coral island

The Coral – Coral Island

Si la vie outre-Manche semble avoir plus ou moins repris son cours depuis quelques semaines, les ambiances de déconfinement peuvent parfois se faire douces amères… Et comme The Coral nous avaient régalé de Lockdown Sessions quand le monde s’est arrêté l’an passé, il paraît somme toute logique qu’ils reviennent pour conter la suite en nous invitant sur leur Coral Island le temps d’un double album.

Célébration des jours meilleurs à venir ou complainte nostalgique? Coral Island, c’est un peut tout cela à la fois mais c’est surtout grandiose!

L’idée de l’album-concept est un animal rare de nos jours. Même si l’on pourrait notamment citer le Tranquility Base Hotel + Casino des souverains Arctic Monkeys, on ne peut nier que la chose était davantage courante à la fin des années 60 et au début des années 70 (on pense bien sûr au Rise and Fall of Ziggy Stardust and The Spiders From Mars du grand Bowie ou encore le Quadrophenia des Who, parmi beaucoup d’autres). The Coral s’attaquent pourtant bel et bien à ce format singulier avec Coral Island qui fleure bon le Village Green Preservation Society de leurs compatriotes de The Kinks…

Le fameux concept ici est donc celui d’une escapade dans une bourgade côtière semblable à Blackpool où les attractions foraines et autres jeux d’arcades sont omniprésents. Les 24 compositions qui constituent ce Coral Island invitent l’auditeur à se perdre à travers l’amusement de ces divertissements insouciants dont émane néanmoins un climat mélancolique et brumeux (on ne peut s’empêcher de songer au Merrie Land de The Good, The Bad & The Queen qui aborde des thématiques non éloignées de celles-ci). A noter que les morceaux sont entrecoupés de courts poèmes récités par l’aïeul des frères Skelly qui nous entraîne dans des volutes romantiques et chimériques.

I feel like a fly before it hits the window screen

Comme à leur habitude, The Coral signent un effort luxuriant et impeccable de minutie sur lequel les mélodies font mouche. Le voyage débute dans une atmosphère lumineuse et kaléidoscopique incarnée par des morceaux efficaces sur lesquels des riffs de basse espiègles dansent avec un clavier entêtant comme sur l’infaillible Vacancy, Lover Undiscovered, Mist On The River ou Autumn Has Come. Welcome to Coral Island, chansons de l’innocence.

They spеak of magic in a world that can’t be seen

La deuxième partie des aventures évoque, quant à elle, un environnement spectral, un brin lugubre et psychédélique inaugurée par The Ghost of Coral Island. Les décors chaleureux de la première face ont laissé place à la désolation marquée par une guitare piquante et un orgue apocalyptique non sans rappeler celui de Ray Manzarek sur Golden Age, Faceless Angel ou encore Land of The Lost (aux accents très Gorillaz). Enfin, les compositions se font bouleversantes de beauté et nostalgiques au possible (dans le plus pur esprit Kinks, encore eux): Strange Illusions, Old Photographs ou The Calico Girl. Chansons de l’expérience et certitude que la disparition précède toujours la renaissance.

Coral Island invoque l’esprit des étés passés, présents et futurs tout en s’inscrivant assez brillamment dans la belle et grande tradition des albums-concepts. Une réussite totale.

Tracklist:

  • Welcome To Coral Island
  • Lover Undiscovered
  • Change Your Mind
  • Mist On The River
  • Pavilions Of The Mind
  • Vacancy
  • My Best Friend
  • Arcade Hallucinations
  • The Game She Plays
  • Autumn Has Come
  • The End Of The Pier
  • The Ghost Of Coral Island
  • Golden Age
  • Faceless Angel
  • The Great Lafayette
  • Strange Illusions
  • Take Me Back To The Summertime
  • Telepathic Waltz
  • Old Photographs
  • Watch You Disappear
  • Late Night At The Border
  • Land of The Lost
  • The Calico Girl
  • The Last Entertainer

LA NOTE DE LA REDACTRICE: 10/10

Les autres notes :
Augustin : 4.5/10. Certains bons titres qui font fortement penser aux Kinks, malheureusement beaucoup trop répétitif et surtout interminable !
Cécile : 6/10. Le concept-album était plus que bienvenu dans la discographique de The Coral, mais manque un peu de relief…
Fabien : 4/10. Comme une impression lassante de déjà vu à de trop nombreuses reprises, et des interludes peu appréciées.

No Comments

Post A Comment