James – Girl At The End Of The World

Survivant de la scène de Manchester des années 80, James a su conserver sa créativité et prendre des risques en modernisant son identité, au travers de son nouvel album Girl At The End Of The World.

Né il y a près de 35 ans, James fait parti de ces rares groupes britanniques qui ont su traverser les modes et décennies tout en gardant leurs inspirations et influences. Si cette formation peut vous paraître inconnue à la simple évocation de son nom, il est fort à parier que vous ayez déjà remué la tête sur l’un de ses nombreux hymnes fédérateurs. Histoire de vous remémorer de bons vieux souvenirs, citons quelques uns de leurs tubes Sit Down, Destiny Calling, Sometimes… Depuis son apparition en 1982 au sein de la fertile scène musicale de Manchester qui a également produit, au cours de ces monumentales années post-punk, des groupes du calibre de Joy Division, New Order, The Smiths et The Fall ; James n’a cessé d’être productif au travers d’une carrière jalonnée de 14 albums et de 13 millions de disques vendus.

2016 marque le retour de la troupe menée par son chanteur Tim Booth et c’est dans les régions reculées des Highlands d’Écosse, que la genèse de leur dernier opus, intitulé Girl At The End Of The World, a eu lieue. Isolée, déconnectée et retranchée dans la salle à manger d’un relais de poste isolé du 18ème siècle pour l’anecdote, la joyeuse bande a laissé libre cours à son imagination pour enchainer des sessions de jams interminables durant 3 semaines, précurseurs des morceaux à venir.

C’est avec Bitch, que débute justement ce nouvel disque, et son riff de basse lourd et puissant rappelant ceux orchestrés par Peter Hooks, rapidement rejoint par un long solo du claviériste Mark Hunter. Guitares et trompettes sont également de sortie sur ce qui pourrait être une excellente ouverture à leurs futurs concerts. Vient ensuite le premier single To My Surprise, léger et sautillant aux premiers abords mais qui devient rapidement entêtant et franchement efficace. Ce morceau, chanté avec un humour dédaigneux, traite du fondamentalisme privé et est mis en valeur par un clip d’animation provocateur.

 

 

Adeptes à mixer les styles et à parsemer quelques touches expérimentales, les musiciens ont toujours manier avec dextérité les instruments traditionnels : Nothing But Love en est la preuve, avec son intro à la mandoline qui nous renvoie vers les grandes heures des anglais. Après cette introduction organique dans le pur style du combo, le rythme s’accélère. Attention commence sous un faux air calme pour se muer en un rapide déluge de synthétiseurs marquant l’empreinte de Max Dingel. L’influence du producteur allemand, qui a déjà officié aux consoles avec The Killers et White Lies, n’est pas étrangère à cette évolution musicale depuis leur précédent effort La Petite Mort. Leur univers musical devient, ici, plus synthétique à dominante dansante et ceci avec une mise en avant des claviers de Mark Hunter, également contributeur de ces nouvelles pistes.

Une illustration de cette nouvelle sonorité est la ballade électro Dear John, véritable revival des années 80 rappelant Pet Shop Boys ou Depeche Mode. Feet of Clay, autre titre calme avec sa guitare pleurante et ses légères sonorités country, incarne une réminiscence musicale du passé des anglais.

Après le calme vient la tempête. Celle-ci prend forme avec Surfers’s Song, un véritable tsunami qui prendra toute sa dimension en live et transformera les salles de concerts en énormes dancefloors. Catapult est dans la même lignée avec l’utilisation d’une boite à rythme, le chanteur se justifia d’ailleurs à ce sujet en expliquant que « si beaucoup de morceaux semblent plutôt rapides, c’est à cause du rude climat écossais. On travaillait avec une boîte à rythme et on la réglait consciemment sur des tempos rapides pour qu’ils nous inspirent des grooves dansant et pour nous obliger à bouger, parce qu’au dehors, la température était de moins cinq degrés. »

Comme une boucle parcourue, la fin de l’album revient vers un terrain artistique balisé par nos artistes et comme ultime sursaut, Move Down South nous retourne des images de réfugiés cheminant à travers le sud de la Californie, terre d’adoption de Tim Booth.

Girl At The End Of The World marque la volonté d’un groupe à innover après plusieurs décennies d’existence. Si le virage électro-dance déjà amorcé peut surprendre les nostalgiques dans un premier temps ; au fil des écoutes, cette modernité est finalement au service de compositions rondement menées, ce qui enthousiasmera les plus novateurs. A l’instar de leurs compatriotes de New Order avec Music Complete, James s’essaie à explorer de nouveaux horizons pleins de vitalité et d’audace sans toutefois oublier son héritage musical.

Tracklisting :

Bitch

To My Surprise

Nothing But Love

Attention

Dear John

Feet of Clay

Surfer’s Song

Catapult

Move Down South

Alvin

Waking

Girl At The End Of The World

LA NOTE : 7/10

1 Comment
  • Li-An
    Posted at 10:42h, 17 mars Répondre

    Si j’ai bien compris le message du clip “ne faites pas la guerre, droguez-vous”. Très belle réalisation mais dommage que le “message” soit gnangnan.

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