à 6h ou l’inévitable fournaise de la tente à 9h, ça change du quotidien !). Cette année, Werchter a décidé d’innover en installant une grande tente (à peu près de la même taille que “The Barn” ou le “KluB C”) à l’entrée du camping, pour que les festivaliers puissent danser jusque 4h sur un DJ set : c’est “The Hive”. Ceci apporte d’autres nouveautés, comme le système des coupons boissons/nourritures appliqué aux stands (et aux douches !) et des écrans géants pour la Coupe du monde (aussi installés sur le site du festival). Néanmoins, l’ambiance semble en prendre un coup : la petite discothèque ne présente guère d’intérêt et il faut attendre 3h du matin et sa fermeture pour que les fêtards puissent animer le camping. Pour ce qui est des stands : on ne retrouve plus la diversité de l’an dernier et les coupons reviennent plus cher. On retiendra le positif : il est bien plus facile et rapide de trouver à boire et à manger dans le camping jusque tard dans la nuit.

Passons au festival en lui-même. Nous sommes le jeudi 3 juillet et c’est les Liverpudiens des Wombats qui donnent le coup d’envoi de la “Barn” avec un set électropop très enjoué et plaisant. Le reste de notre après-midi se concentrera sur la Main Stage avec tout d’abord les Dropkick Murphys, originaires de Boston et machine à tubes de la Saint Patrick, qui répandent une atmosphère festive sur toute la plaine de Werchter. Avant l’arrivée du mastodonte américain Metallica, nous avons droit à uneprogrammation très britannique sur la grande scène ce jeudi. Pour commencer, Liverpool encore à l’honneur avec Miles Kane et son incroyable présence, qui peine néanmoins à déchaîner les foules. En somme, un set convainquant qui aurait peut-être mérité une place sous la “Barn” à une heure plus tardive. On enchaîne avec White Lies, visiblement très heureux de retrouver Werchter et qui font forte impression, notamment sur Death ou Unfinished Business. En revanche, la prestation de Placebo n’aura été qu’un feu de paille : démarrage en trombe suivi d’un set très linéaire, on finit même par s’ennuyer ferme. Nous assistons de loin au concert de Metallica. Deux heures de show, un système de votes qui permet au fans de choisir l’intégralité de la setlist, dix minutes d’au revoir… Une chose est sûre, ils ne font pas les choses à moitié pour faire plaisir à leur public. Enfin la journée s’achève sur Skrillex. On se demande vraiment ce que ce type prend et en quelle quantité…

Miles Kane (©RockWerchter)

White Lies (©RockWerchter)

Placebo (©RockWerchter)

 

Pour ce vendredi, une fois n’est pas coutume, nous nous rendons à la “Barn” pour The Strypes. A ce stade, on ne peut même plus employer le qualificatif “prometteur” tant ils sont éblouissants pour leur âge. Nul doute, un bel avenir leur est réservé. A commencer par une place sur la Main Stage dans 2 ou 3 ans ? Direction cette Main Stage justement, où The 1975 se produisent : un set très pop et plutôt agréable. On a tout de même du mal à les imaginer punk il y a quelques années… Toujours dans la pop, nous retrouvons Sam Smith sur la “Barn”. Rappelons que le chanteur a profité de ses capacités vocales pour figurer sur des tubes tels que Latch de Disclosure (qui jouaient sur cette même scène un an plus tôt) ou La La La de Naughty Boy. Ce dernier est d’ailleurs repris, pour le plus grand plaisir des fans. Nous assistons très rapidement au concert des Néo-Zélandais de The Naked And Famous, mais un problème de son, ou de justesse (ou les deux) rendent cela plutôt insupportable. Passée la petite parenthèse coupe du monde à The Hive pour le premier quart de finale opposant la France à l’Allemagne (on en connaît tous l’issue…), retour à la Main Stage où se trouve Paolo Nutini. Les envolées lyriques du tombeur nous laissent de marbre et le temps commence à se faire capricieux (relation de cause à effet ?). On s’abrite comme on peut, mais notre attente est récompensée : Arctic Monkeys entre en piste. Le groupe de Sheffield nous offre une prestation de qualité en alternant titres du dernier album et tubes des disques précédents comme Fluorescent Adolescent, Crying Lightning, Brianstorm, I Bet You Look Good On The Dancefloor ou Dancing Shoes. La grosse déception de la soirée vient décidément du public : peu réceptif, calme et amorphe (même sur Dancefloor, il a beaucoup de mal à remuer). Pourtant ce ne sont pas les fans qui manquent, en témoignent toutes les pancartes faisant référence aux membres et aux morceaux de la bande à Turner. Qu’à cela ne tienne, si c’est assez poussif devant la scène, il n’y a presque rien à redire sur ce qu’il se produit dessus : 505 est toujours aussi bluffant en live et I Wanna Be Yours aussi envoûtant. En bref, Arctic Monkeys a parfaitement assumé son statut de headliner. Pour finir cette soirée, Major Lazer nous offre un set électrique complètement dingue, mais qui finit par s’essouffler au bout d’une petite heure.

 

The Strypes (©RockWerchter)

Sam Smith (©RockWerchter)

Paolo Nutini (©RockWerchter)

Arctic Monkeys (©RockWerchter)

 

Nous sommes samedi et c’est avec joie que nous nous réveillons… sous la pluie. Encore une journée humide, certes, mais alléchante, musicalement parlant, à prévoir. Nous commençons, pour une fois, par la Main Stage avec le groupe londonien de blues rock The Temperance Movement. C’est plutôt une belle entrée en matière : entraînant avec une bonne communication de la part du chanteur. Toujours sur la Main Stage,  Kodaline enchaîne. On retiendra surtout la belle communion des Irlandais avec le public, visiblement plus investi que la veille. C’est ensuite au tour de Haim de faire le show sur la grande scène : funky, animé, proche du public, rien à redire sur ces Américaines. Têtes d’affiches au Royaume-Uni, Biffy Clyro ne sont peut-être pas habitués à jouer si tôt. Néanmoins, cela ne semble avoir aucune influence sur le concert. Simon Neil est toujours aussi charismatique et heureux de jouer devant son public. “Son” public, en effet, car les Ecossais n’ont eu aucune peine à conquérir les festivaliers de Werchter. Du côté de la “Barn”, Imagine Dragons n’a pas plus de mal à mettre le feu, malgré une défaite des Belges qui se dessine face à l’Argentine. Et c’est au “KluB C” que l’on assiste à l’élimination des Diables Rouges. Ambiance morose par conséquent pour l’arrivée de Black Keys, qui ne semblent pas réaliser la déception du public tout de rouge vêtu (“Allez, on oublie ça et on s’amuse.”, ce qui sera d’ailleurs la seule forme de communication employée durant tout le concert). Concert terne et sans fulgurance de la part des Américains au final. Décevant pour un groupe d’un tel calibre, mais pas si inattendu que ça quand on connaît le duo et ce qu’il fait sur scène… Gros clash à suivre entre Pixies et Pearl Jam, au grand dam des fans des deux groupes, qui maudiront les organisateurs toute la soirée. “Heureusement” pour nous qu’ils sont Américains. Mais nous nous intéressons surtout à la prestation, assez impressionnante, du groupe d’Eddie Vedder à base de solos et de reprises de classiques, tels que Keep On Rocking In The Free World de Neil Young, qui plaira aux fans de bon rock. A la fin du set, les Néerlandais n’hésitent pas à manifester leur joie : les Pays-Bas se qualifient pour le dernier carré face au Costa Rica aux tirs au buts (pas de quoi parader non plus).

 

Kodaline (©RockWerchter)

 

Haim (©RockWerchter)

Biffy Clyro (©RockWerchter)

 

Si samedi était pluvieux, ce dimanche l’est davantage. Au programme : grosses averses par intermittence et sol boueux… mais encore une fois d’excellents groupes en guise d’éclaircies. A commencer par Royal Blood, qui enflamme la “Barn”. La capacité pour un duo à produire un son si lourd nous épatera toujours. Du côté de la Main Stage, la capacité pour Pete Doherty à tenir debout aussi déchiré nous épate davantage. Le lendemain de sa reformation avec les Libertines, notre cher Peter maintient sa date à Werchter avec les Babyshambles et c’est toujours assez intéressant de le voir chercher ses repères, jeter son micro, rester sur la scène cinq minutes après les autres… Pour ce qui est de la musique, on vient rarement les voir pour ça après tout. Retour sur la “Barn” avec Metronomy, qui comme toujours savent nous faire danser (avec Holiday ou The Bay) puis frissonner l’instant d’après (avec Everything Goes My Way ou The Look) puis les deux en même temps (avec You Could Easily Have Me qui conclut le set en apothéose). C’est animé dans le public, mais aussi sur scène avec quelques chorégraphies de la part des membres du groupe. Par ailleurs, on sent que ces derniers prennent beaucoup de plaisir à jouer. Au final, nous obtenons sans aucun doute l’une des plus belles claques du week end (pourtant ce n’est pas la première fois qu’on les voit). Quelques secondes après que Metronomy ait quitté la scène, la pluie s’abat en trombe sur le site du festival et tout le monde cherche à s’abriter sous la tente du “KluB C” où à lieu la prestation Passenger. Ce dernier en profite pour sortir le grand jeu devant l’arrivée massive des spectateurs, et signe, un an après son passage mémorable sur même scène, l’une des meilleures prestations de l’édition 2014, accompagné par un public très joueur. Sur la Main Stage, Bastille se défoule malgré le mauvais temps et les plus courageux devant font de même. Festival de ponchos sur Pompeii une fois la pluie calmée, un bien pour un mal. Les averses épargnent Franz Ferdinand, qui donnent un départ canon (The Dark Of The Matinée, Right Action, Do You Want To, Tell Her Tonight, The Fallen…) et le public ne s’y trompe pas : les quelques 50 000 personnes présentes ont le sourire et sautent d’un seul homme au rythme effréné des tubes de la bande à Kapranos. Malheureusement, un long moment de flottement se fait sentir en milieu de set, sur scène et par conséquent dans la foule. Seuls Take Me Out, Love Illumination et This Fire parviennent à raviver la flamme. Les Ecossais rendent néanmoins un copie plus que correcte. Nous nous dépêchons de retourner au “KluB C” pour MGMT, qui auraient mérité mieux qu’une place sous une tente. Les Américains n’ont aucun mal à nous emporter dans leur univers, notamment avec The Youth ou le magnifique Siberian Breaks. Du côté du public, c’est sans surprise Kids qui remporte les suffrages. Petit tour à la “Barn” pour Chase & Status, OVNI issu d’un croisement entre le rock, le hip-hop et la dubstep. Ambiance qui tranche complètement avec MGMT mais qui nous plaît aussi, dans un autre registre.

 

Babyshambles (©RockWerchter)

Passenger (©RockWerchter)

Bastille (©RockWerchter)

On jette un coup d’oeil à la Main Stage pour Kings Of Leon, qui ont l’air d’avoir autant d’enthousiasme que l’an dernier (c’est-à-dire aucun). La décision de les avoir reconduits tête d’affiche reste le grand mystère de cette édition 2014. Cette dernière prend justement fin avec en clôture Stromae, qui nous a donné une belle claque avant de repartir en France. Jeu de scène époustouflant, ambiance incroyable et belle preuve d’ouverture d’esprit en s’exprimant dans les deux langues (français et néerlandais) quand on voit les tensions qui règnent entre Wallons et Flamands (légèrement apaisées ces derniers temps grâce aux diables rouges), le maestro était la conclusion parfaite à cette édition 2014 qui referme ses portes sur le traditionnel un feu d’artifice que s’achève le festival. Malgré une ambiance assez poussive par rapport à l’an dernier, les prestations scéniques nous auront encore éblouis. Vivement 2015 !

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