Jake Bugg – Saturday Night, Sunday Morning

Certains albums se font plus attendre que d’autres, c’est le cas avec ce cinquième album de Jake Bugg. Quatre années d’absence, la plus longue pause de sa carrière, ce choix a-t-il été bénéfique ?

Où en est Jake Bugg ? C’est LA question que l’on se pose au moment de découvrir cet album. Après un début de carrière canon avec deux excellents premiers albums : Jake Bugg (2012) et Shangri La (2013), le jeune artiste est depuis sur le déclin. Il avait pris des risques qui ne se sont avérés qu’à moitié convaincants avec les influences pop/R’n’B de On My One (2016). Puis Hearts That Strain (2017), son 4ème album, faisait la part belle aux mélodies calmes, inspirées de la culture folk/country qui n’avaient pas forcément séduit.

Des singles qui portent l’album

Saturday Night, Sunday Morning a su se faire attendre : l’album sort presque deux ans après le premier single, Kiss Like The Sun sorti en novembre 2019. On se doute que le Covid a dû bouleverser les plans de Jake Bugg mais tout de même ! Cette chanson s’inscrit néanmoins parfaitement dans l’ADN des deux premiers albums avec une guitare sèche très présente sur une rythmique entrainante.

On pourra d’ailleurs remarquer que sur les quatre autres singles sortis depuis Kiss Like The Sun, trois sont présents sur la tracklist finale de l’album. Il manque juste Saviours of the City mais c’était de loin le moins bon des singles… On regrette d’ailleurs que tous les autres titres sortis précédemment soient dans la première partie de l’album : 1. All I Need, 2. Kiss Like the Sun, 5. Rabbit Hole, 6. Lost.

Saturday Night, Sunday Morning débute d’ailleurs avec l’excellent single All I Need composé d’une mélodie efficace et de chœurs qui complètent à merveille le titre.

Rabbit Hole et All I Need sont de vraies réussites, tout comme Lost mais dans un style différent. En effet, les deux premiers titres s’inscrivent dans la tradition rock avec des riffs de guitare très présents, tandis que Lost introduit un univers beaucoup plus pop, underground et groovy. Le point commun entre ses morceaux se trouve dans leurs refrains qui ont cette faculté à rester en tête.

Le reste de l’album : une alternance entre calme et énergie

Le reste du disque est composé de nombreux titres calmes en commençant par Downtown, un morceau acoustique où l’accompagnement est réalisé pour la première fois par un piano. Cette idée permet de dévoiler une nouvelle facette de l’artiste, malheureusement il manque quelque chose pour être complètement conquis. L’introduction du morceau fait également fortement penser à It Hurts de Tom Grennan sorti quelques mois plus tôt. L’accompagnement au piano plutôt qu’à la traditionnelle guitare acoustique de Jake Bugg est d’ailleurs utilisée à nouveau sur Maybe It’s Today.

On retrouve plusieurs autres morceaux dans cet état d’esprit avec Scene qui est également lent et mélancolique. Le morceau démarre bien et est composé de nombreux éléments, tel que sa guitare, qui nous donne envie d’y croire. Néanmoins on regrette la fin de la balade, un peu trop longue, simple et attendue, notamment avec l’arrivée des chœurs.

Le dernier morceau calme est Hold Tight qui conclut l’œuvre. C’est un morceau passe-partout et oubliable, qui aurait pu apparaitre sur n’importe lequel des albums de Jake Bugg. Sa seule originalité réside dans le son de la guitare sur la fin. Malheureusement l’effet a déjà été utilisé Scene

Les morceaux les plus calmes manquent globalement d’originalité et se ressemblent trop entre eux. Qui plus est, le rythme global de l’album souffre de cette alternance avec des morceaux plus dynamiques, notamment Lonely Hours et Screaming qui promettent des moments intenses sur scène. On aurait même aimé que ces deux morceaux soient légèrement plus longs afin de compenser les pertes de rythmes.

Jake Bugg nous propose avec Saturday Night, Sunday Morning un album versatile, oscillant entre singles de longue date et nouveaux titres, morceaux acoustiques et morceaux dynamiques, rock et pop. Sans être un album incontournable, l’écoute est facile et on y revient aisément. Pour donner une idée, si l’on devait classer cet album dans sa discographie, il serait pour nous 3ème sur 5. Certains titres vont pouvoir enrichir les futures setlists du jeune artiste que l’on espère voir bientôt en France.

TRACKLIST

All I Need

Kiss Like The Sun

About Last Night

Downtown

Rabbit Hole

Lost

Scene

Lonely Hours

Maybe It’s Today

Screaming

Hold Tight

LA NOTE DU RÉDACTEUR : 7/10

Ses morceaux favoris : Lost, All I Need, Rabbit Hole, Screaming

Les autres notes :
Diane : 8/10. Un mélange réussi entre les bases rock et folk de Jake Bugg et ses envies de pop.
Fabien : 8,5/10. Un album qui doit être vu comme le commencement d’une nouvelle ère qui sera grande.

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