The Orb – COW / Chill Out, World !

The Orb, un projet porté par le producteur Thomas Fehlmann et son compère Alex Paterson, revient avec un treizième album. De l’ambiant house en veux-tu, en voilà, la formation propose ici un long concentré de sons qui laissent souvent insensibles, fautes d’inventivité et de prises de risques. 

orb

COW / Chill Out, World ! est en soi, un parti pris intéressant. Quand on y pense, ce titre d’album est en lui-même, une petite prise de risque : “mais qu’est-ce que c’est que ça ?”. Peu accrocheur, il n’est pas aidé par sa pochette, à la couleur uniforme. Pourtant, la curiosité à fait son chemin et l’écoute de cet album aussi. Puisqu’il en a fallu du temps, pour cerner les sonorités que The Orb nous proposent ici. L’électro de ce genre est forcément difficile d’accès, il ne s’écoute pas partout, on ne l’écoute pas tout le temps, il s’appréhende et s’apprivoise (parfois), il peut aussi provoquer une sensation de redondance, de longueur insupportable. COW / Chill Out, World ! demeure de loin l’album le plus expérimental du groupe. Ce dernier a laissé carte blanche aux inspirations typiques qui urgent à 3 heures du matin, pour pondre dix morceaux cousus sur un même fil rouge.

En définitive, COW / Chill Out, World ! est la bande-originale parfaite d’un Gregg Araki, ou encore d’un David Fincher, voire d’un Terrence Malick au mieux de sa forme. En tant qu’album, le principe adopté est d’une cohérence si folle qu’elle peut sembler schizophrène, puisque (très) répétitive. On se passera de commenter les titres des morceaux (qui nous font forcément penser au dernier né de Bon Iver, 22, A Million), l’album puise aussi bien dans l’ambiant électronique que dans l’ambiant naturel.

Electronique puisqu’il est difficile de ne pas trouver dans Wireless MK2, Siren 33 (Orphee Mirror) et Just Because I Really Really Luv Ya un soupçon du projet Long Ambient 1 : Calm. Sleep du grand Moby. Naturel, puisqu’il est évident que cet album est fait maison. Il se veut proche de ce qui nous entoure, il se veut véritable et surtout humain. On pense alors au cris d’animal non identifié dans la nocturne 4am Exhale (Chill Out World). Surgit une boîte à rythme puis des piaillements d’oiseaux avec 5th Dimensions. La contemplation sonore est ici à son comble. Une sensation reposante caresse nos tympans ; Sex (Panoramic Sex Heal) parait moins étrange que les précédents morceaux. COW / Chill Out, World ! propose un dernier instant suspendu dans le temps, The 10 Sultans of Rudyard (Moo Moo Mix), où un accord de piano vient déranger les oiseaux. Ces animaux, toujours présents, seront finalement les seules “paroles” que l’ont entendra au fil de cette heure d’écoute…

… qui peut paraître si longue. Subjectivement, COW/Chill Out, World ! n’est pas facile et est malheureusement peu mémorable. Son idée, pourtant en toute cohérence, laisse au final une sensation d’inachevé. Les dix morceaux tirent la contemplation à son paroxysme, ce qui ne peut que rendre l’oeuvre sincère mais ennuyante. Les fans du genre peut-être, pourront y trouver ce qu’ils recherchent. Nous, on attend un peu plus de The Orb, qu’il nous transporte, qu’il nous transmette un peu plus.

Tracklisting : 

First (Consider The Lillies)

Wireless MK2

Siren 33 (Orphee Mirror)

4am Exhale (Chill Out World!)

5th Dimensions

Sex (Panoramic Sex Heal)

7 Oaks

Just Because I Really Really Luv Ya

9 Elms Over River Eno (Channel 9)

The 10 Sultans of Rudyard (Moo Moo Mix)

Nos morceaux favoris :  First (Consider The Lillies), 5th Dimensions, Sex (Panoramic Sex Heal)…

La note : 5/10

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