Lonely the Brave – Things Will Matter

Révélés en 2014 avec leur album The Day’s War, le quintet britannique Lonely the Brave est de retour en 2016 avec un nouvel opus, Things Will Matter. Après écoute, une question reste en suspens: consécration ou agaçante redite pour ce deuxième chapitre dans l’histoire de la formation?

Pour un groupe citant comme influence des mastodontes comme Pearl Jam et Deftones et étant souvent comparé à Biffy Clyro, le début de Things Will Matter a de quoi dérouter, de la plus agréable des manières: ainsi, de façon assez surprenante, ce nouvel album s’ouvre avec Wait in the Car, délicate balade ménageant avec finesse sa mélodie pour mieux laisser se poser la voix de David Jakes, chanteur de la formation. Ouverture de bon augure? Cette impression s’efface très vite: ainsi, la finesse de ce morceau laisse place à un rock de stade, caractérisé par d’amples rythmiques et une guitare saturée jusqu’à la moelle. La guitare lead ressort suffisamment pour distiller des riffs ambiants et dynamiques, mais le tout se retrouve vite recouvert par un mixage très brut et loin d’être optimal, mêlant les sonorités de la basse et de la guitare rythmique ensemble.

lonely the brave

Ainsi, les chansons se suivent et se ressemblent malheureusement très vite : de Black Mire à Rattlesnakes en passant par Radar ou Boxes, on retrouve toujours cette lourde guitare rythmique avec une basse écrasante et écrasée et une batterie assurant efficacement, sans folie, la tenue des morceaux. Aucun titre ne frappe particulièrement l’oreille, bien que les introductions de chansons comme What If You Fall In, Diamonds Days et son très agréable effet de delay ou encore Tank War se révèlent plus aérées, pour mieux laisser le morceau exploser par la suite, Lonely the Brave affectionnant particulièrement les montées en puissance. Le titre de clôture, Jaws Of Hell, se révèle lui aussi rafraîchissant, avec une guitare très post-rock apportant un souffle épique et lui permettant ainsi de se démarquer du lot.

Quant à la voix de David Jakes, elle se retrouve elle étouffée au milieu de ce déluges de riffs plus ou moins subtils, ne se révélant ni désagréable ni particulièrement marquante. Étonnement, le timbre du frontman se rapproche de celui de Jake Snider, chanteur de Minus the Bear; la comparaison entre les deux groupes s’arrêtant cependant là, la musique du quintet britannique n’effleurant malheureusement pas la finesse math-rock et l’exploration des sonorités privilégiées par la formation américaine, leur single Cold Company en tête.

Débordant de contradictions, fresque des opposés, ce nouvel album de Lonely the Brave se retrouve finalement dans la moyenne : ni très intéressant ni franchement mauvais, ni vraiment marquant ni trop facilement oubliable. Certes répétitif, on peut tout de même convenir qu’il serait dommage de bouder son plaisir face à cet opus: les défauts évoqués sont bien là, à portée d’oreille, mais l’album se révèle plaisant à l’écoute et relativement efficace. Mais dans un paysage musical actuel débordant de sonorités folles et de créativité explosive, un tel album ne peut laisser une trace. Pour un deuxième effort, la recette peut lasser, et dans le futur, innovation et subtil mélange des influences devront être les maîtres mots du quintet s’ils souhaitent encore capter l’attention du public.

http://lonelythebrave.com/home/

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