Bring Me The Horizon – Live At Royal Albert Hall

L’incroyable live symphonique du quintet metalcore Bring Me The Horizon est enfin disponible, pour le plus grand bonheur de tous. Écoute et critique.

Dans le cadre du Teenage Cancer Trust, le fameux groupe metalcore britannique s’est produit le 22 Avril 2016 au Royal Albert Hall, salle mythique que l’on ne présente plus, accompagné d’un orchestre symphonique. Ne pouvait alors qu’en résulter un live implacable, imparable, superbe, unique. En cette fin d’année, l’audio de ce concert nous est enfin transmis: l’occasion de confirmer toutes les attentes qu’on pouvait en avoir. Et qui sait, de se mordre les doigts d’avoir raté un tel évènement?

Avant même de lancer le live, le projet étonne et détonne: Bring Me The Horizon, formation metalcore/emo adulée et décriée, au Royal Albert Hall, avec un orchestre symphonique? Le postulat surprend, et pourtant tout doute est balayé dès les premiers instants de l’écoute de ce live. L’ouverture de Doomed prend aux tripes, avec un total libre arbitre aux cordes, cuivres et percussions, créant un ensemble d’une rare beauté qui se tait alors en un instant pour laisser surgir l’introduction du dernier-né du quintet, That’s The Spirit. Au sein des morceaux de cet opus, rupture dans la continuité pour le groupe, la formation symphonique s’intègre parfaitement et franchit le cap du live avec brio. En résulte de superbes rendus de titres comme Avalanche et Throne, qui se redécouvrent une toute nouvelle structure, se parent d’atours mélodiques enveloppant la mélodie et la complétant d’une façon toujours élégante et étonnamment naturelle.

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Mais point trop de sentimentalisme: Bring Me The Horizon reste Bring Me The Horizon. Et si le style de la formation s’est (très) largement adouci depuis leurs débuts, la formation réserve des moments d’une superbe violence, auxquels le live rend hommage à travers une subtile explorations des récents There Is A Hell, Believe Me I’ve Seen It. There Is A Heaven, Let’s Keep It A Secret et Sempiternal. Est alors lancé un It Nevers Ends d’une beauté irréelle, qui cède très vite la place à de violentes mélodies promptes aux mosh-pits les plus surexcités; et que dire de ce Shadow Moses repris sans faute par un public totalement acquis à la cause du groupe.

“Il est temps de faire le plus gros wall of death qui ait jamais vu le jour entre les murs du Royal Albert Hall. Allez-y, ouvrez-le encore!” se délecte le leader Oliver Sykes sur le pont tendu d’un Happy Song nerveux et bien au-delà d’efficace. Un Oliver Sykes qu’on découvre d’ailleurs en grande forme, assurant le chant sans aucun souci, alpaguant le public, n’oubliant pas de remercier les personnes derrière cette exceptionnelle soirée et partageant sa nervosité après un vénéneux True Friends.

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Le set de Bring Me The Horizon se permet diverses expérimentations et extrêmes, tous bienvenus: de toutes nouvelles introductions instrumentales symphoniques aux couches de cordes et cuivres ajoutés avec délicatesse et profusion, on note également une performance live de Follow You qui, un peu pénible sur disque, prend ici une toute autre dimension et ne peut que séduire. Titre immédiatement suivi d’un Can You Feel My Heart gonflé aux enivrantes trompettes qui permet un rendu épique de titres au son déjà surpuissant. Un sans-faute on vous dit.

Ainsi, on souhaiterait entendre un live d’une telle perfection s’étendre à l’infini; mais les membres de Bring Me The Horizon sont juste humains, et vient l’heure de clore cet exceptionnel set. Après un Antivist où le public est convié à un titanesque wall of death, Oliver prend le temps de s’exprimer sur la raison de ce concert: la lutte contre le cancer, la volonté et l’importance de se battre contre cette maladie, de se soutenir, d’être là pour les personnes dans le besoin. Parfait pour lancer un Drown dévastateur de beauté, enrichi d’une section harpe ressortant avec grâce.

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L’ultime conclusion vient avec un Oh No interprété pour la toute première fois, évidemment agrémenté d’une ouverture instrumentale et d’un superbe solo de trompette, déroutant en studio, essentiel en live. Les roulements de batterie font monter une irrésistible pression; tous les instruments sont à leur place, que ce soit au sein du quintet qu’au sein de l’orchestre symphonique; et dans un ultime sursaut orchestral, les voûtes se referment, les cordes se taisent, pour laisser place aux cris du public, reprenant le thème de Oh No en chœur. “Vous allez me faire pleurer” confie Oliver Sykes, avec un petit rire qu’on sent ému. Le groupe est remercié, sous un tonnerre d’applaudissements, et toujours ce thème repris en boucle, résonnant dans toutes les oreilles. Bring Me The Horizon peut bien avoir ses détracteurs: la formation, elle, vient de sortir le live plus riche et envoûtant de cette année musicale.

Tracklist:

Doomed

Happy Song

Go To Hell For Heaven’s Sake

Avalanche

It Never Ends

Sleepwalking

Empire

Throne

Shadow Moses

True Friends

Follow You

Can You Feel My Heart

Antivist

Drown

Oh No

La note: 9,5/10

 

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