Interview – Alfie Templeman : A pleine vitesse vers le premier album

Les chansons d’Alfie Templeman égayent nos journées depuis plus de deux ans maintenant, mais c’est pour la sortie de son mini-album solaire, “Forever Isn’t Long Enough” que l’on a eu l’occasion de poser mille et une questions à l’artiste.

C’est donc par Zoom que l’on a retrouvé le musicien britannique, en direct depuis sa chambre (la promotion 2.0 en temps de covid), pour discuter pendant une petite demi-heure de la sortie de son mini-album, de ses projets toujours plus nombreux pour 2021 et 2022 (avec du teasing !) et de son processus créatif.

Sound of Britain : Tout d’abord, félicitations pour la sortie de  Forever Isn’t Long Enough, il est vraiment chouette ! Petite curiosité d’ailleurs, pourquoi l’avoir nommé un mini-album et non un EP ?

Alfie Templeman : En fait, l’enregistrement est trop long pour être un EP, et je ne voulais pas vraiment, tout de suite, en faire un vrai album, parce que c’est une étape importante et impressionnante. C’est “le premier album“, quoi !

J’ai commencé à l’écrire pendant le premier confinement, et la période n’était pas adaptée à la sortie d’un projet aussi gros. En plus, les paroles se rapportent plutôt au passé, à mon passé. Pour mon premier vrai album complet, j’aimerais pouvoir chanter à propos de ce qui se passe dans ma vie, au moment présent.

Et puis, dans ce mini-album, les chansons sont plus cohérentes les unes entre les autres. Les EP étaient plus des collections de chansons qui partaient dans différentes directions musicales.

Il paraît que tu as plus de 500 démos sur ton ordinateur. Comment se passe le tri, le choix des chansons, comment sais-tu qu’une chanson est prête à aller sur ton prochain disque ?

A.T. : Habituellement, j’ai une assez bonne intuition pour sentir quand une chanson est terminée. Je passe beaucoup de temps à travailler dessus, et à un moment, en ajoutant de nouvelles choses, je me dis « Non, mais c’est inutile, en fait, il est terminé ce morceau ». Mes parents m’aident pas mal aussi, en me donnant leur avis sur ce qui marche et ce qui marche moins bien. Mon label aussi. Grâce à tout ça, je décide quand le morceau est terminé. Et c’est généralement le même jour que je l’ai commencé, ce qui est encore mieux !

C’est intéressant que tu ailles demander l’avis de tes parents ; pourquoi aller vers eux spontanément ?

A.T. Je n’avais pas vraiment le choix (rires) ! Cette année, avec tout le temps que j’ai passé enfermé chez moi, ils étaient mes premiers interlocuteurs pour avoir un retour honnête sur mes créations. C’est aussi cool d’avoir des retours des deux côtés : l’avis de mon label et l’avis de mes parents, voir s’ils sont d’accord ou pas sur les détails à améliorer.

Sur « Forever Isn’t Long Enough », certaines chansons ont 3 ou 4 ans. Qu’est-ce qui t’a motivé à les ressortir et les retravailler ?

A.T. Quand j’ai commencé à travailler sur ce mini-album, j’avais pas mal de nouvelles chansons avec cette vibe pop des années 80 que je voulais donner au disque. Puis à un moment, j’ai commencé à revenir un peu en arrière, à réécouter mes anciennes créations lorsque j’avais 14 ou 15 ans. Et là, j’ai retrouvé Everybody’s Gonna Love Somebody que j’avais écrite en 2017, que j’aimais beaucoup et qui rentrait bien dans l’ambiance que je recherchais. C’est comme ça que l’album s’est construit : en retravaillant certaines chansons plus anciennes qui se sont jointes aux nouvelles. Il y a d’autres idées de la même période que j’aimerais reprendre, mais je n’ai pas eu le temps et ce disque restait un mini-album.

Récemment, tu as pu travailler avec d’autres artistes comme Tom McFarland de Jungle ou le groupe Circa Waves. Comment les collaborations sont-elles arrivées et qu’en as-tu retiré ?

A.T. Toutes ces opportunités sont arrivées un peu de la même façon : on admirait chacun le travail de l’autre et on s’est rencontré en studio. Par exemple avec Circa Waves, Kieran (le chanteur, ndlr) m’a envoyé quelques démos et m’a demandé si je pouvais y ajouter des idées. Au fur et à mesure qu’on avançait, on s’est demandé qui devait sortir la chanson et sous quel nom : “Circa Waves” ou “Alfie Templeman”. Lemonade est née comme ça ! Je travaille en ce moment sur plein d’autres projets avec eux, j’espère que l’on pourra les sortir bientôt !

Avec Justin, de The Vaccines, il était sur le même label que moi pour son projet perso (Jay Jay Pistolet sur Chess Club Records). Je les connaissais, parce que j’étais fan du groupe, mais je suppose que c’est comme ça qu’il a entendu parler de moi.

On a commencé à suivre ton travail en 2019, avec Stop (Thinking About Me). Les deux années précédentes se sont déroulées sur un rythme complètement fou pour toi. Comment ressens-tu cette progression très rapide ?

A.T. Une partie de cette rapidité vient du fait que je ne veux pas me poser et faire ce bilan rétrospectif, un peu vertigineux. C’est vraiment très plaisant de pouvoir sortir les musiques les unes après les autres, avoir de plus en plus de monde qui les écoutent et voir leurs réactions positives. C’est aussi pour ça que j’aime sortir autant de nouvelles chansons, j’adore voir comment les gens réagissent aux nouveaux sons.

Vous n’avez pas pu beaucoup jouer en live à cause du covid et vous avez pourtant de gros projets de concerts en 2021. La progression n’est-elle pas assez surprenante vu le contexte actuel ?

A.T. On a fait quelques concerts en 2019, c’était vraiment cool. On avait plein de choses prévues pour la suite. Et puis tout s’est arrêté en 2020. On a tellement grandi entre temps, qu’on passe directement des petits concerts aux grandes scènes. C’est assez rare en ce moment, je dois être un des seuls à qui c’est arrivé. Normalement ça prend du temps de construire un tel soutien du public, et là avec internet tout s’est accéléré. On va jouer sur une scène principale à Reading & Leeds, on a une tournée américaine de prévue… Enfin, on y arrive, et c’est super excitant !

Et un passage par l’Europe et la France est-il prévu pour bientôt ?

A.T. On veut vraiment venir en France, ça serait incroyable de jouer pour de vrai ici et de rencontrer les gens qui nous soutiennent en France. Peut-être pour la fin de 2021 au 2022.

On a hâte de vous retrouver à Paris en tout cas ! Et après la tournée, du coup, quelle est la suite prévue ? C’est le premier album ?

A.T. Oui ! Il est plutôt bien avancé, d’ailleurs. Ca va nous permettre une organisation plutôt souple cette année : je vais avancer dessus encore un peu les prochaines semaines, ajouter quelques détails cet été, entre deux festivals, le finir juste avant de partir en tournée et puis le sortir en revenant. Et puis dormir pendant très longtemps (rires).

La fin de 2021 et 2022 s’annoncent donc très denses. L’album va sûrement sortir au moment des festivals en 2022, donc on repartira en tournée. De toute façon, j’en ai un peu marre de rester assis dans ma chambre, donc ce programme me va très bien !

On est curieux à propos de ce fameux premier album ! Dans quelle direction musicale va-t-il aller ?

A.T. Il va être complètement différent ! Il va sonner comme aucune de mes autres chansons. Je suis un peu nerveux à ce sujet, mais aussi très excité d’aller encore une fois dans une autre direction. Je pense que les gens ont compris que j’aimais tester différentes choses à chaque fois que je sors un enregistrement. Les chansons auront une production des années 70, il y aura aussi du R’n’B. J’avais déjà testé ça avant, mais là c’est mieux fait. On verra bien comment les gens réagissent (rires).

Quand j’ai commencé, je n’osais pas forcément tester tout ça. Petit à petit, j’ai expérimenté différents genres, au fur et à mesure que les gens suivaient mes sorties. Le succès qui en a découlé m’a permis de m’affirmer. Ça m’a donné plus de confiance pour oser changer de styles ou d’univers musicaux souvent.

Pour finir, une recommandation musicale qui a attiré ton attention ces derniers temps ?

A.T. Il y a le groupe Loving qui a sorti un album, il n’y a pas très longtemps, If I Am Only My Thoughts. Les chansons ont une vibe des années 70 que j’ai trouvée très inspirante ces derniers temps.

Merci beaucoup pour ce choix, on va aller écouter ça. Merci également pour cette chouette discussion ! On continuera de suivre les aventures musicales d’Alfie Templeman de près. En attendant de le voir en live, on vous invite à écouter et lire notre avis sur son mini-album ici.

Un grand merci à Phunk promotion pour l’organisation de cette interview

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