Thought Forms – Songs About Drowning

Pochette psychédélique, sonorités caverneuses et trip total. Thought Forms revient avec un nouvel effort, doucement intitulée Songs About Drowning. En proposant un son propre à leur image, c’est-à-dire torturé, le groupe effleure Sonic Youth et la façade rock d’Archive. Plongée en eaux troubles…

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Sans réelle introduction, l’oeuvre nous ouvre grand ses portants avec Forget My Name, morceau qui annoncera les couleurs dominantes. Les guitares paraissent dissonantes, elles grésillent de rage, tandis que la basse ronronne un chemin qui lui est sainement tracé. Immersion totale. La formation rock se promène tranquillement, portées par deux voix. La première, féminine, raisonne en adéquation totale avec son compagnon. Ils s’évaporent alors dans une variation mélodique remarquable. L’idée de départ se répète avec Woolf Music, où les guitares mêlent riffs colossaux et d’autres plus en retenus. Les deux voix nous remémorent une image forte : celle des meilleurs moment d’Archive. On reconnaîtrait presque un semblant d’inspiration, qui pourtant disparaît aussitôt, pour enfin réapparaître. The Bridge débute comme un System Of A Down reposé et en paix avec lui-même. Un peu de Placebo peut-être ? Le morceau explose avec son refrain dévastateur.

Le calme après la tempête, ce n’est qu’une ouverture au meilleur moment de Songs About Drowning. C’est ici, réellement, que l’on plonge avec Thought Forms. Aeaea aurait pu être un excellent Mogwai, sauf que cette fois-ci, le groupe peut jubiler d’un son qu’il lui appartient. Le piano, très lyrique, qui donne aussi la part belle aux interrogations de l’improvisation, suit son court et garde fièrement le volant du navire. Le tout est magnifiquement bien porté, la mélodie fonctionne totalement, si bien qu’on ne peut qu’être déçus de cette (maudite) fin en fondu…

Marécages 

 

A partir de là, nous entrons en zone “interdite” et dangereuse. Voire hostile… Simples mots, qui ne qualifient nullement la qualité de la seconde partie de Songs About Drowning. Inland est en parfaite continuité avec ses prédécésseurs. Les vocalises nous rappellent le talent d’Elena Siegman, avec une puissance certaine en plus : celle de posséder l’instrumentation. On joue ici avec la production globale de l’album, très en deça des blockbusters musicaux actuels, mais pour autant, un master plus que maîtrisé. Les instruments sont souvent enfouis par leur propres sons, ce qui donne, manifestement, un aspect brumeux, favorisant forcément le baptême. Missouri nous inonde de sa vague immense, qui grandit, encore et encore, pour finalement s’écraser sur les roches de By The Stars. Moment plutôt calme, éthéré, comme une pause respiratoire, une prise réelle (et bienvenue) d’oxygène. Le champ lexical (donc ici, musical) prétendu depuis le début de l’oeuvre ne se réinvente pas, ce qui n’est pas un tord, puisqu’un parti pris se doit d’être tenu. Jolie ballade qu’est Drawn, où jets psychédéliques surgissent de l’eau. La vapeur se répand dans la seconde partie du morceau, jusqu’à disparaître en écho et ne laisser que le jeu d’une guitare, seule.

Place à la solitude. Le final se permet une vision plus globale de l’ensemble, plus en surplomb. The Lake est langoureuse, destituée de toutes malédictions. Sûrement le morceau le plus simple et apaisé de Songs About Drowning. Mais on se surprend soudain à taper du pied… Le tempo semble alors s’accélérer, s’emporter, s’envoler. La voix s’affirme, les instruments se vocifèrent d’avantage. Comme si l’eau reprenait le contrôle, comme si une crue noyait le sujet. Ne paniquons pas, ce n’était qu’une illusion, la lumière prend le dessus, le soleil se lève…

Tracklisting 

Forget My Name

Woolf Music

The Bridge

Aeaea

Inland

Missouri

By The Stars

Drawn

The Lake

Nos morceaux favoris :  Aeaea, Woolf Music, The Lake, Inland, Missouri, The Bridge…

La note : 9/10

 

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