The Amazing Snakeheads : “Entre le garage, le punk et le hard rock, je préfère … la country!”

Un groupe parfois à la frontière du réel mais toujours avec autant d’authenticité comme le prouve son album profondément rock Amphetamine Ballads.

Avec leur musique sauvage et rock, leur pochette serpent glam rock, The Amazing Snakeheads savent se faire remarquer. C’est un chanteur, Dale Barclay assez calme mais avide d’humour noir que Sound Of Britain a rencontré avant la tournée estivale attendue impatiemment par le trio pour tester la réaction du public à son album Amphetamine Ballads. Au programme : genèse d’album, vie de groupe, créativité sans concession et surtout Glasgow, berceau des trois rockeurs intègres avec toujours un slogan à l’accent écossais très marqué aux lèvres : Fast and Famous!

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Tout d’abord, qui sont the Amazing Snakeheads?
Je m’appelle Dale Barclay et je joue dans The Amazing Snakeheads, un groupe de rock qui vient de Glasgow, avec William Coombe et Jordan Hutchinson. William et moi, on ne connaît depuis qu’on est gamins, on a un peu grandi ensemble! Jordan était mon voisin d’Hillsborough et plus on discutait plus on devenait potes. On est  d’excellents amis qui veulent juste s’éclater en faisant de la musique.

Ce doit être tout même particulier de travailler avec ses meilleurs potes? Vous devez partager constamment des moments, des influences?
Je ne m’imaginais pas dans un groupe d’anonymes. Je ne vois pas comment certains peuvent le faire d’ailleurs. Car créer avec des gens sans liens amicaux, tu ne peux juste pas le faire! On est très soudés. Le groupe c’est le résultat de nous trois en terme de goûts et de personnalités. Je nous estime extrêmement chanceux de pouvoir toucher beaucoup de gens avec notre musique, cela arrive tellement rarement ! A la base, on ne pensait pas que quelqu’un aimerait notre formation ou alors …quelques marginaux! On a fait la musique qu’on aimait et qui nous convenait. Il n’y a rien de mal à  proposer des chansons  divertissantes, si elles peuvent toucher et qu’en plus tu les as composées avec des proches, c’est juste formidable! Si quelqu’un prétend le contraire c’est soit qu’il ment soit qu’il crée pour de mauvaises raisons …

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Vous avez pourtant qualifié  la musique de « sacrée », faire de musique c’est rentrer en religion?
Non, pas du tout! Je pense que la musique est plutôt d’origine diabolique! La création est évanescente, et toute inspiration est transformée, beaucoup disent qu’il y a de la magie là- dedans. Cette célébrité rapide est un privilège. Si les gens s’attachent à ce que tu fais, c’est formidable. Un quota de chances peut magnifier un hypothétique succès. La musique sert à connecter les gens dans un sens mais d’autres éléments servent à cela. C’est plus que métaphysique et surnaturel! Il n’y a pas d’abracadabra qui marche! C’est fantastique et magique ! Enfin c’est comme cela que je le ressens sur scène et en composant. Pour créer, il faut avoir du vécu aussi.


On ne peut pas parler de vous sans parler de votre nom. Que représente pour vous  ce « snakehead »?
Tout d’abord, ça sonne super bien! C’est venu d’un coup, on aimait bien ce mot et on s’est dit que ce serait cool comme nom de groupe, l’image est sympa aussi. Il paraît que ça signifie être en colère, nous on ne l’explique pas vraiment. Les groupes qui prennent 3 heures pour expliquer leur nom, ça me gonfle! Je préfère que les gens y voient ce qu’ils veulent , quelque chose de terrifiant ou autre, et surtout qu’ils écoutent notre musique après. S’ils nous suivent c’est cool, sinon tant pis. Mais si tu fais vraiment ce que tu aimes, ce que les gens pensent t’importe peu, tu as besoin de l’aval de personne!  Dans notre musique, on s’est totalement livrés, et il n’y a pas un accord, ni une ligne de basse qu’on n’aime pas!


Et dans ce que vous y mettez, on remarque un chant particulier,  énergique. Qu’est-ce qui vous donne cette énergie?
Ah ! la façon de chanter… Je n’y pense pas trop, je ne me vois pas comme un chanteur à la base ,en tout cas je ne l’intellectualise pas. Je chante parce que je me sens bien quand je chante, absolument pas parce que j’aime le son de ma voix. En fait, je déteste ma voix! Elle est tellement insupportable! Quand l’album est sorti j’ai dû écouter le résultat mais c’était suffisant! (sourires). Composer c’est assez dur. Il y a du bon et du mauvais. C’est un immense effort! Ce n’est pas édénique. Mais si cela avait été trop douloureux,  j’aurais arrêté depuis longtemps. C’est pour ça qu’on a de la chance de s’être trouvés tous les trois et de travailler avec  respect et  foi.

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Parlez-nous de l’enregistrement de votre premier album, il a été fait dans une ambiance particulière à Glasgow dans le studio d’un ami.
Pour le premier album, c’était important de se sentir à la maison. C’était capital d’être dans un environnement favorable et présenter ce en quoi on croit à des gens honnêtes et vrais. C’était un vrai privilège. En plus, on a enregistré la nuit, il paraît que ça s’entend dans l’album mais il est difficile de ne pas être influencé par l’ambiance d’enregistrement. On est arrivés avec pas mal de chansons en studio , on est assez prolifiques ,mais on a pris notre temps car on voulait faire du bon boulot et savourer notre plaisir. On a eu beaucoup de chance d’enregistrer à Green Door Studios, les gens portent un vrai intérêt au travail des musiciens, et ont une belle carrière musicale. L’ambiance est propice à la créativité . Pour la pochette de l’album, on a choisi une peau de serpent travaillée, c’est assez « cheap » mais j’aime bien ça! C’est assez marquant mais c’est cool! Personne ne s’est plaint pour l’instant! (rires) ! L’image est importante mais car on aime bien composer avec des images en tête et se raconter l’histoire ainsi. Mais c’est assez loin d’une bande-originale. Le clip d’Here It Comes Again a été faite par un pote d’ailleurs, l’esthétique grise colle bien avec la ville de Glasgow, éternellement grise avec ses nuages noirs. (rires).


En France on adore mettre les gens dans des cases et votre musique est très éclectique mais si vous deviez choisir entre le garage, le punk et le hard rock, vers quel genre irait votre coeur?
Oulà c’est très compliquée votre question! On subit des tas d’influences dans le groupe et puis certaines choses que l’un adore, l’autre peut les détester, et c’est plutôt sain de ne pas être d’accord sur tout en toutes circonstances. Mais si je devais choisir pour moi, un genre qui m’émeut vraiment, je dirais … la musique country. Avant tout et plus que tout  : la country et le blues! Peut-être parce que c’est la base de tout le rock … Mais il y a tellement de genres qui me parlent : la soul, le funk, …


Vous parlez beaucoup de Glasgow, y a-t-il un groupe originaire de votre ville dont vous vous sentiez proches?
C’est assez dur à dire, je connais mal la scène de la ville, et quand bien même, je ne sais pas si on se sentirait proches de l’un d’entre eux. Il y a de bons musiciens dans le coin comme Alex Harvey ou John Martyn mais je ne me sens pas particulièrement proche d’eux. De bonnes choses viennent de Glasgow mais de la ville même. C’est une ville fantastique pour la musique, les gens créent artistiquement, intellectuellement. Inconsciemment les gens se regroupent et fondent des groupes d’électro, de rock, de folk. Il n’y a pas de scène à proprement parler mais des artistes ici et là.  Nous mêmes, sommes est assez inspirés par ce lieu et chaque fois qu’on y retourne, on se sent fusionner avec la cité. Bien sûr c’est là d’où on vient mais il y règne une vraie énergie qui donne envie de faire de la musique par passion.


Vous avez joué au Rough Trade de Londres pour le Record store day, cette année. C’est un événement important pour vous?
Oh oui, c’est important! Tout ce qui soutient le disque indépendant est important. J’adore les vinyles. J’écoute principalement la musique sur platine. Le son est meilleur enfin ça dépend pour quoi, du blues oui, de l’électro pas forcément. Il faut aussi physiquement que tu prennes ton temps pour la musique, que tu lèves tes fesses pour changer la face, ça fait du bien aux oreilles et à l’âme aussi. (rires) 

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