Le MaMA Festival résonne de nouveau

Après une édition annulée en 2020, le festival parisien reprenait vie cette semaine avec 3 jours de concerts et de fête en plein cœur de Paris.

C’était attendu et c’est arrivé. La fête a fait son grand retour à Paris. Depuis quelques semaines les concerts et évènements ont repris sur l’ensemble du territoire, le MaMA Festival était l’occasion parfaite pour fêter ce retour après presque 2 ans de galère pour l’industrie de la musique et du spectacle. Autant vous dire que les sourires étaient radieux dès mercredi à l’ouverture du festival.

Crédits : Cindy Lecat

Avec une programmation très (très) largement française, le MaMA a dû s’organiser un petit peu différemment. Un bracelet supplémentaire était délivré sur présentation du pass sanitaire pour avoir accès aux 7 salles qui accueillaient des concerts. Mais cela est complétement anecdotique face à la joie de retrouver ces salles ouvertes !

Avec un programme un petit peu allégé, cette édition nous a permis d’en profiter plus sereinement.

On commence donc notre périple mercredi en fin de journée avec un tout petit programme. L’occasion de découvrir par exemple Sopico, un artiste original qui mélange habilement rap et pop avec un groupe complet sur scène. Sans être exceptionnel, il propose une prestation intéressante et qui a le mérite de mettre en avant des qualités qu’on ne voit que trop rarement dans des groupes de musique urbaine. On retient par exemple le riff très crasseux sur Slide qui rend très bien en live. On vous conseille d’ailleurs d’aller voir le clip complètement fou du morceau !

On enchaîne à la Boule Noire avec Le Noiseur, un projet qui fait parler depuis quelques mois. Et on a un peu de mal à comprendre pourquoi quand on découvre ce concert. Une prestation qui ne retiendra pas vraiment notre attention pour être honnête. Trop lisse, on a du mal à vraiment rentrer dans l’univers du jeune artiste français, doué, il faut l’avoue d’une très jolie plume.

Pas d’énorme coup de cœur donc pour ce mercredi léger mais la suite nous réserve de belles surprises. En effet, dès le lendemain, on assiste à plusieurs jolis projets.

D’abord avec Lulu Van Trapp. Le groupe de rock français démarre à La Machine avec une énergie communicatrice et une esthétique très 70’s qui parle au public présent. Et au-delà de l’énergie, le groupe se débrouille vraiment bien. On passe un très bon moment devant des morceaux tous aussi barrés les uns que les autres avant que la chanteuse ne finisse en bain de foule pour clôturer un très joli concert.

On passe ensuite voir Mr Giscard, un projet au nom très intrigant. Et la surprise est de taille. Agréable à l’écoute, on se demande quand même si c’est bien du second degré… Les paroles sont évocatrices, parfois provocantes et les morceaux bien produits. On retiendra quand même cette punchline qui résume bien ce jeune d’origine guyanaise : « Je te remercie pour ce Pho. Mais je ne t’aime que pour de faux.« 

On finira notre soirée avec ce qui est probablement la claque du weekend : Souleance. Un groupe complètement instrumental mais qui arrive à nous tenir en haleine pendant 45 minutes. Des morceaux qui frôlent les 10 minutes. Un rythme fou. Tout est parfait et le public le voit bien. Mêlant remix de vieux morceaux à de l’électro très léché, le mélange est osé mais parfaitement réalisé. Un set qu’on a très envie de revoir en festival un peu plus tard dans la soirée.

Et pour finir le MaMA en beauté, la journée de vendredi nous a offert de jolies surprises et deux britanniques (enfin !) sur les scènes parisiennes.

On démarre avec Blumi, jeune artiste franco-britannique à la carrière variée. Parfois journaliste, choriste pour Bon Iver, la voilà sur scène en solo au Théâtre de Dix Heures. Un show intimiste, réconfortant et sublimement apaisant. Elle dévoile une pop léchée, lorgnant vers le folk. Sa voix nous emporte et elle arrive à proposer un set varié dans une salle comble. Un très joli moment, suspendu, qui ouvre cette journée avec beaucoup de légèreté.

On poursuit notre soirée à La Cigale avec Lucie Antunes. Et on y assiste à la deuxième claque du festival. La française nous éblouit avec un set parfaitement rôdé, la scénographie est travaillée, le groupe est entouré de nombreux néons qui bougent en rythme avec une musique électronique mêlant minimal et rock puncheur. Les voix sont lumineuses, la pluralité des instruments magnifiquement orchestrée. Un set splendide qui ravit un public là aussi nombreux.

Crédits : Noémie Coissac

Et pour clôturer cette jolie fin de semaine, on termine avec une vraie promesse en provenance de Glasgow du nom de Chlobocop. Naviguant entre r’n’b et hip-hop sur des instrus trap, le petit phénomène d’outre Manche fait preuve de beaucoup d’originalité. Loin de nos goûts habituels, il faut lui reconnaître une certaine maîtrise et une vraie prise de risque qu’on lui souhaite payante.

Finalement, en 3 jours, on aura vu un beau panel de jeunes artistes sous les lumières étincelantes de Pigalle. Le retour du MaMA était attendu et il n’a pas déçu. En espérant que festival majeur ouvre la porte à tous les autres l’été prochain. Profitons de ce beau retour musical pour profiter de ces moments rares ! See you next year, MaMA !

Crédit photo de couverture : Béranger Tillard

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