Muse impose sa loi à Bercy

Après le lancement de la tournée The 2nd Law à Montpellier, Muse s’est arrêté à Paris.

 

Muse à Bercy

 

Muse, l’éternel débat. D’une part, les puristes amateurs de bon rock qui ne trouvent plus dans Muse la quintessence jouissive des débuts qui faisaient du trio britannique un incontournable de la scène rock. De l’autre, les New Born, cette nouvelle vague de fans qui se régénère à chaque album depuis Black Holes and Revelations. De retour sur les terres parisiennes qui ont révélé le groupe à son destin, Muse aurait presque donné raison à ses détracteurs lors d’un concert qui ressemblait plus à un tour de chauffe qu’à une démonstration. Bref, vivement l’été et le retour de la mégalomanie made in Bellamy.

 

La pyramide colorée de Muse pour sa nouvelle tournée

 

Après avoir convié The Joy Formidable en première partie – groupe qui en studio apparaît sympa mais qui n’a su faire ici que du bruit – Muse s’est invité sur la scène du POPB devant un public acquis à leur cause et pourtant moins fou que celui qui arpentait les travées du vieillissant Bercy lors du Resistance Tour. Après une ouverture sobre et appréciable autour d’Unsustainable et Supremacy, le groupe a réservé un mini-show à ses fans nouveaux-nés. Il a fallu attendre le dixième morceau, soit Falling Down, pour voir Muse enfin rouvrir les portes de son glorieux passé. La déception, elle, reste. Parce que si Falling Down est une belle chanson de studio, elle n’a guère le brio rock des Deadstar et autre Muscle Museum, fortement attendues du côté de Bercy. Mais non, préférer le clin d’œil qui concerne une minorité, s’enfermer dans le lyrisme et en oublier la grandiloquence d’un show au bord de plonger dans l’ennui. Fort heureusement, la recette magique, Matthew Bellamy et ses compères savent la transcender lorsque les vieux tubes du groupe font réagir la salle, qui, enfin se décide à chanter, danser, sauter. Bref, de la sueur, c’est tout ce qu’on demandait. Time is Running Out réveille l’audience, Liquid State est l’agréable surprise servie sur un plateau d’argent par Chris, bassiste jusqu’ici trop discret.

 

Chris Wolstenholme du grpupe Muse

 

Et à Matthew Bellamy d’attirer pourtant toutes les attentions sur sa personne. Le frontman du groupe va dévoiler sa nouvelle facette. Peu communicatif, le chanteur se décide à laisser de côté la guitare pour gambader autour de la scène micro à la main. Sur Undisclosed Desires, il s’offre même un bain de foule avant d’aller narguer la caméra avec sensualité. Oui, c’est ça le nouveau Matthew Bellamy.

 

Muse

 

Alors attention, ceci n’est pas un cri de guerre dans la masse informe se satisfaisant d’une telle prestation – qui coûte tout de même la bagatelle de 67€ pour les moins fortunés. The Place To Be, c’était donc Montpellier. Et quelle terrible déception, n’en déplaise à nos amis montpelliérains qui ont pu savourer 23 titres, dont les irremplaçables Hysteria et New Born, absentes du set parisien, plus court d’un titre. Mais pourquoi Matt, pourquoi faire cet affront à un public parisien qui suit et supporte le groupe depuis une belle, très belle décennie ?

 

Muse

 

On ne va pas se le cacher, Muse réserve le clou de son spectacle cet été. Cette tournée automnale est une sorte d’entraînement où Muse joue de ses artifices avec sûreté, sans laisser de place à la folie, manquant de rythme là où le groupe était attendu. Résultat, l’enchaînement Plug in Baby / Stockholm Syndrome restera le moment-clé de la soirée, celui qui transporta une fosse dans le délire si typique d’un concert musesque où riffs de guitare répondent à un public joueur et connaisseur. Reste deux rappels de qualité, où après avoir disparu sous la fameuse pyramide au regard omniscient qui avale notre société paralysée par ses problèmes (crise financière savamment attaquée sur Animals par exemple), Muse sert deux hymnes à la révolte, Uprising et Knights of Cydonia. Un second rappel, constituait par le hit Starlight et l’impressionnante – en live – Survival, vient ponctuer un show irrégulier. Le groupe disparaît après des riffs explosifs derrière un énorme nuage de fumée, ultime artifice dans une soirée où finalement, le groupe n’aura pas brillé par sa mégalomanie.

 

Muse et sa pyramide sur Animals

 

Setlist :

 

The 2nd Law: Unsustainable 


Supremacy 


Map of the Problematique 


Supermassive Black Hole 


Resistance 


Panic Station 


Animals 


Monty Jam 
(Drum and Bass Jam)

Explorers 


Falling Down 
(Piano version)

Host (première partie)

Time Is Running Out 


Liquid State 


Madness 


Follow Me 


Undisclosed Desires 


Plug In Baby 


Stockholm Syndrome 


 

Encore

The 2nd Law: Isolated System 


Uprising 


Knights of Cydonia (Man with a Harmonica intro)

 

Encore 2

Starlight 


Survival

 

Vidéos : 

 

 

 

Concerts Muse
Attente billetterie
Muse à Werchter - 30 juin 2019
Disponible
Muse à Zurich - 3 juillet 2019
 
Muse à Paris - 5 juillet 2019
 
Muse à Paris - 6 juillet 2019
 
Muse à Marseille - 9 juillet 2019
 
Muse à Bordeaux - 16 juillet 2019
3 Comments
  • Amelie Hysteria
    Posted at 18:26h, 23 octobre Répondre

    Pas tout à fait d’accord…S’il manquait Hysteria ou New Born, le public était là et comblé par la superbe prestation du groupe. ENFIN, Matthew s’est lâché et on voyait à quel point il était à l’aise sur la scène parisienne. Une belle setlist avec, il est vrai, quelques oublis majeurs mais un final explosif!

    • Chris
      Posted at 23:32h, 23 octobre Répondre

      Et le public était composé par de nombreux New Born justement. Beaucoup d’anciens ont quitté le navire. Ca n’enlève pas la qualité primaire du concert, mais on était en droit d’attendre mieux de Muse.

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