Primal Scream – Chaosmosis

3 ans après un More Light d’excellente facture, le monument de l’acid rock des années 90 nous offre un onzième opus de qualité.

Depuis 1991 et la sortie d’un Screamadelica qui tutoie la perfection, on ne les présente plus. Emmenés par le perché Bobby Gillespie, Primal Scream continuent leur exploration musicale entre rock et électro. Même s’ils n’ont jamais retrouvé totalement la magie de leur pièce maîtresse, leur capacité à produire des tubes imparables (de Rocks à It’s Alright It’s Okay en passant par Swastika Eyes) ne semble pas subir les altérations du temps. Il n’y a qu’à voir le Bobby sur scène encore maintenant pour comprendre que le monsieur n’a toujours pas cédé au sirènes du vieillissement. Sa créativité n’air pas non plus l’air de s’essouffler, en témoigne ce très bon retour avec More Light (le dément 2013 figure parmi les meilleurs morceaux de la formation écossaise). Et du coup, Chaosmosis, ça donne quoi ?

Branchez votre casque, attachez bien vos ceintures, ça va démarrer très fort. Pas de round d’observation. D’entrée de jeu Trippin’ On Your Love, fruit d’une collaboration originale avec les trois sœurs Haim, file une bonne dose d’adrénaline et calme par la même occasion tous les sceptiques. On retrouve toujours les bonnes ficelles qui ont fait de Primal Scream une machine de guerre au début des années 90, à savoir le piano Stonien, la basse qui nous explose à la figure et le rythme baggy. La voix de Gillespie fait le reste, même si la patte très appréciable de Haim est reconnaissable. Un morceau, un tube. A l’instar de 2013 sur l’opus précédent, on ne pouvait pas rêver mieux.

Malheureusement, si ce départ canon n’est pas un feu de paille, Trippin’ On Your Love a déjà grillé pas mal de cartouches pour la suite. Il faudra attendre l’arrivée de 100% Or Nothing pour retrouver la folie de la première piste, et c’est une nouvelle fois accompagné de Haim que Primal Scream nous surprendra. Encore plus flagrante que sur Trippin’ On Your Love, la collaboration des trois soeurs est parfaitement exploitée, sans pour autant éclipser le reste du groupe : une basse et une batterie fracassantes rend toute tentative de résistance assez compliquée. C’est aussi avec Sky Ferreira que Gillespie et ses acolytes nous font vibrer sur le très pop Where The Light Gets In. La voix de l’Ecossais répond à celle de l’Américaine sur de délicieuses vagues de synthétiseur. Un éclair de génie qui nous confirme que le groupe n’a pas perdu son sens de la mélodie.

En dehors de ces deux bombes, Chaosmosis cherche l’expérimentation et sonne décidément moins rock and roll que les opus précédents, avec plus ou moins de succès. L’hypnotique (Feeling Like A) Demon Again fait mieux que tenir la route, toujours avec une forte teneur en synthétiseurs. L’étrange Carnival Of Fools, sans pour autant nous scotcher, reste convaincant, sur fond de boîte à rythmes et de refrains aériens. Le tribal Golden Rope alterne le dansant et le planant, et nous fait vibrer sur des “hallelujah” plein de rage. On peut par contre se passer de la ballade I Can Change et de son refrain sans grande saveur. Private Wars, dans le même esprit, s’en sort mieux, sans pour autant être indispensable. Nous retrouvons en revanche l’esprit XTRMNTR avec When The Blackout Meets The Fallout et ses basses saturées, encore l’exemple qu’un mariage entre le punk et l’électro n’est pas forcément impossible. La conclusion, malheureusement, nous laisse sur notre faim : Autumn In Paradise, et ses 5 minutes, est bien trop dilué pour délivrer toute sa saveur et manque par conséquent de profondeur et d’efficacité. Départ canon, finish poussif…

Si avec Chaosmosis, Primal Scream ne signe assurément pas son meilleur disque, on flirte avec le génie sur Trippin’ On Your Love ou Where The Light Gets In. Si on reste dans le très bon avec (Feeling Like A) Demon Again ou Golden Rope, I Can Change et Autumn In Paradise viennent entacher une impression globalement très positive de ce dernier opus.

 

Tracklisting :

Trippin’ On Your Love
(Feeling Like A) Demon Again
I Can Change
100% Or Nothing
Private Wars
Where The Light Gets In
When The Blackout Meets The Fallout
Carnival Of Fools
Golden Rope
Autumn In Paradise

Nos morceaux préférés : Trippin’ On Your Love, 100% Or Nothing, Where The Light Gets In

LA NOTE : 7,5 / 10

Concerts Primal Scream
 
Primal Scream à Paris - 1 novembre 2019
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