the proper ornaments

The Proper Ornaments – Mission Bells

Moins d’un ans après Six Lenins, les Proper Ornaments présentent un cinquième album rêveur, toujours plus près des nuages

“Il s’en est fallu de peu” nous glisse James Hoare, première tête pensante des Proper Ornaments, sensible au lieu où il se trouve. C’est dire, ils ont failli arriver en retard au rendez-vous, dans ce petit café/disquaire près de Charonne, à Paris, là où ils donneront plus tard un set acoustique hyper intimiste. Venus présenter un nouvel album remarquable, Mission Bells, les Proper Ornaments sont dans leurs basquettes. Ces cloches résonnent particulièrement bien à nos oreilles : “Black Tar”, “Downtown”, mais aussi “Purple Heart” – les trois premiers titres de ce nouvel album nous annoncent d’emblée qu’on a affaire à un groupe qui est en phase avec son propre univers. Pas question de changer la recette empruntée depuis Foxhole (2017), et encore moins depuis l’éminent Six Lenins, sorti il y a quelques mois. En cultivant sa nonchalance scénique habituelle, le groupe propose ici son carnet de chansons le plus calme et le plus épuré. Un disque qui fait un bien fou qui n’est pas sans rappeler, évidemment, les productions de légendes (en allant des Beatles à The Jesus and Mary Chain).

Assumer un son

“Il n’y avait pas cette volonté de montrer nos influences”, nous explique pourtant Max Oscarnold. “Dans l’idée, incarner l’histoire avec la musique est quelque chose d’à la fois honorable et épuisant. Et puis, on arrive à un point où produire est devenu une source vitale pour nous, donc autant faire quelque chose qui nous ressemble vraiment.” Et pour le coup, le groupe anglais signe là un ensemble de chansons assez addictives, où l’arrangement est roi : la voix est enfouie, cotonneuse, un peu en mode “lo-fi” sous les instruments qui règnent en maître. Exemple roi : le titre “Broken Insect”, où vogue un étrange synthé et des guitares acérées mais jamais agressives. “Strings Around Your Head” aussi, laisse la musique virer au psyché lors d’un final étourdissant.

Oui, les Proper Ornaments aiment la pop, définitivement. “Il ne reste presque plus rien de la pop d’antan aujourd’hui, continue Oscarnold. Si ce n’est la productivité. Et on est un exemple flagrant. Attendre quelques mois après notre précédent disque pour en sortir un nouveau, il faut un sacré toupet mais d’un côté, je n’ai jamais ressenti cela comme forcé ou superflu. C’était nécessaire.”

Les Proper Ornaments s’en fichent des étiquettes et des règles établies : il n’y a pas de limite infranchissable, pas de contraintes indéfectibles si on veut sortir un album. “Je pense qu’on a vraiment atteint un tournant avec cet opus, déclare à son tour Hoare. C’est aussi pour ça qu’on voulait tout de suite revenir en studio après ‘Six Lenins’, on avait cette envie insatiable d’assumer un son, de le projeter encore plus loin.” C’est désormais chose faite, “The Impeccable Lawns”, “Flophouse Calvary”, la ballade piano-batterie “Cold” (qui n’est pas sans rappeler l’œuvre solo de Lennon), le final so-Velvet “Tin Soldiers”… Ces titres malaxent ce passif rock dans une modernité que permet la pop, en résulte un son unique et évident. Une preuve de plus que les anglais ont et auront toujours, la recette magique (et secrète) de la réussite.

Tracklisting

Purple Heart

Downtown

Black Tar

The Wolves at the Door

Broken Insect

The Impeccable Lawns

Echoes

Flophouse Calvary

Strings Around Your Hair

The Park

Music of the Traffic

Cold

Tin Soldiers

Nos + : “Black Tar”, “Purple Heart”, “Broken Insect”, “Tin Soldiers”, “Cold”

La note : 8/10

Propos recueillis par Samuel Regnard. Merci à Marion Seury et au café Comets.

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