Douglas Dare – Aforger

Le talentueux Douglas Dare dévoile son nouvel album, Aforger, un concentré noir et intimiste, qui peut laisser de marbre malgré ses honnêtes tentatives émotionnelles. 

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Le monde est sombre pour Douglas Dare. Aforger, qui alterne sonorités caverneuses et silences pendant 45 minutes, s’appréhende difficilement. Pourtant, quand on s’y investit, on y découvre quelques jolis passages, où la voix de son chanteur raisonne, d’une puissance inouïe. La première partie de l’album est plutôt prometteuse. Doublethink, ouverture majestueuse, fait la paire avec Greenhouse, le meilleur de l’ensemble. Les sonorités, parfois minimalistes, se résument en légers tambourinements, violons, samples et voix, tous accordés au même désir pictural : celui d’un paysage profond et torturé. Passé le single Oh Father et son écho de piano mémorable, le langoureux New York fait sonner les trompettes, pour finir dans une puissance orchestrale impressionnante.

Vient malheureusement l’ennui avec l’interminable The Edge, qui n’enterre pas le grand moment que nous accorde Binary. Le morceau est doté de variations intéressantes et offre un très beau final contemplatif. Dans Stranger, on ressent comme un air de l’artiste français Woodkid. Plaintifs, les instruments semblent déambuler furtivement. Le plus “radiophonique” de Aforger, on le doit à Venus ; cela est dû à son début timide à la Agnes Obel mais son refrain entêtant au possible. L’album se clôt avec l’ovni semi-électro Thinking of Him, qui ferait presque de l’ombre à la déstructurée Rex. 

Douglas Dare est dans son élément. Aforger semble correspondre tout à fait à son art. En soi, un album d’auteur, qui profite d’un songwriting très personnel et de sonorités dénuées de fioritures. Un atout, puisqu’on peut y revenir, par curiosité, par envie de découvrir d’avantage l’oeuvre et son auteur. Un inconvénient, puisqu’on peut aussi s’y ennuyer ferme, notamment dans la deuxième moitié, moins “ouverte”. Un album intéressant néanmoins, témoin d’un artiste qu’il faudrait -tout de même- suivre d’un oeil.

Tracklisting

Doublethink

Greenhouse

Oh Father

New York

The Edge

Binary

Stranger

Venus

Thinking of Him

Rex

Nos morceaux préférés : Doublethink, Greenhouse, New York, Binary…

La note : 7/10

L’artiste sera en concert le 08 Novembre à Londres.

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