Minor Victories – Minor Victories

Sous le nom de Minor Victories, se cache un nouveau supergroupe de la scène rock anglaise. Cet ambitieux projet est la réunion de Justin Lockey le guitariste d’Editors, son frère James Lockey de Hand Held Cine Club, Rachel Goswell de Slowide et Stuart Braithwaite de Mogwai. Sur le papier et à l’écoute des premiers morceaux dévoilés et encensés par la presse, c’est avec une certaine impatience que nous découvrons leur premier album éponyme. Victoires mineures pour un groupe majeur ? Voici notre verdict…

Constitué de 10 plages, cet album éponyme s’ouvre avec Give Up The Ghost et cette introduction marque immédiatement les esprits avec une batterie mécanique et puissante, rattrapée par des guitares saturées. Le contraste opéré avec le chant subtil de Rachel Goswell fonctionne à merveille. L’ambiance quelque peu malsaine, rappelle le son de leurs confrères de The Kills. Une première réussite avant le 1er single A Hundred Ropes, qui vient asseoir cette entrée en matière avec des claviers rappelant la new-wave du dernier Editors et ses cordes qui ne lâcheront quasiment plus l’auditeur.

Vient ensuite Breaking My Light, subtile ballade cependant trop léchée avec son style prévisible ; pour rompre l’élan des deux premiers titres. Heureusement que Scattered Ashes (Song for Richard) avec sa rythmique lourde et sa mélodie sonnant comme le meilleur de Suede, vient redresser le cap. Dans ce déluge de sons, le délicat Folk Arp calme les ardeurs et le chant de Rachel sublime l’arrangement de cordes. Cette rupture aérienne permet d’entamer la deuxième partie de l’album.

 

 

Et ce que l’on peut vous dire, l’énergie est bel et bien présente dans Cogs, morceau plein de rage. Ici les guitares se font nerveuses à souhaits, la batterie est martelée et le chant est impeccable. For You Always surprend aux premiers abords avec l’apparition de Mark Kozelek, l’ex-leader des Red House Painters, venant accompagner les vocaux de l’anglaise. Malgré cette surprise, ce titre a du mal à se trouver sa place dans l’homogénéité de l’album, certainement du fait des arrangements plus discrets. Sans doute, cette collaboration aurait plutôt mérité sa place en tant qu’extra.

Les arrangements feutrés et la montée toute en puissanse de Out to Sea font oublier cette légère bévue et nous transportent vers un univers féérique et délicat, proche de celui des islandais Sigur Ros. L’ambiance ouatée et brumeuse générée est la dernière parenthèse aérienne avant la conclusion d’un album réussi. The Thief, long de plus de 7 minutes, débute sur des accords réminiscents The Cure avant de reprendre de l’altitude vers les sommets de la new-wave. Et c’est sur quelques notes de pianos que débute l’atmosphérique Higher Hopes et son final dévastateur. A l’image de cette ultime composition, les espoirs hautement placés en ce supergroupe, se révèlent justes.

Loin de tout tapage médiatique, Minor Victories a frappé très fort. Au travers de ce mix de talents, se révèle un très bel album aux diverses influences et aux compositions travaillées. Le contraste entre la voix éthérée, la lourde rythmique, et la nervosité du jeu de guitares entretient ce juste équilibre, souvent difficile à trouver pour des sides-projects. Incontestablement, Minor Victories semble avoir gagné sa première bataille qui pourrait bien être finalement une victoire majeure pour 2016.

 

Tracklisting :

Give up the Ghost

A Hundred Ropes

Breaking My Light

Scattered Ashes (Song for Richard)

Folk Arp

Cogs

For You Always

Out to Sea

The Thief

Higher Hopes

Nos morceaux favoris : Give up the Ghost, A Hundred Ropes, Scattered Ashes (Song for Richard), Folk Arp

LA NOTE : 8/10

Concerts Editors
 
Editors à Paris - 30 janvier 2020
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