30 Août La Route du Rock 2026 : quand Saint-Malo vibre au rythme des Britanniques
Le soleil couchant sur les remparts de Saint-Malo, l’iode dans l’air, et une foule impatiente qui se presse devant les portes du Fort Saint-Père. Nous sommes le 13 août 2026, et la 34ème édition de la Route du Rock s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire, une fois de plus teintée d’un accent résolument britannique. Depuis plus de trois décennies, le festival malouin cultive une relation presque charnelle avec les artistes du Royaume-Uni, et cette année ne déroge pas à la règle.
Jeudi 13 août : l’ouverture en fanfare
La première soirée s’annonce déjà comme un moment magique. Dès 19h25, la scène du Fort s’illumine pour accueillir Cate Le Bon, l’artiste galloise dont la pop expérimentale et les mélodies envoûtantes ont conquis les cœurs des festivaliers. Avec son septième album, Mothers of Riches, elle embarque le public dans un univers onirique, où guitares, saxophones et synthétiseurs se mêlent pour créer une atmosphère unique. Son chant, à la fois doux et mystérieux, semble flotter au-dessus de la mer, comme une invitation à voyager bien au-delà des côtes bretonnes.

Puis vient le tour de The Divine Comedy. Neil Hannon, le maître d’œuvre de ce « one-man-band » comme il aime à le décrire, foulait la scène du Fort pour la troisième fois, trente ans après sa première venue. Avec son treizième album, Rainy Sunday Afternoon, enregistré dans le mythique studio Abbey Road, il prouve une fois de plus que la pop britannique peut être à la fois sophistiquée, littéraire et profondément émouvante. Les fans, nombreux à avoir grandi avec ses tubes, chantent en chœur chaque parole, comme pour saluer le retour d’un vieux complice.

La soirée se poursuit avec DITZ, ce quintet de Brighton qui a su s’imposer comme l’un des groupes les plus excitants de la nouvelle scène post-punk britannique. Leur énergie brute, leurs riffs abrasifs et leur prestation scénique explosive ont électrisé la foule.

Vendredi 14 août : entre héritage et avant-garde
Dry Cleaning, qui ouvre la danse pour les britanniques en cette deuxième journée, confirme sa réputation de groupe incontournable du post-punk moderne. Leur style parlé-chanté, hypnotique et décalé, captivera les festivaliers, prouvant une fois de plus que la créativité britannique ne connaît pas de limites.

Puis Mogwai prend les commandes. Les Écossais, maîtres incontestés du post-rock, déploient leurs paysages sonores monumentaux, où chaque note semble résonner avec la puissance des vagues qui se brisent contre les remparts. Leur musique, à la fois tendue et cathartique, transporte l’assistance dans un voyage émotionnel inoubliable.

Baxter Dury, avec sa voix nonchalante et son humour décalé, apporte une touche de légèreté et de singularité à cette journée. Fils du légendaire Ian Dury, il perpétue l’héritage de la pop alternative britannique avec un style qui lui est bien à lui et ses nombreux déhanchés et pas de danse imprbables. Son dernier album, Allbarone, a été accueilli avec enthousiasme par un public conquis par son charisme et son groove uniques, ainsi que les nombreux tubes intemporels qu’il a proposé durant son set.

Samedi 15 août : l’apothéose
Si pour cette dernière soirée sur le Fort on ne retrouvait que deux artistes britanniques, il s’agissait pourtant de pointures dans leurs domaines. Ulrika Spacek d’abord : les Londoniens ont délivré un set d’art-rock et de kraut-pop hypnotique. Fidèles à leur réputation de « geeks de guitares », le groupe a installé une ambiance à la fois cérébrale et cathartique sur le festival. Leur set faisait la part belle aux morceaux issus de leur album Expo, tout en distillant plusieurs classiques de leurs premiers albums (Modern Art, Suggestive Listening)

Enfin le point d’orgue de cette dernière soirée que tout le monde attendait était bien sûr le concert des irlandais de Fontaines D.C : sur le festival un t-shirt sur deux était à l’effigie du groupe qui avait permis à cette soirée du samedi d’être sold out. Sur scène, le groupe mené par Grian Chatten enchaîne ses tubes et nous fait la grâce de deux nouveaux morceaux, à retrouver sur leur prochain album Dopamine Chamber, dont la sortie le 16 octobre est annoncée quelques jours après ce concert malouin. Mais le moment suspendu du concert et même du festival c’est le feat des irlandais avec l’américain Kurt Vile, qui proposait un set de très bonne facture juste avant eux, sur la chanson Roman Holiday. Grian Chatten précisera même au public que c’est Kurt Vile lui-même qui l’aurait inspiré pour cette chanson. Un set en maîtrise totale qui montre que le groupe et son leader ont pris l’étoffe des rock stars en tête d’affiche qu’ils sont désormais, une marche supplémentaire franchie par rapport à leur passage précédent sur le festival malouin.

Encore une bien belle édition proposée par la Route du Rock, pendant laquelle plus de 35 groupes se sont succédés et qui a accueilli plus de 30 000 festivaliers. Il s’agit de la plus forte fréquentation sur le festival des douze dernières années, en particulier grâce à la journée du samedi complète portée par la l’unique date estivale française de Fontaines D.C. Un bilan très positif qui semble nous promettre une 35ème édition réjouissante. Alors d’ici à 2027, kenavo St-Malo !
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