Miles Kane passe la deuxième

Deux ans après Colour of the Trap, le phénomène Miles Kane revient avec un second album, celui de la confirmation.

 

Miles Slider

 

Voir sortir un second opus solo pour celui que nous pourrions surnommer sans difficulté “le prince de l’éphémère”, relève quasiment de l’exploit. Partout où il est passé, le talentueux Miles Kane n’a jamais eu l’occasion de connaître les joies d’un second album. The Little Frames, les Rascals ou encore le side-project The Last Shadow Puppets, ont tous un seul album à leur actif.

 

miles kane album Don't Forget Who You Are

 

Quelle surprise de constater que ce sera finalement en solo que Miles Kane exploitera au mieux ses talents pour s’exprimer en studio comme sur scène, passant ainsi à la vitesse supérieure. Avec Don’t Forget Who You Are, Miles Kane est attendu au tournant. Déjà parce qu’il s’agit d’un second album, fait nouveau chez le jeune homme, mais aussi parce que Colour of the Trap nous avait séduit au plus haut point. A l’heure où de nombreux artistes n’ont pas le brio de confirmer en solo, le liverpudlien prend tout le monde à revers en signant un superbe second album illustrant à la perfection les paradoxes de cet artiste, fer de lance de l’indie rock, capable de signer des tubes pop-rock avec une aisance déroutante, et compositeur de brio.

 

Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur les trois premières pistes de cet album, toutes tubesques à différents niveaux. “Taking Over” débute avec une électricité jouissive, avant de basculer sur un refrain très vite entêtant, ponctué par un riff dont seul le dandy des docks a le secret. Se dandiner sur du Miles Kane comme si on effectuait un voyage à travers le temps, c’est un peu le credo de cet album. “Don’t Forget Who You Are”, qui explique justement à son auditeur de ne pas oublier d’où il vient ni qui il est, “Better Than That” et son swing rock irrésistible, parachèvent cette mise en bouche parfaite.

 

 

Romantique et mélodieux, “Out of Control” est une transition en douceur comme Miles Kane les utilise avec subtilité. Les balades sont très rares chez lui, mais le sens de la mélodie est omniprésent. Plus loin, “Fire in My Heart” se chargera de nous convaincre avant de nous emmener dans un trip rock définitivement salvateur où se croisent la rythmée et non moins sexy “You’re Gonna Get It”, le tube en puissance “Give Up”, la très efficace “Darkness in Our Heart” et le garage rock de “Start of Something Big”. L’enchaînement est royal.

 

 

Domaine de prédilection de Miles Kane dans cette ultime création, le refrain. Les expérimentations rares du mélomane (“Tonight”) sont vite bousculées par l’omniprésence d’un refrain très (trop) vite entêtant. D’autres, comme celui de “Bombshells”, rappellent un croisement britpop et une lointaine influence sixties qui lui colle à la peau, laquelle laisse imaginer que Miles Kane aurait été un parfait Beatles ressuscité. Quelle meilleure comparaison pour celui qui représente la réussite d’un increvable rock britannique dans sa quintessence. “What Condition am I in”, très courte au point de ressembler à un refrain sur deux minutes, vient conforter ce que nous disions quelques lignes au-dessus.

 

Miles Kane en concert à Paris le 22 avril, le récit

 

Et comme prévu, Don’t Forget Who You Are est un album nettement plus rock et plus inspiré que Colour of the Trap. Les guitares – et notamment celle de Miles – sont plus présentes, l’enchaînement jusqu’à l’avant-dernière piste, “Caught in the Act”, le prouve. Le nerveux Miles Kane, lequel exprime avec rage ses ressentiments dans une maturité bien plus exacerbée, vient alors conclure sur “First of my Kind”, fameux morceau titre d’un EP (sorti en 2012, ndlr) qui donnait un avant-goût de ce nouvel album aux consonances rock savamment orchestrées. 14 morceaux, passés à la vitesse de l’éclair, sans pour autant susciter chez nous l’once d’un ennui ou d’une répétition. La pépite a confirmé. Qu’on se le dise, Miles Kane vient de signer l’un des albums de l’année !

 

LA NOTE : 9 / 10

Miles Kane en tournée :

– Le 20 octobre, Luxembourg, Den Atelie

– Le 28 octobre, Lille, Aéronef

– Le 29 octobre, Nantes, Stéréolux

– Le 30 octobre, Paris, Olympia

– Le 1er novembre, Lausanne, Les Docks

– Le 11 novembre, Cenon, Le Rocher De Palmer

– Le 12 novembre, Montpellier, Le Rockstore

– Le 13 novembre, Besançon, La Rodia

No Comments

Post A Comment