INTERVIEW – The Wombats : Murph nous parle du processus de création de leur dernier album

A l’occasion de la sortie du nouvel album des Wombats (FiYourself, Not The World) nous avons pu échanger avec le leader du groupe Matthew Murphy dit Murph. De jeunes prometteurs de la scène indie britannique à auteurs d’un son viral de Tiktok, le groupe a connu de nombreuses évolutions et le meilleur reste sans doute à venir pour eux.

Salut Murph, comment vas-tu et où es-tu en ce moment ?

Murph: Je vais bien, je suis chez moi à LA actuellement.

On a eu la chance de pouvoir écouter votre nouvel album et on trouve que les sonorités sont différentes de vos précédents albums. Comment vous l’expliquez ?

Murph : Ça ressemble aux démos qu’on a pu faire… Pour Method to the Madness, on avait cette ambiance lo-fi hip-hop que Todd écoutait et voilà… On a également toujours aimé la musique des années 90, notamment le grunge, on retrouve des éléments dans cette chanson aussi. Et le reste, il n’y avait qu’une seule chanson qui contenait des cuivres et nous nous sommes dit « c’est cool, essayons de voir où nous pouvons mettre des cuivres dans les autres chansons ». Il y avait ce genre de guitares de David Bowie, quelques éléments de David Byrne que nous essayions de faire ressortir et puis il y avait cette chanson comme Flip me Upside Down et This Car Drives All by Itself avec ce genre de début à la LCD Soundsystem. C’était un peu comme si c’était notre travail de les faire ressortir autant que nous le pouvions. Et j’espère que c’est pour ça que ça sonne un peu différent des autres albums que nous avons fait.

Y a t-il d’autres inspirations sur l’album, mises a part celles que vous venez de citer ?

Murph: Sûrement, mais je ne dois pas en être conscient…

De notre côté on trouve que le morceau ressemble à une chanson de Kasabian !

Murph : Oui c’est vrai ! Je ne sais pas si le nom Kasabian a été utilisé mais Ian Brown, Stone Roses et Manchester l’ont été. J’adore vraiment cette chanson (Work is Easy, Life is Hard), je pense que c’est ma préférée ! Ce genre de break dans la chanson m’a vraiment donné envie de continuer. Je suis d’accord avec vous à propos de Kasabian, mais nous pensions à Ian Brown !

Le processus de conception des chansons était-il différent ? Car les chansons sont variées et pourraient faire partie d’une mixtape.

Murph : Oui, c’est un peu éclectique, mais je pense toujours que ça sonne « ensemble » et « cohésif », étrangement encore plus que si nous étions tous dans la même pièce, ce qui n’était pas le cas. Vous savez, Dan et Todd étaient souvent à Londres dans un studio, et moi j’étais ici (Los Angeles). Nous avons enregistré d’une manière différente, entre ces deux pièces et j’ai aimé aller au plus profond de l’album ainsi. Je pense qu’étant donné l’état du monde quand nous enregistrions, ça s’est très bien passé.

La totalité de ce nouvel album a été enregistrée à distance ?

Murph : 40 % de l’album, nous l’avons écrit en 2019. Dan et Todd sont venus à LA trois fois et nous avons écrit un tas de chansons, quatre ou cinq d’entre elles sont d’ailleurs sur le disque. De toute évidence, la vie telle que nous la connaissions vient de changer et j’ai terminé l’enregistrement dans mon studio seul à la maison. J’ai envoyé au gars ainsi qu’a notre équipe un tas de chansons, nous avons sélectionné celles que nous aimions et sommes venus ici pour enregistrer l’album.

Vous devez être excités à l’idée de le jouer en live et ensemble !

Murph : Eh bien, nous avons joué aux festivals de Reading et de Leeds en 2019 et nous avions fait quelques interviews. Je viens juste de rentrer de Londres d’ailleurs, on était à Londres pendant deux semaines pour faire la presse et répéter le nouvel album. J’espère, qu’on pourra partir en tournée en 2022 !

Nous avons vu que votre chanson Greek Tragedy est devenue virale sur Tik Tok. Quelle est votre opinion à ce sujet ? Comment pensez-vous que cela pourrait aider les artistes établis à développer un public plus large ?

Mon opinion sur Tik Tok est à peu près mon opinion sur tous les réseaux sociaux : ça offre de vraies opportunités aux artistes mais aussi à tous le monde. Mais il y a aussi des choses horribles sur les réseaux sociaux, il faut avoir une bonne compréhension de soi-même pour naviguer correctement. Personnellement, je n’utilise pas vraiment les réseaux sociaux en ce moment. Évidemment, nous avons des gens qui gèrent pour nous et parfois je dois faire toutes sortes de choses. Mais je ne sais pas trop ce qui s’est passé avec ce remix sur Tik Tok. Honnêtement j’ai l’impression que c’est arrivé à un groupe différent. Je n’ai aucune idée d’où cet influenceur a obtenu ce remix. Il n’est sorti que dans trois pays européens ; nous ne l’avions jamais entendu auparavant. D’ailleurs je n’ai toujours pas entendu le remix du début à la fin. C’est juste bizarre et ça montre la force des réseaux sociaux : tout peut arriver à tout moment ! C’est une très bonne chose, mais c’est aussi une très mauvaise.

Et maintenant c’est votre chanson la plus écoutée sur Spotify ! 

Murph : Ouais c’est étrange ! Elle n’était même pas en ligne à la base, notre équipe a appelé le label « oui, nous devons l’ajouter ! ». C’était tellement bizarre

C’est aussi une bonne chose, peut-être que certaines personnes vous ont découvert grâce à ce remix et écouteront ce nouvel album !

Murph : Oui exactement, ça a amené beaucoup de monde. Mais avant l’affaire Tik Tok, cela se produisait déjà à une plus petite échelle. J’étais dans des interviews et les gens me demandaient « comment et pourquoi de nouvelles personnes (re)découvrent en permanence vos musiques ? » et je me disais « Je n’en ai aucune idée », je répondais avec des phrases toutes faites pour essayer de donner des explications cohérentes. Mais honnêtement, je ne savais pas de quoi je parlais. (rires) Et puis toute cette histoire avec Tik Tok c’est un peu comme si quelqu’un avait mis une énorme loupe sur ce phénomène. Vous savez, juste de plus en plus gros. Je suis juste vraiment reconnaissant que ce soit arrivé et que les gens découvrent davantage notre musique.

Pour revenir à votre nouvel album, on peut entendre dessus de tres bonnes lignes de basse (Flip me Upside Down ; People don’t Change People ; Ready for the Eye). Pouvez-vous nous dire qui les a écrites et comment ?

Murph : Todd est notre bassiste. Deux de ces chansons nous les avons faites ici avant le confinement. Le truc avec The Wombats, c’est que nous jouons tous de tous les instruments à des degrés différents. Dan est très bon avec une majorité des instruments. Todd est également vraiment bon avec la plupart et moi je suis d’un niveau moyen mais je fais toujours tout ce qui est possible pour sortir une bonne chanson. Vous savez, maintenant, à ce stade, c’est juste « prendre un basse et jouer » ça n’a plus vraiment d’importance pour nous de savoir qui joue. Nous essaierons de sortir une chanson avec n’importe quoi ! Donnez-nous une boîte de conserve et nous essaierons !

Lorsque nous écrivons une chanson, peut-être que quelqu’un jouera une partie et que quelqu’un d’autre en jouera une autre. Je ne cherche pas à vraiment à savoir qui a écrit quelle partie, je ne sais pas… Je veux dire, Todd est le bassiste, peut-être lui, mais nous lui avons tous donné des instructions !

Puisque nous sommes à la fin de l’année (ndlr : interview réalisé juste avant Noël), est ce qu’il y a un album que vous avez vraiment aimé en 2021 ?

Murph : Honnêtement, je suis la pire personne à qui poser cette question maintenant ! J’ai deux enfants et tout ce que j’écoute, c’est Baby Shark. Du coup je dirais Baby Shark (dance remix) je suppose… J’ai eu tellement de mal à me tenir au courant et j’ai l’impression qu’à chaque fois que j’ai du temps libre et que je pourrais écouter de la musique, je préfère me concentrer sur mes compositions. Ou alors j’essaie de sortir une nouvelle chanson. Mais il y a beaucoup de choses que j’apprécie, mais honnêtement, je ne peux pas y penser pour le moment.

Donc Baby Shark, Bowie and LCD Soundsystem ? 

Murph : Yeah, let’s go with that !  

Et est-ce que vous avez-vous redécouvert quelqu’un cette année à part Baby Shark ?

Murph : Non, j’ai juste écouté Kid A (Radiohead) récemment, c’était amusant. Je suppose que j’ai écouté pas mal de Jungle, mais c’est juste parce que ma femme en écoute beaucoup. C’est un bon album je suppose ! (rires)

Vous avez dit avoir commencé le processus de ce nouvel album il y a trois ans, quel a été l’impact de votre projet solo, « Love, Fame & Tragedy » sur The Wombats ?

Murph : Je pense que l’impact a été que je n’ai pas vraiment eu de pause entre Beautiful People Will Ruin Your Life, Love, Fame & Tragedy et cet album. Ça c’est juste passé comme ça. L’écriture c’est un peu comme un muscle qui a besoin d’entrainement, et bien que ça soit un peu épuisant par moment, je ne lui ai pas laissé la chance de s’atrophier ou de rétrécir. C’était vraiment un effort constant. Je pense d’ailleurs que ça a vraiment été bénéfique pour cet album. Habituellement, le rythme c’est d’écrire puis d’enregistrer l’album, ensuite on part en tournée et durant cette période on écrit forcément peu. Une fois la tournée finit il faut tout recommencer. Vous avez besoin de quelques mois pour écrire de mauvaises chansons afin de vous exercer. Cette fois, je me sentais juste prêt à démarrer dès le début du processus. Je venais juste d’écrire et d’enregistrer un album, et j’avait juste fait une petite tournée. Sur cet aspect, c’était vraiment utile !

Avez-vous gardé certaines chansons de votre projet solo pour The Wombats ? 

Murph : Non, pas pour ce cinquième album. Avant l’enregistrement de Love, Fame & Tragedy, j’avais déjà commencé à écrire. C’est un peu flou pour être honnête, mais je n’ai gardé aucune chanson de Love, Fame & Tragedy pour cet album et vice versa. 

Est-ce qu’il y a une question à laquelle vous aimeriez répondre mais qu’on ne vous a jamais posé ?

Murph : Non, je ne pense pas. Mais si vous en avez d’autres pour moi allez-y !

Est ce que vous pouvez-nous chantez Baby Shark ? (rire)

Murph : “Baby shark do do doo doo, baby shark do do doo doo” … Et ça continue a peu près comme ça pendant 25 ans !

Merci pour ce moment, on espère pouvoir vous voir en concert à Paris !

Murph : Oui en avril si tout se passe bien ! Ça serait super !

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