Foals – Everything Not Saved Will Be Lost, Pt. 2

Foals complète son ambitieux diptyque avec une seconde galette épatante, abrasive et mémorable. Écoute et critique.

Comme il y a 7 mois, tout commence par une clameur. Mais là où la première partie de Everything Not Saved Will Be Lost nous accueillait avec de doux chœurs altérés et réarrangés, sa petite sœur nous livre cette fois des sonorités électroniques inquiétantes, sèche, presque arides. Red Desert plante d’entrée de jeu un décor bien distinct; et nous y propulse en se fondant très intuitivement dans l’implacable hit The Runner.

Quand nous avions fini de chroniquer à tête reposée leur premier album de 2019, nous nous demandions forcément comment Foals allaient pouvoir passer derrière une telle œuvre. Comment le quartet allait bien pouvoir proposer 10 titres rivalisant avec ceux déjà proposés. Force est de constater que toutes ces considérations se sont évaporées quand la folle machinerie de The Runner s’est lancée.

Plus que jamais, réduits à un quatuor, Foals avancent comme une force unique, concentrée, implacable. Porté par un riff homérique, The Runner explose dans un refrain débordant de puissance et d’émotion, dégainant une guitare lead fine et riche, véritable marque de fabrique du quartet.

Cette richesse de songwriting prend, comme toujours avec Foals, plusieurs formes; cinétique avec The Runner, implacable avec Black Bull, single délicieusement agressif à la détonante structure, ou tout simplement d’une beauté renversante avec un Into the Surf contemplatif, faisant mélodiquement écho au Surf Pt. 1 découvert en début d’année.

Et titre après titre, Foals construisent leur légende et composent parmi leurs meilleurs titres à ce jour. En seulement 3ème position de la tracklist, Wash Off vient nous époustoufler; offrant un riff rappelant l’ère Holy Fire, le titre se transforme très vite en une frénétique fête encore une fois malicieusement portée par la batterie de sir Bevan, jusqu’à un final renversant, avec sans doute le crescendo le plus intense de l’année. On en frissonne encore.

Et si certains échos ou réminiscences subsistent, Foals savent encore une fois se réinventer, offrant des titres inédits aux paysages musicaux jamais aperçus jusqu’ici chez le quatuor. Like Lightning, titre aux tonalités très heavy, propose un riff délicat comme un poids lourd lancé dans une vitrine, avec un refrain prêt à renverser les foules; sans pour autant oublier d’y glisser un pré-refrain d’une beauté folle. A l’inverse, Dreaming of s’envole, elle, droit vers les cieux, ne reposant pied à terre que pour se lancer dans une course effrénée, maelström trouvant l’apaisement au fil des mesures.

Yannis Philippakis nous avait promis une seconde partie plus rock et plus axées sur les riffs; force est de constater qu’il ne nous a pas menti. Everything Not Saved Will Be Lost, Pt. 2 est bien un album de guitares. Les six cordes se taillent ainsi la part du lion, qu’elle soient distordues et agressives (The Runner, Black Bull, Like Lightning) ou au contraire, aériennes et lumineuses (Dreaming of, 10,000 Feet, Into the Surf). Et bien que mises en avant, elle coexistent avec merveille avec le reste de la formation, que l’on parle des claviers de Edwin Congreave ou de l’insatiable batterie de Jack Bevan. Et toujours sir Philippakis en tête de file, multipliant voix et choeurs, jouant sur les tonalités et les rythmes.

Tandis que 10,000 Feet, composition la plus hypnotique du disque, nous plonge dans rêve éthéré rapidement déchiré par une redoutable distorsion, Into the Surf se présente comme le seul vrai moment de répit de l’album avant la colossale conclusion Neptune, étirant sa surpuissante progression mélodique et ses improvisations sur plus de 10 minutes. “Now it’s time to go“; ainsi, le chaos laisse finalement sa place au silence. Toutes les pièces du puzzle sont en place, le diptyque est complet, et Foals s’affirment définitivement comme un des meilleurs groupes de leur génération.

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Tracklist

Red Desert

The Runner

Wash Off

Black Bull

Like Lightning

Dreaming of

Ikaria

10,000 Feet

Into the Surf

Neptune

Nos morceaux préférés: The Runner, Wash Off, Dreaming of, 10,000 Feet, Neptune

La note: 10/10

Concerts Foals
 
Foals à Paris - 27 avril 2020
2 Comments
  • Ingrid
    Posted at 09:42h, 17 octobre Répondre

    ahahhaha vous êtes mega objectifs les gars.
    Je n´ai jamais vu un mag online qui écrit autant sur Foals
    Pire que des groupies! ahahha

  • Jay-Jay
    Posted at 09:27h, 18 octobre Répondre

    Belle chronique, je rejoins sound of brit sur l’appréciation. Il faut savoir reconnaître le talent quand il est là et on ne peut pas faire autrement que reconnaître que Foals est à son apogée. Ce second volet du diptyque est à la hauteur du premier. Chapeau bas.

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