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Blanck Mass – Animated Violence Mild

Deux ans après l’explosion World Eater, Blanck Mass laisse place à la suite : les conséquences directes, plus saillantes, plus violentes. L’univers de Benjamin John Power n’a jamais été aussi détonant

Le serpent du consumérisme se retourne contre nous. Il nous séduit avec notre propre appât, alors que nous trahissons les meilleurs instincts de notre nature et de l’avenir de notre monde. Nous nous empoisonnons au précipice d’un sommeil sans fin. Je crois que la plupart d’entre nous a volontairement laissé notre instinct de survie se faire engloutir par le serpent que nous avons mis au monde. Animated – par l’humanité. Violent – sauvage et hors contrôle. Mild – délectable.” Voilà comment Benjamin John Power – aka Blanck Mass – producteur de renom de la scène électronique britannique, décrit (avec un certain pessimisme) l’ère entourant son nouvel album. Dévoilé en plein cœur de l’été, au moment où les rues sont vides, où le monde est plongé dans tous les excès, Blanck Mass largue Animated Violence Mild comme une bombe supersonique. Il a fallu deux ans pour que ces huit titres nous parviennent – le travail acharné, d’un perfectionniste contemporain, qui a tout écrit et arrangé en 12 mois dans son propre studio, à Edimbourg.

Échappé un temps l’an dernier avec Editors pour un remarquable disque de remixes, Power a réfléchi son nouvel album comme une grande remise à niveau de sa propre discographie, une piqûre sur-vitaminée, cathartique au possible. “Death Drop”, “House vs. House”, “Creature /West Fuqua”… Rien ne l’arrête dans cette spirale infernale électronique, hommage parasité situé entre Underworld et The Soft Moon. Plus teigneux que le précédent, Animated Violence Mild est malheureusement la parfaite représentation d’une société en déclin, aliénée, aveuglée par l’instantanéité, la rapidité affolante de la technologie – un comble, pour un disque régit par les séquences et les boucles. Mais Blanck Mass se perfectionne dans sa propre recette destructrice, enchaînant les titres à toute allure, jusqu’à un certain assourdissement (“Love Is a Parasite”), bousculant, enfin, la structure traditionnelle d’un morceau. Dans le bouquet final, le future est désormais à notre portée : “Wings of Hate” est sans souci l’un des titres les plus tonitruants du musicien, se composant d’une infinité de sonorités. Toutes confondues, éparpillées, arrangées dans le tourbillon de l’urgence. L’auditeur ne peut qu’en ressortir sonné. L’énergie s’est propagée et a tout raflé sur son passage.

Tracklisting

Intro

Death Drop

House Vs. House

Hush Money

Love Is a Parasite

Creature/ West Fuqua

No Dice

Wings of Hate

Nos + : “Death Drop”, “Love Is a Parasite”, “Wings of Hate”

La note : 8/10


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