Review : Django Django – Born Under Saturn

Fanfare magique? Révélation live? Groupe lunaire? Django Django n’est plus un groupe à présenter. Mais le virage du 2° album est en douceur et surtout rempli d’ailleurs. 


La pochette est sobre mais le nom bien le même! Django Django avait fait des vagues dans des créations plus excentriques mais Born Under Saturn au visuel plus classique montre définitivement qu’il veut tourner la page. Une rupture mais avec une vision antique, un bon retour aux fondamentaux,une approche très différente avec  ce nouvel album !

Et c’est l’énorme titre Giant qui débute l’opus, un titre qui lui va comme un gant car tout est trop grand chez Django Django : trop d’harmonie, trop d’instruments, trop de personnes mais c’est tout ce côté grandiloquent qui fait son charme. Exactement comme ce morceau. Un titre si gros… peut-être pour palier l’absence du quatuor des studios. Etonnant pour ce groupe qui aime prendre son temps pour installer une certaine ambiance. Mais le surplus d’énergie sonne comme LE bon tube des festivals à pleins tubes et chorégraphies chaloupées. Danser sur ces arrangements de Carpenter gaffeur ne permet pas de voir les 5 minutes passer! Une prouesse qui finit en petites messes basses qui savent atomiser mais magnifier le rythme. Si tout l’album est identique voilà un  bon présage!

Mais la machine à vapeur ou à riffs s’emballe sur Shake and Tremble dans rock rockabilly fou. Est-il bien raisonnable d’avoir peur ?  Le refrain est toujours dans la même tonalité mais le jeu tellement théâtral et rock qu’il est difficile d’imaginer en live les 4 de Dalston planqués derrière leurs claviers comme avant. Les futurs princes scéniques sont toujours les rois des mélodies avec decrescendos acrobatiques, et retombent toujours  sur leurs pattes. L’orchestration est folle à la mini Queen et guitares déjà adoptées par Steppenwolf mais avec plus d’humour, le côté martial bon pour une BO de Tarantino qui s’achève  dans un bain de poudre rose d’une Color Run. Et la surprise? Elle prend son temps et répond au nom de Found you. Le rythme est disco, mais la volonté plus pop et épurée. Mais qu’ont-ils donc trouvé? Leur style? Dans un abus insensé de claviers semblables à des orgues, l’atmosphère d’église devient subitement le petit monde de Disney mais un monde enchanté mené par le clown de Ça.  Une file indienne magique où le féérique n’est jamais loin du maléfique.

L’arrivée sur une autre planète est bien annoncée. Elle prend effet dans First Light, proche des débuts d’Hot Chip mais à la voix haut perchée avec toujours un sens de la mélodie dansante. Un organe si aigu que les envahisseurs venus d’ailleurs ne sont pas loin dans un gros pont cosmique.

Et les cieux sont clairement changeants dans Pause Repeat, à la boite à rythme surexcitée, presque electro qui par un jeu musical devient hymne disco. L’énergie retombe subitement comme une ballon de baudruche, il faut bien se reposer un peu! Dans le même état d’esprit, Reflections bien électro se révèle être un puissant morceau de power pop que n’aurait pas boudé Passion pit. Il ne manquait qu’un saxophone fou pour rajouter du swing si désiré et vibrer.

Vibrations est un puissant mix de petits cris de grenouille sous MDA par des Beach Boys qui auraient grandi dans The Great Escape. La vision est plus opaque et le son bien dur dans Shot Down avec l’esprit toujours à la fête et un pont à la Daft Punk au temps de Discovery dans la conquête de l’espace. Et dans la recherche des étoiles, High Moon en est la célébration sauvage, spirituelle avec le regard sur la lune fluorescente qu’elle traduit aux claviers dans une belle béguine électronique.

La traversée touche à sa fin et cela s’entend dans Beginnin to Fade que le public avait déjà goûté en avant-première au Disquaire Day. Un esprit rock progressif un peu épique renaît chaque fois dans le refrain. Pour la fête, il faut attendre 4000 years et ce mélange de rythmes africains et guitares rockabilly/metal. S’il y a des éclats, c’est dans Break the glass qui explore tous les genres et sait passer du chaud au froid dans ses mélodies mystiques et orientales, que Le retour au bercail est proche. Ce rythme punk ska donne un coup final à cette fête païenne énergique.

Tracklisting :

Giant

Shake and Tremble

Found You

First You

Pause Repeat

Reflections

Vibrations

Shot Down

High Moon

Beginning to Fade

4000 Years

Break the Glass

Like We Know 



DISPONIBLE dès le 4 mai 2015



NOTE : 9 / 10

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