Review : Bleech – Humble Sky

Le trio Bleech dévoile son deuxième effort, Humble Sky, successeur de Nude, un premier album bourré de bonnes promesses.

 

Bleech en concert au Tamanoir, Gennevilliers le 23 novembre 2013

 

 

Il est de ces groupes indé dont le cercle de fans est encore très restreint outre Manche. Bleech aurait pu exploser grâce à Mondays, LE hit de leur premier opus, Nude. Mais finalement non, et ce n’est pas plus mal. Pas d’ultra-médiatisation, pas de producteurs pour donner ses conseils déguisés en consignes, pas de codes, ni de frontières. Bleech est de ces groupes qui laissent parler la passion, et Humble Sky symbolise parfaitement ce groupe.

 

Bleech-Humble-Sky (1)

 

Plus homogène, travaillé et appliqué, Humble Sky confirme bien les quelques bonnes promesses de Nude. Loin d’être une machine à tube, Bleech sait parfaitement allier l’énergie rock d’un refrain heavy comme celui de Love Is Free, aux guitares croustillantes de Not Like You, le morceau qui nous introduit dans cet opus long de 10 titres. Moins de deux ans après Nude, Humble Sky se laisse apprécier pour l’assurance que ce trio composé des sœurs O’Neill, Jennifer et Katherine, et d’un batteur (Matt Bick), a pris en cet espace de temps, renforcé par l’enchaînement de concerts où leur musique ne devait exister parfois que grâce à la passion, devant une vingtaine de spectateurs. Le groupe ne finançait alors les déplacements que grâce au merchandising et attirait quelques curieux adeptes du bouche-à-oreilles.

 

 

A l’écoute de Humble Sky, on se dit que le nombre d’intéressés devrait augmenter. Il suffit d’écouter des titres tels que Marching Song, fonctionnant sur le calme quasi psyché d’un couplet et sur un refrain diaboliquement heavy porté par des guitares déchaînées et les voix croisées des deux sœurs. Sur Here I Am, la plutôt courageuse Jen O’Neill donne dans l’envolée vocale alors que la justesse n’est pas son fort. Mais on laissera le style « variété » à d’autres, Bleech préfère faire trembler les murs avec son rock garage pêchu.  Here I Am illustre d’ailleurs assez bien l’envie qui habite le trio : parler rock décomplexé en terme de sonorités, tout en étant capable de passer de Sparks (où le refrain entêtant complète les couplets plus travaillés) à la belle ballade Grow, le piano venant étonnamment y offrir un penchant insoupçonné, quand Easy Ride rappelle gentiment le Garbage des débuts.

 

 

Humble Sky transpire le rock libéré, l’esprit de Bleech s’y reflète bien. Le groupe est anti star-system, il refuse la justesse, il veut simplement permettre l’évasion, le kiff d’une guitare ne servant pas juste à créer un hit pop. Un des premiers credo de la musique rock, aussi imparfaite soit-elle.

 

LA NOTE : 7 / 10

 

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