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The Kooks – Let’s Go Sunshine

Quatre ans après la remarquable profession de foi «Listen», The Kooks convoque l’énergie la plus revitalisante de la britpop, tout en manquant, malgré tout, l’arrêt du renouvellement…

Il n’est jamais loin, l’acte de décès d’un groupe. Souvent, après un énième disque à succès (qu’il soit bon, ou mauvais), puis une tournée best-of prodigieuse, n’importe quelle formation peut atteindre le point de non retour, fatidique. C’est ce qu’il s’est passé, pour The Kooks. Condamnés, pour certains, à la – tant redoutée –  trappe de l’oubli, depuis le passage dans la “cour des grands”. Pour nous, rien est pour autant perdu. 

La bande à Luke Pritchard n’a jamais vraiment cessée de mener la barre aux bastions intrépides du rock britannique. Reste qu’avec «Let’s Go Sunshine», probablement leur album le plus romantique, le plus lumineux aussi, les Kooks glorifient leur panel artistique de morceaux aussi bien produits les uns que les autres que teintés… d’innocence ?

Au-delà de toute maturité d’écriture, le groupe s’engage ainsi dans une contrée bienveillante, où les thèmes de l’espoir, de l’amour et de la fraternité sont rois. Sans coups de soleil. Privilégiant cette fois-ci les accords mineurs et arrangements terre-à-terre, plutôt que les paysages vallonnés du précédent opus, le groupe simplifie, assainie sa recette. Résultat, on retrouve bien ici la pâte The Kooks, élégiaque et masterisée dans un moule shakesperien atypique.

Le disque offre ses plus beaux moments par intermittence et fait l’effet d’un manège à montagnes russes. Des réjouissances “All The Time”, “Fractured and Dazed”, “Four Leaf Clover”, “Initials for Gainsbourg” et “Picture Frame” – où l’orchestre se taille une part de lion – on retrouve quelques faiblesses, où péripéties peu mémorables (“Chicken Bone”, l’étrangement produit “Tesco Disco”, où les voix se noient, puis le décomplexé qui fait flop “Pamela”). «Let’s Go Sunshine» scintille réellement en pleine ballade, dans le diptyque final “Weight of the World” et “No Pressure”. Ce dernier morceau pourrait même faire date dans les prochaines setlists du groupe…

Teinte sépia pour ce retour des Kooks, donc, qui déterre des mélodies old-school plus british que jamais ; mais qui sait, encore et toujours, en modeler son art. Si ce cinquième opus permet aux gars de Brighton de continuer à rassembler sans paraître démodés, alors longue vie !


Tracklisting

1. Intro
2. Kids
3. All The Time
4. Believe
5. Fractured and Dazed
6. Chicken Bone
7. Four Leaf Clover
8. Tesco Disco
9. Honey Bee
10. Initials For Gainsbourg
11. Pamela
12. Picture Frame
13. Swing Low
14. Weight of the World
15. No Pressure

Nos + : All The Time, No Pressure, Fractured and Dazed, Picture Frame, Weight of The World…

La note : 7/10

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