Liam Gallagher – As You Were

Retour sur le premier album de l’ex-chanteur d’Oasis (presque) tout seul.

Deux ans après la séparation de Beady Eye, la voix la plus remarquée de la Britpop nous a tenus en haleine tout l’été. Et pour cause : elle s’apprêtait à sortir un album solo pour la première fois. A grands coups de tweets et de déclarations si caractéristiques, une chose est sûre, Liam Gallagher n’a pas eu de peine à assurer la promotion de As You Were. Mais cet album a-t-il réussi à rassasier nos attentes ?

Avant ce 6 octobre, le plus jeune des frères Gallagher nous avait déjà fait saliver avec trois aperçus très convaincants : le tonitruant Wall Of Glass, l’aérien Chinatown et l’émouvant For What It’s Worth. Si le second n’est pas issu de sa patte, les deux autres nous ont réellement rassurés sur la qualité de songwriting que Liam peut avoir. Bien-sûr, ce n’est pas la première fois qu’il s’essaye à cet exercice. On se souvient par exemple de I’m Outta Time ou de Songbird qui côtoyaient les compositions de Noel dans Dig Out Your Soul et Heathen Chemistry.

Par la suite, dans Beady Eye, il a évidemment pu jouir d’une plus grande liberté, même si Andy Bell et Gem Archer n’étaient jamais très loin… Cette fois-ci, sur le papier, Liam Gallagher est seul. Sur le papier seulement : derrière Chinatown et Paper Crown, on tombe sur la plume de deux grandes pointures du ghostwriting Andrew Wyatt et Michael Tighe. Sur d’autres morceaux, il a fait appel à d’autres compositeurs pour parfaire son écriture. Finalement, seuls six morceaux sur douze ont été composés par Liam et uniquement Liam.

Mais relativisons, avec As You Were, l’ex-chanteur a bel et bien franchi un cap et nous montre qu’il peut, lui aussi, voler de ses propres ailes. Tout d’abord, on ne peut que féliciter l’effort qu’il a fourni par rapport à sa voix. Si dans Beady Eye – surtout sur le deuxième album – on pouvait sentir une régression au niveau vocal, sur ce premier album solo, le frère de Noel a retrouvé de sa superbe. L’introspectif For What It’s Worth, en est un parfait exemple.

Pour ce qui est des morceaux un peu plus punchy, on s’y retrouve également. Sur Wall of Glass, Greedy Soul ou You Better Run, Liam garde l’attitude rock n’ roll qui a fait sa renommée et qui a participé en grande partie au succès d’Oasis. Si Noel avait un talent pour l’écriture, son frère savait parfaitement le sublimer par sa voix. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles on a souvent reproché aux High Flying Birds d’être un peu mou du genou, malgré d’excellents morceaux.

De l’autre côté, on reprochait à Beady Eye d’être un cran en dessous au niveau des compositions. Y a-t-il du progrès sur As You Were ? La réponse est oui ! Outre Wall Of Glass, évoqué plus haut, qui est d’une efficacité remarquable, on retiendra le très inspiré Bold, dans lequel Liam ne rate pas l’occasion d’envoyer une pique à son frère (“There’s no love worth chasing yesterday”, en référence au deuxième album des High Flying Birds). When I’m In Need est un joli cross-over entre les Beatles (période pop) et les Stone Roses. Sur For What It’s Worth, le chanteur nous ramène aux plus belles heures d’Oasis et dévoile une facette touchante de sa personnalité.

Quant aux ballades Universal Gleam et I’ve All I Need, elles concluent cet opus d’une manière exquise. Paper Crown et Chinatown, écrites par Wyatt et Tighe, sont de parfaits supports pour la voix du cadet des Gallagher. Pour ce qui est des titres plus énergiques, seul Wall Of Glass convainc totalement. Certes, sur Greedy Soul et I Get By, Liam se débrouille très bien vocalement, mais on est loin de pouvoir parler de tube. Sur You Better Run, on sent que le chanteur n’a pas tout à fait oublié Different Gear, Still Speeding et a voulu faire un mélange entre Millionaire et Four Letter Word, le tout en balançant des références aux Beatles et aux Stones à tire-larigot. Enfin, si vous aimez Tame Impala, allez faire un tour du côté des bonus tracks avec Doesn’t Have To Be That Way.

Dans l’ensemble, si quelques morceaux sont dispensables, le travail de Liam Gallagher est de très bonne facture. Mais ce que l’on peut reprocher à ce premier exercice solo, c’est son manque de cohérence : on part à droite, on part à gauche, l’ex-chanteur d’Oasis n’a pas vraiment de fil directeur. Ainsi, cet opus pourrait plus s’apparenter à une compilation de compositions de Liam Gallagher qu’à un album. En revanche, on peut le féliciter pour les progrès remarquables qu’il a fait en terme d’écriture. Bien-sûr – par de rares moments – il l’avait déjà montré (on se souvient du délicieux Soldier On en conclusion de Dig Out Your Soul), mais sur As You Were, le doute n’est plus permis : Liam Gallagher est tout à fait capable de s’élever au niveau de son frère.


Tracklist

Wall Of Glass

Bold

Greedy Soul

Paper Crown

For What It’s Worth

When I’m In Need

You Better Run

I Get By

Chinatown

Come Back To Me

Universal Gleam

I’ve All I Need

x

Nos morceaux favoris : Wall Of Glass, Bold, I’ve All I Need

x

La note : 7,5/10

 

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