The Crookes : “Nos fans sont assez hardcore”

Lausanne, 18h30 environ, Sound Of Britain retrouve Daniel et Russell des Crookes autour d’une bière quelques heures avant leur concert au Bleu Lézard.

 

Bienvenue en Suisse ! Ce n’est pas la première fois que vous venez à Lausanne n’est-ce pas ?

Daniel : Non, je crois que c’est la deuxième fois. Nous avons aussi joué à Vevey qui est tout près.

Comment se passe la tournée jusqu’ici ?

Russell : Vraiment bien ! Ça fait 6 semaines qu’on est en tournée, ce qui est long, alors c’est la dernière ligne droite, nos derniers concerts…

Daniel : C’est comme si on faisait la fête pendant six semaines sans s’arrêter. On est constamment un peu bourrés et fatigués, sans temps mort pour récupérer.

Cela fait six ans que vous êtes dans le milieu n’est-ce pas ? Donc vous devez avoir plus d’expérience j’imagine ?

Daniel : Plus d’endurance.

Russell : Mais aussi en même temps nous devenons plus vieux, donc c’est comme… ton corps est moins résistant, il est moins bon à se battre contre ce genre de choses.

Remarquez-vous des différences entre les différents publics des pays dans lesquels vous jouez ?

Daniel : Eh bien, nous avons joué à Zürich hier soir et c’était un public très souriant et content. Et ils essayaient de taper des mains à toutes les chansons, même celles pendant lesquelles tu ne peux pas taper des mains !

Russell : Ouais, ils étaient très enthousiastes à Zürich, alors nous avons de grandes attentes. En Angleterre ils sont plutôt sérieux (ndlr : croise les bras en faisant une mine sérieuse).

Comment avez-vous réussi à vous adapter au fil des années en tant que groupe pour rester à la page ? On voit souvent des phénomènes de « hype » autour de groupes qui disparaissent après deux ans.

Daniel : Hum… je crois que n’avons pas essayé de nous adapter de manière consciente, nous faisons juste la musique que nous voulons faire en espérant que ça marche. Je pense aussi que nos fans y sont pour quelque chose, ils sont assez hardcore…

Russell : Ouais, ce n’est pas une énorme fanbase, mais ils sont très sérieux, ils vont acheter tous les albums. Ils sont aussi très loyaux, ils reviendront à tous les concerts. Ils ne sont pas des fans intéressés juste à cause de la mode. Ils sont vraiment dévoués.

Aussi, je suppose que votre écriture a évolué depuis, comment partagez-vous des idées lorsque vous voulez écrire une nouvelle chanson ?

Russell : Hum… Je ne sais pas vraiment, elles vont toutes commencer différemment. Pour certaines chansons de cet album, Daniel écrivait l’intégralité des paroles, et nous construisions la chanson autour. Je prendrais un beat de batterie qui sonne un peu différemment et je dirais « voilà, j’ai cette idée », donc elles commencent toutes à des endroits différents à partir desquels nous les complèterions tous ensemble.

Était-ce facile d’enregistrer Soapbox ?

Russell : Non, ce n’est jamais facile ! C’est toujours l’enjeu quand on fait partie d’un groupe, des semaines et des semaines de folie et de stress. Nous l’avons enregistré en Italie dans une église au milieu des montagnes, c’était un endroit très joli, mais c’était aussi un challenge parce qu’il n’y avait pas de studio ou de magasin de musique tout près. On devait s’adapter avec ces conditions.

Et quelles sont selon vous les principales différences entre Soapbox et vos précédents opus ?

Daniel : Soapbox est plus dur, plus acharné. Comme quand tu travailles dur sur quelque chose pendant longtemps, cela s’en ressent. Mais je pense que c’est aussi plus joli.

Pourrions-nous aussi parler de votre titre Play Dumb ? Quelle est l’histoire derrière la chanson ?

Daniel : L’histoire, c’est un magazine en Angleterre appelé le NME qui a publié un compte-rendu de l’un de nos concerts au festival de Leeds. Il y avait entre 6000 et 8000 personnes qui nous regardaient, et ils ont raconté dans leur article qu’il n’y avait que 200 ou 300 personnes sur place. Ils ont menti et cela m’a vraiment énervé. Ils sont vraiment champions lorsqu’il s’agit de nous rabaisser. J’ai décidé d’écrire une chanson en réponse à cela. Nous ne correspondons pas au climat populaire mais nous n’en avons rien à faire, nous faisons juste notre truc en construisant une fanbase underground, plutôt que d’essayer de nous projeter dans un magazine.

 

 

Oui, peut-être qu’il est parfois préférable de rester focalisé sur ce que l’on fait en oubliant le reste.

Russell : Oui absolument, je pense que c’est la chose la plus importante, si tu essaies de suivre des tendances ou ce qui est populaire sur le moment, tu vas de toute manière recevoir des critiques. Donc tu as meilleur temps faire ce que tu veux, et si les gens aiment tant mieux, et sinon eh bien tu continues à faire ce que tu fais.

Comment voyez-vous l’avenir du groupe ?

Daniel : Oh eh bien je pense que nous allons continuer à faire ce que nous faisons, et peut-être dans quelques années devenir des stars mondiales, quelques concerts sold-out dans quelques stades… (rires)

Et qu’allez-vous faire une fois que la tournée est finie ?

Daniel : Je vais dormir ! Pendant une semaine environ !

Russell : Je vais aller dans mon lit !

Daniel : Dormir pendant une semaine…

Russell : Dormir dans mon lit, ça serait agréable. (rires)

Prêts pour ce soir ? Vous allez nous en mettre plein la vue ?

Russell : Ouais ! Clair ! Notre but est d’en mettre plein la vue tous les soirs donc ce soir ne sera pas une exception !

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