U2 fait le job sans convaincre à l’Accor Hotels Arena

Le mythique groupe irlandais était de retour à Paris pour 4 Bercy. Tous complets. Mais U2 n’a pas convaincu. Voire même déçu.

U2 est à Paris. Samedi, on se baladait dans le quartier de Bercy et on voyait tous les tee-shirts du groupe déambuler autour de l’Accor Hotels Arena. Les plus téméraires ont attendu 3 jours (oui oui) devant la salle pour pouvoir être au plus près de Bono et The Edge.

Pourtant, en moins de 3 ans, U2 c’est 8 Bercy et 2 Stade de France, complets. D’abord 4 Bercy en 2015, avec une mise en scène grandiose et des concerts tristement marqués par les attentats du Bataclan. L’an dernier, c’était la sublime tournée The Joshua Tree. Cette fois ci, Bono veut présenter Songs of Experience à ses fans. On se rend donc à l’Accor Hotels Arena pour voir comment U2 va encore réussir à nous surprendre. En réalité, il n’en sera rien.

Pas de première partie, et show à 20h. La SEULE star ce soir c’est U2. En arrivant dans la salle, surprise, c’est exactement la même mise en scène qu’il y 3 ans ici même. C’était certes brillant, mais un changement n’aurait pas été de trop. Malins, tous les gradins sont ouverts, un virage aura donc le droit d’admirer le groupe 80% du temps de dos. Surtout quand les places sont un tel prix, ça parait un peu limite. Il fallait 216€ pour être en catégorie 1 pour ces 4 soirs à Bercy. 84€ pour la fosse. A ce prix là, on s’attend quand même à voir du nouveau.

Malheureusement, on en est bien loin. Après que It’s a Beautiful World de notre ami Noel Gallagher ait retentit, les écrans s’allument, la lumière s’éteint et tout Bercy se lève. Pendant 5 mins, des images de ruines des différentes villes d’Europe pendant et après la Seconde Guerre Mondiale. Et de grands slogans, pacifistes et fraternels. On connaît (trop?) bien l’engagement du groupe et il le démontre une nouvelle fois ce soir. Mais, il faut l’avouer, c’est beau.

Le groupe finit par arriver dans l’énorme écran qui traverse la salle. On découvre les visages des quatres membres dans l’euphorie générale et les riffs acérés de The Edge. Entrée en fanfare pour un concert attendu.

Il y a quelques jours, Bono souffrait d’une extinction de voix en plein concert à Berlin. Tout le monde attend donc de voir ce qu’il en est. Le son n’est pas parfait, très fort, plutôt brouillon, la voix de Bono est plutôt cachée. Tout le monde est debout, ravi, le sourire aux lèvres. Je suis visiblement le seul à être sceptique. I Will Follow est le premier joli moment du live. The Edge, toujours discret, fait le boulot parfaitement. Bono lui, salue Paris, ville qu’il affectionne particulièrement.

On retrouvera finalement énormément de similitudes avec le show d’il y a 3 ans, les projections sur les écrans sont quasiment les mêmes. On a d’ailleurs le droit à la même (superbe) version de Sunday Bloody Sunday.

Bono, comme à son habitude parle beaucoup. Pour dire, que c’est dur de fonder une famille quand on est une “rock’n’roll star”, que U2 est le plus grand groupe sur terre. D’abord, cet air assez hautain, presque agaçant. Plusieurs fois, Bono parle pendant les morceaux, comme pour se préserver. Sur un Vertigo trop plat, on a le droit à une outro version Plastic Bertrand, Ca plane pour moi. On voit la sécurité s’affoler dans la fosse, en effet, il faut frayer un passage à The Edge qui doit rejoindre une plateforme plus loin. Une grande allée de plusieurs mètres de large est tracée, en plein concert dans la fosse.

Ce sera la même chose après 13 ferme le set de 2h. Pour Bono, cette fois, qui entouré par 2 gardes du corps, quitte l’Accor Hotels Arena par la fosse, avec un simple “Bonne soirée” en guise d’au revoir. On a presque l’impression que U2 veut se donner l’image du groupe accessible mais qu’ils ne sont pas prêts à en assumer les conséquences. Dommage.

On retiendra évidemment des beaux moments, car U2 reste un monument du rock, et les voir en live est un privilège. One, New Year’s Day, Pride (In The Name of Love) autant de chefs d’oeuvre brillamment interprétés.

Cependant, on repart avec un sentiment désagréable. On assiste à un show réchauffé, excessivement cher et avec un Bono qui joue sa diva.

Peut être qu’une pause ferait du bien à U2 qui a énormément produit ses dernières années. Afin de retrouver de la qualité, de la joie et du plaisir, et de ne pas passer dans ce qu’ils critiquent depuis toujours. Cependant, il faut être honnête et donner du crédit à Bono et ses amis. Les 20 000 personnes présentes ce soir ont adoré le show, sauter et danser. Et ils repartent tous avec le sourire et en reparlant de ce concert “génial”. A ce titre, U2 fait son travail et est donc, presque, inattaquable.

 

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