Ben Howard tout en douceur au Bataclan 


Sage et bien accroché à sa guitare, le chanteur a délivré un live sans fausse note lundi 1° décembre face à une salle du Bataclan subjuguée mais calme. 

Bravant le calme et la tempête, ils étaient nombreux ceux qui venaient redécouvrir le bien-aimé Ben Howard. Le chanteur avait dans son escarcelle Jack Garratt. Le grand barbu fêtait sa dernière prestation de première partie en forme de révélation. A la gratte, à sa façon de dribbler sur la boîte à rythme ou de toucher le clavier, le chanteur anglais est dans tous les excès et sans en jouer. Quand les projecteurs se rallument, il ne peut cacher son étonnement « Je ne pensais pas que vous seriez autant ». Phrase qui amusa la salle totalement conquise qui tentait une acclamation pour “le bleu “ même si elle s’impatientait un brin.

Jack Garratt

Et c’est un brin en retard que le jeune blond décoiffé vient fouler la scène. Pas seul, et bien accompagné, le chanteur fait un bonjour musical en forme de coucher de soleil orangé et blanc pendant « Conrad » et « In Dreams ». Etait-ce un rêve ou un cauchemar ces ombres qui l’entourent soudainement? Ces spectres bienveillants qui se dévoilent brusquement se révèlent être de solides musiciens presque indissociables du chanteur. C’est ensemble qu’ils se lancent dans la folle croisade du live.

Ben Howard

Dans « Small Things », le sacré chanteur fait résonner sa musique non sacrée mais toujours folk sous un éclairage semblable aux vitraux. Gros engouement d’un public face à l’idole. Ah ! Elle est si loin l’image du chanteur solitaire à la guitare!  Le nouveau Ben Howard n’est pas forcément plus rock mais nettement plus branché, son côté électrique est même à son paroxysme face à son double micro à effet téléphone ou  se rapproche des claviers. Pourtant quand commence “Rivers In Your Mouth”, c’est bien à la guitare qu’il revient pour donner le rythme et la cadence. Dans un clair- obscur très calme, c’est la silhouette du musicien frêle qui s’adonne au combat sur la scène, bataille terriblement libre avec son jeu si particulier de la guitare.

Ben Howard en concert au Bataclan, Paris, le 1er décembre 2014

Touchant l’instrument comme un violoncelle, le guitariste, toujours aussi persuasif, devient alors beaucoup plus swinguant dans « She Treats Me Well » même si le chanteur se tourne souvent vers son groupe. Dos à la foule, le musicien étincelle toujours devant la foule chérie un peu nostalgique de ses débuts. Est-il télépathe?D’un revers de manche de guitare, l’énergie  s’ apaise soudain pour un retour à l’acoustique admirée dans “End of the Affair”. Une chanson qui fait voir la vie en rose au public mais “l’âme de l’orchestre hybride” reste toujours droit dans ses bottes. « Oats in the Water » arrive enfin dans les oreilles et fait mouche instantanément quitte à chasser un lourd effet son et lumière. Dans la vieille chanson blues, les couples se serrent et certains vacillent, quart d’heure britannique face à un musicien qui a posé ses dernières armes : sa voix mi-éraillée mi-angélique qui a fait son succès. Le voilà le jeune premier à ses débuts et que tout le monde attendait.

Ben Howard en concert au Bataclan, Paris, le 1er décembre 2014

Une admiratrice ose alors « we love you » et dans sa cool attitude exacerbée, « nous aussi on vous aime ». Dans le même esprit positif, il entame une « Happy song » qui amène au bord de la plage. « The Fear » de son premier album sonne alors comme un heureux retour en arrière avec une folle rythmique des épaules. Encore une démonstration de  son énorme talent vocal et d’un début de bonne ambiance… Mais voilà qu’un affreux noir stoppe prématurément tout ce faste ! Ah! oui! Il faisait finalement bien le boulot. Dans un retour express, le musicien pousse sa chanson phare « Everything » dans un soulagement général et populaire. Le chanteur à la guitare ose parfois même la baisser et laisser le public fredonner à sa place. Toujours sur la réserve mais d’un flegme rayonnant, il apparaît enfin naturel sans rais de lumière, applaudi par foule réveillée. Il met un point d’honneur à entamer un voyage musical lointain, limite exotique, là où tout est tranquillité et simplicité. Un peu comme ce show au final! 

No Comments

Post A Comment