BEN HOWARD – NOONDAY DREAM

“Ben Howard is rising from the dead” pouvait-on entendre sur BBC Radio 1 il y a quelques semaines, alors que l’interprète britannique dévoilait le premier morceau de Noonday Dream, son troisième effort en solo. 

Dire que l’attente était longue pour les fans, est sans doute un euphémisme.  Quatre an après l’excellent I Forget Where We Were et un an après son side-project remarqué avec son groupe A Blaze of Feather, l’artiste de Totnes revient en force avec un troisième effort solo. Critique.

Il y en effet des musiciens qui semblent trenscender le concept même de musique. Faisant fi d’une quelconque obligation de rendement, l’obligeant à sortir un album par an, Ben Howard attend. Il attend patiemment d’être prêt. Loin d’une époque où la musique est sur-représentée, consommable et bien souvent jetable, rares sont les artistes qui se permettent justement d’attendre, de maturer un projet avant de le sortir.

D’aucun diront que l’album Noonday Dream est définitivement influencé par le passage de l’artiste dans le groupe A Blaze Of Feather. Fidèle fervent du spleen quasi-Baudelerien, Ben Howard nous fait comme à l’acoutumer voyager, rêver. Et là est tout l’intérêt de cet album pour son auteur, pour lequel il ne s’agit plus de penser à un passé pesant, immuable, mais de se concentrer sur le futur. Après la traversée du désert mise en avant dans la promotion de son album -psychologique mais jamais artistique, il est temps de rêver. A l’image du premier morceau de l’album, Nica Libres At Dusk, une ballade planante, dont les voix lointaines gracieusement couplées à un arpège hypnotiques propulsent dans le monde de l’onyrisme. Towing The Line, plus court morceau de l’album, est à mi chemin entre la ballade romantique digne des odyssées grecques, et la sonorité résolument moderne d’un morceau de Bon Iver. Puis vient A Boat To An Island On The Wall, premier single de l’album, magnifique sucesseur des rythmiques développées par Ben Howard dans l’album précédent. What The Moon Does est une musique trenscendante, spaciale, dont chaque son, chaque voix, est parfaitement calibré, pensé afin de trenscender. Someone In The Doorway et The Defeat sont elles plus rythmées, avec des batteries et des effets au synthétiseur qui pourraient rappeler les expérimentations du groupe Radiohead. There’s Your Man, une musique dançante, est un morceau résolument folk porté par ses rythmiques syncopées. Puis l’album se termine sur  Murmurations, un morceau dur appréhender mais devenant l’une des pièces essentielles de ce troisième effort au fil des écoutes, commençant dans les ténèbres pour s’achever dans la lumière.

Si l’album peut, à une première écoute, ne pas combler son auditoire, c’est car il faut ne faire qu’un avec lui, fermer les yeux et apprécier. Chaque écoute devient alors une invitation au voyage onyrique de Ben Howard. Et quel plaisir, de pouvoir rêver aux côtés de l’un des meilleurs artistes de sa génération.

TRACKLIST :

Nica Libres At Dusk

Towing The Line

A Boat To An Island On The Wall

What The Moon Does

Someone In The Doorway

All Down The Mines (Interlude)

The Defeat

A Boat to An Island Part II (Agatha’s Song)

There’s Your Man

Murmuration

Nos morceaux favoris :   Nica Libres At Dusk, A Boat To An Island On The Wall, What The Moon Does, Someone In The Doorway, The Defeat, There’s Your Man, Murmurations

LA NOTE : 9/10

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