Funeral Suits – Island Apart

Nouvelle détonation tout droit venue des contrées de Dublin. Funeral Suits propose avec Island Apart un concentré riche en sonorités, qui peut naturellement engendrer une sensation de surplus. Un album pirate qui arbore différentes mers synthétiques. 

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Rentrons dans le vif du sujet aussi vite que Funeral Suits. Avec son nouvel effort Island Apart, la quatuor lance son tout nouveau moteur favoris : l’électronique. “Kinda miss the sick guitar they had…” déclare un fan des premières heures. Island Apart est malgré tout parfaitement habillé d’une pop sucrée lorgnant ciels bleus et tropiques ardents. L’album débute avec Kicks, qui avec le recul, porte bien son nom. Crescendo oblige, cette introduction se fait désirer jusqu’à poser l’ancre qui restera, avouons-le, au même endroit et ceci tout du long. De Chariot à The Pounding of Hearts, les instruments ne sont que robots déambulants, manigancés par un son sur-produit qui enterrent définitivement l’acoustique. L’idée digérée, reste à se laisser porter…Ou pas ?

Au loin, on jure apercevoir multitudes de paysages et d’îles (déjà) explorées. Avec Chariot, on s’imaginerait bien poser le pied sur le sable chaud de Passion Pit. Sur l’énorme Slow Motion, on se perd presque sur les galets d’M83. Malgré tout, une jolie crique se présente à nous. Crowded Out fait figure de semi-final, en se donnant l’air d’une ballade. C’est l’explosion qui, finalement, nous remet sur le droit chemin d’Island Apart. Le synthé solitaire introduit son épilogue : Breathlessly Waiting. Cette fois-ci, curieusement, le synthétique laisse place à son bon vieux frère. Le véritable piano fait irruption, bouclant la même brochette de notes. Le background est suffisamment bien posé pour laisser à la voix (ni incroyable, ni passable) le temps de s’accorder son moment de gloire en envolées lyriques. L’album tombe alors dans une crevasse qu’il peine à quitter. On se crispe également à la vue de refrains convenus et passe-partout. Toutefois, Temple inaugure un agréable sursaut. Les instruments acteurs du morceau se dévoilent au fur-et-à-mesure. On respire davantage, on désir, aussi, davantage. Outre le refrain qui, une nouvelle fois, souffre d’un manque de renouvellement, il est vrai que… Oh Tiens, une guitare ? On se surprend à découvrir ce qui, auparavant, demeurait comme enfoui sous un tsunami sonore.

Pas le temps de se reposer, Funeral Suits enchaîne avec Tree of Life. Welcome to the party“. Effectivement, difficile de s’imaginer autre part qu’en soirée, écrasé et le ventre noué par les basses. Ici, force est de constater que les oreilles fatiguent. On veut bien accepter l’idée de départ, mais la créativité de ce tiers laisse furieusement à désirer. Suffisait-il de demander ? Free Fields nous accorde enfin le moment de contemplation que nous espérions. Un nouveau départ dans lequel Funeral Suits semble avoir muri, tant la mélodie de Tangle subjugue. Main dans la main avec The Pounding of Hearts, serait-ce un hommage à Cliff Martinez ? Les irlandais savent réfléchir leur son. Le morceau ne se déploie que dans sa dernière minute, laissant un étrange sentiment d’inachevé (l’album n’est pas parfait) et d’accompli (le morceau en tant que tel, est réussi).

Island Apart est en soit le meilleur ami aphrodisiaque de l’électro-pop. En dépit des guitares, délaissées sur le port, le groupe s’est emparé tête levée dans un navire qui vogue, qui vogue, mais qui vacille parfois. Faute du courant, beaucoup trop dense et risqué. Faute également au peu de destinations empruntées bien que disponibles sur la carte, donnant le goût amer et salé de la redondance. La chasse au trésor continue pour Funeral Suits…

Tracklisting

Kicks 

Chariot

The Way Back

Slow Motion

Crowded Out

Breathlessly Waiting

Temple

Tree of Life

Free Fields

Tangle

The Pounding of Hearts

Nos morceaux favoris : Kick, Chariot, Breathlessly Waiting, Tangle, Free Fields…

La note : 7/10

 

Vous aussi faites-vous votre propre avis, écoutez l’album Island Apart de Funeral Suits.

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