The Lathums

The Lathums – How Beautiful Life Can Be

« Si tu veux mettre une pièce sur un groupe taillé pour écrire la prochaine décennie, mise tout de suite sur The Lathums. » C’est ainsi et sans détour qu’on vous incitait à foncer sur les chouchous de notre liste des Ones To Watch en 2020. Les quatre lads d’une petite vingtaine de piges n’ont pas arrêté de nous charmer l’oreille, single après single, tant la maturité de leur son, la justesse de leurs mélodies, et leur côté DIY étaient prometteurs.
Leur premier album très (très) attendu paru hier, How Beautiful Life Can Be, est une exquise confirmation de leur talent.

Douze titres dont seulement quatre sont inédits : sur le papier, on avait très peur d’être déçus. Le titre éponyme nous avait d’ailleurs un poil moins convaincus (le très lisse How Beautiful Can Be, à l’instar de I’ll Get By et Oh My Love qui font un peu « BO gentillette de Tarzan en live motion »). Mais dès la première chanson, Circle Of Faith, on comprend que le tampon Lathums a bel et bien été apposé sur cet album. Peut-être parce que c’est un titre écrit à leurs débuts qui renoue avec le jeu jangle-pop des guitares de second plan, que l’on aimait tant chez le quartet, et astucieusement emprunté à Johnny Marr (The Smiths). 

Périls et figures de style

L’exercice périlleux du choix de l’opener d’un album est donc très réussi, tout autant que l’est celui du titre final : The Redemption Of Sonic Beauty est une masterpiece qui pourrait tenir l’album a lui tout seul.
Comme d’hab‘, on est impressionnés par la prestation vocale d’Alex Moore, dont la prestance est incontestablement la force de premier plan du jeune groupe. Les r roulés, à la Wiganaise, ne font que complimenter la poésie du titre ; avec ses « rrrricochet », on croirait entendre le caillou bondir sur l’eau – le groupe maitrise parfaitement ses figures de style…
Sur ce dernier titre, le tapis de piano mélancolique et brillant vous prend le long de la colonne vertébrale, vous rappelant peut-être cette fois où vous vous êtes surpris à frissonner, la larme au coin de l’oeil, sur le Sign Of The Times d’un Harry Styles que vous ne soupçonniez pas pouvoir vous atteindre…
Inutile de souligner aussi l’efficacité de la « gently weeping » guitare de Scott Conception. Entre tensions et détentes chorales, la recette est maitrisée de bout en bout. Et cela jusqu’au petit bout de vocalise qui vient ponctuer la chanson et l’album, mimique à peine dissimulée du « you-ou-ou » d’un autre puissant morceau de piano, Imagine de John Lennon. Sorte d’écho à l’incontournable premier single du groupe, The Great Escape ? (« John Lennon shouldn’t have died »). 

Une réécriture bienvenue

Immanquable également, la réécriture surprenemment agréable offerte par le remastering des singles phares du groupe. Fight On, The Great Escape, I Know That Much et Artificial Screens ont droit à leur coup de polish en studio de mixage. Des sonorités plus rondes, plus profondes, plus abouties que l’on doit notamment au travail d’orfèvre de James Skelly (The Coral) en studio. Si l’on entend indéniablement les Smiths (Artifical Screens, I Know That Much), les Libertines (I Won’t Lie) et même Blossoms (Circles Of Faith) ici ou là dans le son des Lathums, la patte de Skelly / The Coral est palpable de bout en bout (particulièrement sur I’ll Never Forget The Time I Spent With You). 


Relégué à l’avant-dernière place de la tracklist, Artificial Screens – un all-times-favourite, reçoit même une sorte d’extended outro, dévoilant ainsi un secret bien gardé des quelques privilégiés qui avaient pu voir le groupe en live pré-covid : celui de l’envolée très ‘Oasis’, très ‘Stone Roses’ des guitares d’Alex et Scott sur les deux dernières minutes de l’enregistrement. 

Dire que l’on est agréablement surpris par ce premier album des Lathums relèverait de l’euphémisme. On est tout bonnement conquis. Encore une fois, c’est la maturité de leur son, l’agilité de leurs compositions, et l’harmonie de leurs instruments virtuoses, voix comprise, qui charment nos oreilles. “Augmentations, syncopations, good vibrations : music to my ears.” The Redemption of Sonic Beauty

TRACKLIST :

Circles Of Faith
I’ll Get By
Fight On
How Beautiful Life Can Be
The Great Escape
I Won’t Lie
I See Your Ghost
Oh My Love
I’ll Will Never Forget The Time I Spent With You
I Know That Much
Artificial Screens
The Redemption Of Sonic Beauty

La note de la rédactrice : 9,5/10

Ses morceaux favoris : I Know That Much, Artificial Screens, The Redemption Of Sonic Beauty

Les autres notes :
Fabien : 6/10. Un bon album mais rien à en tirer.

Augustin : 6/10. Des ballades teintées de folks qui sont loin de révolutionner le genre.

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