Luvcat à We Love Green

We Love Green 2026 Jour 1 : Gorillaz, Little Simz, Luvcat…

Retour sur un premier jour ensoleillé.

Depuis quelques années déjà, le festival de Vincennes mélange têtes d’affiches et artistes prometteurs. Pour rappel, c’est sur cette scène française que l’on a pu voir des artistes aussi singuliers que FKA Twigs, Charli XCX ou encore Björk. C’est d’ailleurs dans le bois de Vincennes que des artistes internationaux de la trempe de Tyler, The Creator ou PNL ont choisi de faire leurs toutes premières dates en festival dans l’Hexagone.

Luvcat

Il est toujours difficile de jouer le premier concert de la journée sur la grande scène d’un festival. Pour autant, le set de Luvcat fait parfaitement le travail. La chanteuse propose un style pop rock accompagné d’une direction artistique qui mélange l’esthétique du vieil Hollywood et celle de la scène Emo des années 2000. Pas étonnant lorsque l’on sait que Luvcat aime autant collaborer avec John Cooper Clarke que reprendre My Chemical Romance.

Ce qui frappe d’abord sur scène, c’est le look des artistes. Celui de la chanteuse d’abord, qui porte une mini robe rouge avec un maquillage et une coiffure rétro. Les musiciens ne sont pas en reste : le batteur est en costard, le guitariste en kilt et le bassiste porte une cape de vampire. Un costume qui coïncide parfaitement avec le titre Vampire at the Beach, joué ce soir-là.

Côté musique, avec neuf titres joués, le premier album est interprété presque en intégralité. Et si le style musical n’invente rien, il est difficile de nier le talent des artistes qui s’amusent beaucoup à jouer avec le silence et les ruptures. Si le public met un peu de temps à être dedans – premier concert oblige – à la fin tout le monde est ravi. Luvcat semble prendre un plaisir fou à être sur scène. Elle nous raconte que, si aujourd’hui il y a un grand soleil, la dernière fois qu’elle avait joué dans un festival parisien, c’était sous la pluie de l’édition 2025 de Rock en Seine. Une anecdote qui nous fait sourire tant on connaît la réputation météorologique de We Love Green… Car oui, si cette année la météo est au beau fixe, on n’oublie pas les éditions précédentes du festival, à commencer par celle de 2022, dont une journée avait dû être annulée à cause de la pluie.

Luvcat à We Love Green

Etta Marcus

Le style musical de la Londonienne est vraiment basé sur l’émotion brute et l’intensité. En l’écoutant, on pense à de très grandes interprètes comme Lana Del Rey ou encore Beth Gibbons de Portishead. Ce soir-là, Etta Marcus joue sur la scène Thinktank, la plus petite du festival. Les places sont restreintes et le concert se déroule sous une tente, mais ce sont justement les conditions parfaites pour se mettre dans une bulle avec l’artiste et ressentir toute la palette d’émotions qu’elle propose. Sur scène, elle est seule avec sa guitare pour interpréter des morceaux de son premier album, The Death Of Summer & Other Promises, mais aussi des titres de l’EP Devour paru en 2025.

Gorillaz

Toute la journée, de la station de métro la plus proche du festival jusqu’aux premiers rangs du concert, je n’ai fait que croiser des gens portant des tee-shirts à l’effigie de Gorillaz et chantonnant des tubes comme Dare, dont le refrain était diffusé dans de nombreuses publicités du festival. Alors, forcément, quand le chanteur apparaît sur scène, c’est une euphorie générale qui s’empare du public. Pour autant, ce dernier se fait discret sur ce premier titre. Ce sont les musiciens qui sont mis à l’honneur sur ce morceau instrumental de presque 5 minutes qui n’est autre que The Mountain. Et quel morceau. Quels musiciens. Car oui, en plus des musiciens habituels du groupe, nous avons droit à la présence de nombreux instrumentistes d’origine indienne qui font parfaitement honneur à la thématique du dernier album en date de Gorillaz.

Sur le papier, la setlist semble un peu accidentée. On passe de l’excellent enchaînement The Happy Dictator / Tranz / 19-2000 à des titres au tempo moyen et à la notoriété faible en première partie de set. Certains tubes comme Dare ou encore Kids With Guns manquent cruellement à l’affiche. Pour autant, la recette fonctionne parfaitement.

Gorillaz

Tout d’abord, sur scène, Damon Albarn est en très grande forme. Il twerke, fait des grimaces, tente de raconter des anecdotes qu’il ne terminera jamais par manque de temps. Pour lui, chaque prétexte est bon pour descendre au premier rang du public afin de leur serrer la main et chanter avec eux. Ce soir-là Damon a décidé de ne parler qu’en français. Un choix, certes sympathique, mais si peu concluant qu’il a fini lui-même par abandonner au bout d’un moment en éclatant de rire avant d’avouer que ce n’était pas son fort. En bref, le chanteur ne se prend tellement pas au sérieux qu’on en oublierait presque que, tout au long de la soirée, il a multiplié les performances instrumentales allant du melodica au piano, en passant par la guitare et le tambour.

Gorillaz est également réputé pour ses guests ainsi que ses personnages fictifs. Ce soir-là, les deux seront à l’honneur. Côté invités on verra tour à tour passer Kara Jackson sur Orange County ; Fatoumata Diawara sur Désolé ; Omar Souleyman sur Damascus ; Bootie Brown sur Stylo et Dirty Harry ; De La Soul sur Feel Good Inc… Et tous ont beaucoup apporté à ce concert de part leur talent vocal, mais aussi leur présence scénique.

Sur les écrans, aussi, on retrouvait de nombreuses personnes. À commencer par 2-D, Murdoc et Noodles, les membres fictifs du groupe, qui seront régulièrement mis en scène dans des animations diffusées entre deux chansons. Mais par moments, on voyait aussi des images plus sérieuses comme un hommage à Asha Bhosle, chanteuse indienne décédée en avril 2026.

Du côté du public, j’étais personnellement située environ au dixième rang, sur le côté de la scène, et à cet endroit là, ce qui se passe est tout simplement indescriptible. Le public danse et chante sur chaque chanson, y compris celles sorties il y a quelques mois. L’ambiance est telle qu’à plusieurs moments Damon Albarn s’arrête pour nous laisser chanter et nous diriger avec son doigt, comme s’il était un chef d’orchestre. Sur Orange County, il prononce à peine la première phrase de la chanson que le public hurle le reste des paroles. Les musiciens échangent entre eux des regards stupéfaits. Tout le monde semble choqué par l’ambiance folle qui règne devant la scène. À d’autres moments, notamment sur The Shadowy Light, où toute la fosse a sorti son téléphone pour faire de la lumière, le chanteur s’arrête pour nous regarder avec un sourire sincère et des yeux embués. On le sent sincèrement touché et il nous le montre par des gestes de remerciement et des baisers envoyés à la volée.

Dit comme ça, le concert semble parfait, mais il y a plusieurs bémols. J’ai raconté mon expérience vécue proche de la scène, mais des personnes situées bien plus loin que moi m’ont raconté ne pas avoir apprécié le concert à cause d’un son de mauvaise qualité et d’une ambiance bien trop calme.
De mon côté, j’ai passé la soirée à me dire « Mon Dieu, si le public hurle comme ça pour des chansons calmes, sans refrain et sorties il y a trois mois, qu’est-ce que ça va être sur Clint Eastwood et Feel Good Inc. ? ». Eh bien, c’étaient les deux titres plus calmes de la soirée. Quand ces deux chansons ont démarré, les gens ont tous sorti leur téléphone pour filmer et le volume sonore s’est fait moins important.

Little Simz

Difficile de passer après une tête d’affiche aussi imposante que Gorillaz. Pour autant, la rappeuse ne démérite pas. Sur scène, elle est accompagnée d’une guitare et d’un DJ Set. Au milieu, Little Simz multiplie les déplacements de gauche à droite de la scène. Elle fait le show et on la sent heureuse d’être là. Si la scénographie est plutôt simple, on notera de beaux jeux de lumière qui ont vraiment contribué à mettre en valeur le talent de l’artiste.

Côté setlist, on retrouve, comme aux Nuits de Fourvière, un parfait mélange entre tous ses albums solos, de Sometimes I Might Be Introvert au dernier, Lotus, paru en 2025, fortement représenté avec 5 chansons.

Autres artistes :

Côté artistes internationaux, ma meilleure découverte de ce premier jour reste le concert de Sudan Archives. Il est difficile de qualifier cette performance tant ce que l’on a vu ne ressemble à rien d’autre. L’artiste est seule sur scène, mais elle joue du violon sur un fond de musique électronique qui a retourné toute la tente de la Clairière. La voix est plutôt parlée que chantée, les déplacements se veulent volontairement robotiques et le look iconique. Sur beaucoup de points, elle nous rappelle des artistes inclassables comme Björk ou FKA Twigs.

Enfin, j’ai également été très impressionnée par le début du set du DJ Japonais ¥ØU$UK€ ¥UK1MAT$U. La musique anglaise était particulièrement à l’honneur dans son set up du soir, puisque l’on a notamment reconnu des morceaux comme Breathe de The Prodigy ou encore Free Yourself de The Chemical Brothers.

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