04 Juil Babyshambles embrase la Philharmonie en ouverture du festival Days Off
La Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris retient son souffle. Les lumières s’éteignent lentement, plongeant les 2 400 spectateurs dans une obscurité chargée d’attente. Treize ans. Treize longues années depuis la dernière fois que Peter Doherty et ses Babyshambles ont foulé une scène française. Ce soir, le mythe renaît.
Dès 19h30, la file d’attente s’étire le long de l’avenue Jean-Jaurès. Des fans de la première heure, vêtus de vestes en cuir usées et de t-shirts jaunis à l’effigie du groupe, côtoient une génération plus jeune, qui a découvert le groupe via les tubes intemporels comme The Delivery ou Carry Up The Morning. L’ambiance est électrique, presque solennelle. On murmure, on spécule sur la setlist, on échange des anecdotes sur les concerts légendaires du groupe.
En première partie, Getdown Services, duo disco-punk, a déjà mis le feu à la salle avec leurs riffs endiablés et leur énergie contagieuse. Mais ce n’est qu’un avant-goût. Quand les techniciens commencent à installer les microphones et les guitares de Babyshambles, un frisson parcourt la salle.
Puis les projecteurs s’allument sur une scène épurée, baignée d’une lumière dorée. Peter Doherty apparaît, silhouette longiligne, veste en velours et chapeau de travers, comme figé dans le temps. Les premiers accords de Killamangiro résonnent. La salle explose. Des cris, des sifflements, des mains qui se lèvent. Doherty sourit, visiblement ému, avant de lancer d’une voix rauque : « Paris… you’ve been waiting, huh? »
Doherty, tantôt nonchalent, tantôt électrisé, danse, s’agenouille, fait tournoyer sa guitare. Derrière lui, le groupe est soudé : la batterie frappe comme un cœur battant, les basses résonnent dans les estomacs, les guitares hurlent leur mélancolie.
Il y a ces instants qui marquent à jamais une soirée. Celui où Doherty entame You Talk, assis au bord de la scène, comme s’il jouait pour une poignée d’amis dans un pub londonien. Celui où la foule, d’une seule voix, reprend en chœur Oh, what a waste lors de Killamangiro, transformant la salle en une cathédrale du rock. Et puis, il y a les surprises : des morceaux plus rares, comme « Back from the Dead » ou « Baddie’s Boogie », qui ravissent les puristes.
Entre deux chansons, Doherty s’adresse au public avec cette élégance désinvolte qui le caractérise. « On est heureux d’être de retour… surtout dans un endroit aussi beau que celui-ci », lance-t-il en désignant la voûte de la salle, avant d’ajouter, malicieux : « Même si on est un peu rouillés, hein ? » Les rires fusent. Mais personne ne croit un instant à cette prétendue rouille. Babyshambles est là, intact, plus vibrant que jamais.
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